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Fonctions support: "une multitude d'acteurs font de la RSO sans le savoir" (Jean-Noël Niort)

PARIS, 1er octobre 2015 (Direct Hôpital) – La prochaine édition des journées de formation Hopitech, qui se tiendra du mercredi 7 au vendredi 9 octobre à Pau, aura pour thème "les fonctions support hospitalières face à leurs responsabilités sociétales", a expliqué à Direct Hôpital Jean-Noël Niort, président de l'association H360 et ingénieur hospitalier au Centre de santé mentale angevin (Cesame).

Hopitech est organisé chaque année par les associations H360 (Association nationale des cadres et experts techniques hospitaliers), Andehp (Association nationale des dessinateurs des établissements hospitaliers publics), Udihr (Union des ingénieurs hospitaliers en restauration) et Aniorh (Association nationale de l'ingénierie en organisation hospitalière).

L'édition 2015 réunira plus de 400 personnes à Pau, autour de séances plénières et sessions techniques consacrées à la responsabilité sociétale des établissements de soins.

Direct Hôpital : Pourquoi avoir choisi la RSO (responsabilité sociétale des organisations) comme fil rouge de cette édition ?

Jean-Noël Niort : Après avoir travaillé sur le patrimoine l'année dernière et le développement durable l'édition précédente, nous avons réalisé qu'il existe à l'hôpital une transversalité sur toutes les fonctions support par rapport à la responsabilité sociale. Une multitude d'acteurs opérationnels –dans la gestion des déchets, la cuisine, les services techniques– font de la RSO sans le savoir.

L'idée des journées est donc de dire "vous faites de la RSO, voici ce qu'il faut savoir pour en faire un peu plus et mieux intégrer ce thème auquel vous êtes encore peu habitués". Les sessions sont toujours sur la technique, mais nous avons voulu prendre de la hauteur en réfléchissant sur ces nouveaux paramètres qui font partie de nos clefs de management, à nous les cadres techniques, mais dont on n'a pas forcément conscience au quotidien.

L'hôpital a-t-il mis du temps à s'intéresser à ce sujet ?

Oui, nous voyons bien que les entités publiques et nos partenaires industriels sont déjà engagés dans ces démarches. Mais à l'hôpital, le thème n'est pas vu comme une priorité. Il y a Ophélie, le projet Phare, le Copermo [Comité interministériel de performance et de la modernisation de l'offre de soins], la certification des comptes… Ces projets sont vus comme plus prioritaires que le développement durable ou la gestion des risques.

Par ailleurs, les hôpitaux ont encore du mal à raisonner en territoires, ce qui est pourtant un aspect important de la RSO. 

L'arrivée des groupements hospitaliers de territoire va-t-elle obliger les établissements à mieux prendre en compte ces questions ?

Oui, complètement, car nous raisonnerons en termes de territoires et non plus seulement en termes d'approche économique divisée. On pourrait imaginer une mutualisation des compétences entre une communauté de communes ou une mairie et un hôpital, par exemple. Je conçois mal de voir un jour une cantine scolaire sortir de terre sur un budget communal, à côté d'un projet distinct de cuisine centrale pour un établissement de soins.

Au sein de l'hôpital, la RSO est-elle mieux prise en compte dans les services techniques qu'ailleurs ?

D'un point de vue technologique, nous sommes en avance dans certains domaines, grâce à des outils et applications métiers qui nous permettent de faire des choses qui n'existaient pas il y a plusieurs années. Mais il a tout de même un problème de compétence, un manque de formation. Le cadre technique a vu ses missions fortement évoluer et doit réaliser une veille technique et réglementaire s'il ne veut pas se retrouver avec des outils obsolètes.

Nous sommes tous pleinement acteurs de la RSO. Par exemple, nous [le Centre de santé mentale angevin] avons mené plusieurs tests pour passer des lampes fluorescentes à de l'éclairage en LED. Nous avons réalisé des gains d'exploitation bien plus importants qu'escompté et avons aussi gagné sur la maintenance: pendant cinq ans, aucun technicien n'aura à toucher aux LED. Ils seront donc moins exposés à des accidents du travail (chutes, etc.). La RSO s'inscrit dans une chaîne globale.

Au-delà de cet exemple, comment la RSO peut-elle faire progresser la gestion de l'hôpital ?

Le facteur humain est très important. Les techniciens ont aujourd'hui un niveau de compétence tel qu'ils peuvent apporter quelque chose à l'hôpital et ne plus être des exécutants. Les personnes qui réalisent tous les jours la même tâche sans savoir pourquoi ne deviendront pas acteurs de la RSO. Mais si on leur dit qu'ils peuvent devenir acteurs et responsables pleinement de leurs actions, ils gagneront en efficience.

Les patients peuvent-ils être impliqués dans cette réflexion ?

Dans les fonctions support, nous avons plutôt tendance à travailler en sourdine, à anticiper les besoins des patients. L'idée est qu'ils n'aient pas besoin d'émettre un besoin.

Par exemple, nous avons réfléchi sur la chambre avec des partenaires industriels et nous nous sommes rendu compte que beaucoup de patients oublient leur chargeur de téléphone portable lors de leur départ. En remplaçant certaines prises par des prises USB, qui leur permet de brancher directement leur portable, ils n'ont plus à se soucier de leur chargeur.

Le patient, à l'hôpital, n'est pas force de proposition. On se fait donc aider sur ces questions par les partenaires industriels et les associations d'usagers.

mb/ab

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