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Maintenance biomédicale: "Avec les GHT, certains ont peur du risque d'externalisation" (AAMB)

Isabelle Chachignon, présidente de l'assocaition des agents de maintenance biomédicale (AAMB)
Isabelle Chachignon, présidente de l'assocaition des agents de maintenance biomédicale (AAMB)

Isabelle Chachignon, présidente de l'Association des agents de maintenance biomédicale (AAMB) a expliqué à TecHopital les évolutions du métier de technicien biomédical et les attentes et craintes ressenties par la profession avec la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT).

TecHopital: Selon vous quelles sont les principales évolutions marquantes dans la pratique de votre métier ces dernières années ?

Isabelle Chachignon: Je pense que notre pratique au quotidien a évolué avec notre environnement de travail qui est beaucoup plus contraint. Contraint par la réglementation qui ne cesse d'augmenter - avec à chaque incident, une nouvelle réglementation - et qui impose toujours plus de vérifications et de contrôles obligatoires. Contraint par un budget alloué qui diminue, au mieux stagne. En outre, nous devons aussi intégrer les évolutions techniques, principalement celles liées à l'informatique et aux réseaux et à la multiplication des appareils qui sont désormais omniprésents. Tout cela dans un contexte de réduction des effectifs relativement global. Aussi, une part de notre travail d'aujourd'hui consiste à organiser et planifier les opérations de maintenance.

TecHopital: cette planification est aidée par les logiciels de GMAO ?

Isabelle Chachignon: Oui, la gestion de maintenance assistée par ordinateur (GMAO) est incontournable aujourd'hui. Elle permet non seulement de gérer les alertes et les opérations de maintenance programmées, mais elle permet aussi de suivre le coût de la maintenance, les amortissements et donc de planifier à la fois le travail au quotidien mais aussi d'émettre des préconisations sur les investissements. Après bien sûr, la décision reviendra aux services achats et à la direction générale ! Les finances ont un poids très important dans la planification de la maintenance biomédicale aujourd'hui. Car comme le budget est restreint, nous devons prioriser nos actions de maintenance en déterminant quelles sont les opérations critiques à effectuer en premier. La criticité s'évaluant en fonction de la réglementation et de la disponibilité du matériel sur le territoire ou l'établissement, ce travail de gestion est beaucoup plus lourd qu'il y a encore 10 ans.

TecHopital: Comment appréhendez-vous l'avènement des GHT et la mutualisation des moyens ?

Isabelle Chachignon: La mutualisation des équipements devrait être relativement simple à gérer et apporter des solutions et des économies. C'est une opération d'organisation du matériel et de gestion technique qui se fait déjà au niveau d'un établissement; en élargir le périmètre ne semble pas insurmontable. Par contre, pour les ressources humaines, cela paraît compliqué et il y a beaucoup d'inquiétudes. Cela va-t-il être l'occasion d'une réduction d'effectif ? A l'hôpital Saint-Antoine [AP-HP], à Paris, où je travaille, nous avons été regroupés en 2011-2012 avec Trousseau/La Roche Guyon, Rothschild, et Tenon. Au final, nous sommes passés de sept techniciens biomédicaux à quatre, de cinq ingénieurs à quatre et nous avons aussi perdu des secrétaires.
En outre, en province notamment, les techniciens s'interrogent sur la mise en concurrence avec des sociétés extérieures. Si une personne affectée à un hôpital d'un GHT doit aussi intervenir dans un autre établissement, elle ne connaît pas plus qu'une société extérieure le parc et l'établissement, elle a, elle aussi, le handicap du déplacement. Quelle plus-value apporte-t-elle alors face à la concurrence du privé ? Va-t-on externaliser cette fonction ? Certains établissement ont déjà essayé. La plupart en reviennent tout ou partie. Au moins pour la coordination des opérations, mais cela ne présage pas du choix que pourront faire certains GHT.

TecHopital: Dans votre relation avec les soignants, quel est selon vous le point le plus critique ?

Isabelle Chachignon: Outre les aléas dus à toute relation humaine, la principale difficulté est de réussir à leur faire reporter tout événement suspect ou notable concernant un équipement: chute, contact avec de l'eau, dysfonctionnement même ponctuel. Nous sommes tenus de retracer toute la vie d'un équipement, mais le plus souvent ce qui nous manque c'est l'information sur sa vie justement ! En outre, 80% de la maintenance est encore due à des mésusages ou de la casse. En remontant les informations, ils nous permettent de pouvoir mettre en place des correctifs ou de s'apercevoir que tel ou tel personnel n'est pas assez formé sur certains usages. Même si aujourd'hui, les équipements possèdent des traceurs qui nous apprennent énormément de choses (quand l'appareil a-t-il été ou non manipulé, a-t-il émis une alerte, etc.) qui nous éclairent sur certains problèmes.

TecHopital: vous organisez vos journées techniques le 22 novembre prochain à Rodez, quel en est le programme?

Isabelle Chachignon: Nos journées techniques sont l'occasion pour nous d'aborder des questions techniques sous un autre point de vue. Ainsi nous envisageons les équipements techniques dans leur utilité pour le soin, dans la perspective des évolutions médicales. Un aspect généralement peu développé par les fabricants quand ils nous présentent, à nous techniciens, le fonctionnement de leurs machines. Nous réfléchissons aussi à des sujets transversaux qui replacent notre activité dans l'environnement hospitalier et le soin au patient. Cette année par exemple, nous allons revenir sur les questions d'hygiène hospitalière, un secteur où les règles évoluent régulièrement et qu'il peut nous arriver d'oublier dans notre quotidien: doit-on nous-mêmes se protéger ? se laver les mains ? doit-on protéger le patient ? Ces pratiques se construisent de manière tripartite entre le biomédical, l'hygiéniste et les fabricants et c'est un partage très intéressant. Nous aborderons aussi le lien entre architecture et contraintes biomédicales. Encore trop souvent, on oublie lors d'opérations de travaux, la coordination avec les responsables des équipements biomédicaux. Ce ne sont pas seulement des machines qui occupent un espace: elles ont des contraintes environnementales (eau, air, électricité et à présent réseau informatique) qui nécessitent une réflexion préalable aux travaux.

En savoir plus sur l'AAMB et le programme des journées techniques

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