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Physiciens médicaux, enfin reconnus comme professionnels de santé

Une ordonnance intégrant la profession de physicien médical dans le code de la santé publique a été publiée le 20 janvier. Les physiciens médicaux se voient enfin reconnus comme professionnels de santé.

Reconnaître pleinement la profession de radiophysicien comme profession de santé était un des objectifs du Plan cancer 2014-2019. Grâce à l'ordonnance publiée le 20 janvier au Journal officiel, c'est maintenant chose faite.

Dorénavant la profession de physicien médical supplante le terme de "personne spécialisée en radiophysique médicale" et apparaît, dans le code de la santé publique, au côté des professions de la pharmacie.

L'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) soulignait, dès 2012, que la profession devait être pleinement reconnue, "du fait de l'importance de ses missions pour garantir la sécurité des procédures dans les services de radiothérapie et pour contribuer à l'optimisation des doses délivrées aux patients en imagerie médicale".

La publication de cette ordonnance prend appui sur la transposition dans la réglementation française de l'article 79 de la directive 2013/59/Euratom, publiée en décembre 2013. Cet article exigeait en effet la "reconnaissance" des experts en physique médicale par les 28 Etats membres.

Une décision saluée par tous

"La publication au Journal officiel de l'ordonnance créant la profession de physicien médical dans le code de la santé publique constitue la concrétisation des années de travail de la SFPM pour la reconnaissance de notre profession", a déclaré la société française des physiciens médicaux dans un communiqué.

"C'est une grande avancée pour notre profession", assure Vincent Marchesi, président de la SFPM, interrogé par TecHopital. "Pour nous, c'est la concrétisation d'une demande faite il y a longtemps. Le métier existe depuis 50 ans mais jusqu'à présent, le physicien médical ne disposait d'aucune reconnaissance juridique et réglementaire".

Même sentiment de la part de l'ASN qui, dans un communiqué publié le 8 février, a aussi souligné que "cette publication marqu[ait] une étape importante pour la reconnaissance de cette profession."

Quels changements?

"Nous pensons que cela va changer notre lien avec les patients mais surtout les interactions avec les médecins. Jusqu'à présent, nous avons travaillé de manière ambiguë en raison de ce vide juridique", explique Vincent Marchesi.

"Le physicien médical évolue dans une équipe avec des médecins, reconnus comme professionnels de santé et des manipulateurs, reconnus comme paramédicaux. Or le physicien médical ne pouvait être que contractuel", explique Jean-Luc Godet, directeur des rayonnements ionisants et de la santé à l'ASN, interrogé par TecHopital.

"L'absence de reconnaissance de leur profession était source de stress, de tension. Cela nous posait problème car on sait que dans le domaine de la sûreté, de la sécurité des examens, les erreurs dépendent de facteurs humains: erreur de patient examiné, erreur de côté, on se trompe parfois d'organe. Ainsi la plupart des évènements significatifs de radioprotections (ESR) sont liés à des facteurs sociaux, humains et organisationnels", complète Jean-Luc Godet. "Avec cette ordonnance, on les place au même niveau que les médecins. Ils acquièrent ainsi plus de poids au sein de leur équipe", ajoute-t-il. Et leur avis sera mieux pris en considération.

De plus, "avec l'avènement des nouvelles techniques d'imagerie qui délivrent des doses de plus en plus élevées, nous n'avons pas le droit à l'erreur. La précision est très importante. La présence d'un physicien médical pendant toute la durée de délivrance de la dose est normalement obligatoire (arrêté du 19 novembre 2004). Avec les nouvelles techniques, l'application de cet arrêté est d'autant plus nécessaire", complète Jean-Luc Godet.

Des améliorations à apporter

Si cette ordonnance marque une réelle avancée dans la reconnaissance des physiciens médicaux, la question des moyens mis en oeuvre pour garantir la sécurité des procédures en radiothérapie et la maîtrise des doses dans les pratiques interventionnelles et en scanographie demeure un sujet épineux, un sujet considéré par l'ASN comme étant "prioritaire".

Dans le domaine de l'imagerie, Jean-Luc Godet note une implication encore trop limitée des physiciens médicaux dans les procédures interventionnelles et en scanographie. "Le physicien médical est là pour s'assurer que les procédures utilisées sont optimisées, que les doses administrées sont aussi faibles que possibles. Or, nous avons pu constater qu'en l'absence de radiophysicien, les protocoles des machines sont souvent calées au maximum."

Par ailleurs, si l'ASN constate avec satisfaction le doublement depuis 2005 de l'effectif des radiophysiciens, elle rappelle que "cette évolution reste encore insuffisante au regard des besoins, notamment dans les services de radiothérapie".

"Dans les salles dédiés à la radiologie interventionnelle (comme en chirurgie cardio-vasculaire) les gestes sont très longs et très irradiants. Dans les blocs opératoires, les gestes sont beaucoup moins dosants mais les actes se répètent. En inspectant les sites, nous avons pu constater que les progrès restent très faibles", regrette le représentant de l'ASN.

Le contrôle de la maîtrise des doses en imagerie médicale reste toujours une priorité de l'ASN, "notamment lorsqu'elle est associée aux pratiques interventionnelles. Le développement récent de nouvelles techniques d'imagerie et leur mise en oeuvre par des spécialistes trop souvent insuffisamment formés sur les questions de radioprotection, justifient un renforcement des actions menées par l'ASN," précise l'autorité dans son communiqué.

En attente du décret d'application

Après la définition de la profession de physicien médical, un décret viendra compléter l'ordonnance. Il précisera les actes dont le physicien médical a la charge et la responsabilité. "Ce travail d'écriture n'a pas encore commencé", précise le SFPM.

Quant à l'ASN, elle déclare qu'elle "restera attentive au décret d'application qui doit préciser les actes nécessitant leur intervention et les conditions associées". L'autorité devrait participer aux groupes de travail chargés de la rédaction du texte.

Selon la SFPM, la France comptait en 2016:
  • 600 physiciens médicaux en radiothérapie
  • 120 physiciens médicaux en imagerie (médecine nucléaire et radiologie)
  • Le physicien médical, anciennement appelé radiophysicien, intervient principalement dans les domaines de la radiothérapie, médecine nucléaire, radiodiagnostic et radioprotection en milieu hospitalier.
  • Le terme "physicien médical" a été préféré à "radiophysicien" pour être en accord avec la directive Euratom du 5 décembre 2013 fixant les normes de base de la radioprotection.

Ordonnance du 19 janvier

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