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2020, année du Covid, a mis en avant le rôle crucial des fonctions supports dans les hôpitaux

Crédit: Geneviève Gaschard/CHU de Poitiers
Crédit: Geneviève Gaschard/CHU de Poitiers

PARIS, 5 janvier 2021 (TecHopital) - TecHopital a décidé de revenir sur une année 2020 marquée par la crise du Covid, une année exceptionnelle, une année difficile, mais aussi très riche pour les établissements de santé et celles et ceux qui les font fonctionner: techniciens et ingénieurs hospitaliers. Bonne lecture et bonne année 2021 !

Pendant cette crise sanitaire exceptionnelle, l'hôpital a dû s'adapter en urgence à l'afflux de patients Covid. Côté bâtiment, les établissements ont dû gagner en élasticité, mais aussi s'équiper en urgence de nombreux équipements manquants: équipements de protection individuelle (EPI), respirateurs, pousse-seringues, etc. La restauration hospitalière s'est transformée. Si la logistique et les acheteurs se sont retrouvés en première ligne, les ingénieurs biomédicaux ont également joué un rôle majeur dans la gestion des équipements et les transferts de patients.

Immobilier: vers des hôpitaux élastiques

Pour faire face à l'afflux de patients Covid-19, il a fallu augmenter en peu de temps le nombre de lits de réanimation et de soins intensifs. Les ingénieurs hospitaliers ont décidé de lancer en avril un appel à manifestation d’intérêt (AMI) pour la réalisation de structures modulaires mobiles complètement équipées pouvant accueillir des unités de réanimation/soins intensifs, à déployer rapidement en cas d’épidémie.

Au final, trois groupements d'entreprises ont été sélectionnées en septembre dans le cadre de cet AMI lancé par la conférence des directeurs généraux (DG) de CHU en partenariat avec UniHA: Cougnaud construction, IMeBio et Mangini.

Le défi d'une crise sanitaire est de pouvoir adapter l'hôpital de façon rapide dans des coûts acceptables, ont expliqué les participants à une conférence en ligne sur l'adaptation architecturale de l'hôpital face à la pandémie.

La restauration s'est adaptée en urgence mais de façon pérenne

Avec le coronavirus, la restauration hospitalière a transformé ses services de façon pérenne, a constaté Pierre Madiot, responsable de la restauration du CHU d'Angers, puisque la vente à emporter a émergé comme un nouveau mode de consommation pour les hospitaliers.

A l'instar également de la restauration du CHU de Nancy qui a totalement revu son organisation pour ajuster son service aux soignants ou celle des hôpitaux de Strasbourg ou d'Orléans  qui ont totalement revu leur stratégie pendant la crise.

La logistique au cœur de la crise

Que ce soit pour la distribution des masques, des blouses et surblouses, des gants, le transfert des patients, ou l'adaptation des services à l'afflux de patients Covid, la logistique s'est retrouvée depuis février en première ligne.

Elle a ainsi dû s'adapter avec de nombreux nouveaux flux.

Le Groupe hospitalier universitaire (GHU) Paris psychiatrie & neurosciences est par exemple devenu la plateforme d'approvisionnement en équipements de protection individuelle (EPI) des établissements de santé et médico-sociaux de Paris, hors AP-HP, ce qui lui a permis de distribuer 20 millions de masques chirurgicaux depuis mars.

Grâce à un système d'approvisionnement basé sur la solidarité territoriale, l'hôpital Emile-Roux du Puy-en-Velay a fourni, au plus fort de la crise sanitaire, neuf types d'EPI à 250 établissements du département.

Les laboratoires de fabrication (fab lab) au secours des établissements

Les fab lab et autres makers sont venus en aide aux hospitaliers pour la fabrication d'équipements manquants. A l'instar de la plateforme d'impression "3D-Covid" de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) déployant 60 imprimantes industrielles 3D, ce qui a permis de fabriquer tout le matériel essentiel mais manquant aux équipes d'urgences et de réanimation de l'AP-HP pour lutter contre le coronavirus. Il s'agit également du fab lab Héphaïstos du groupe hospitalo-universitaire (GHU) Paris-Saclay de l'AP-HP qui a fabriqué et distribué des milliers d'objets dans les services.

Plusieurs groupes de makers ont travaillé sur des projets de respirateurs à bas coût pendant cette période unique, à l'instar d'un collectif d’universitaires et de médecins nantais porté par des "makers". Ils ont conçu, avec le concours du CEA, le "MakAir", un respirateur low cost et en open source.

Face aux EPI manquants, des acheteurs sur le pied de guerre

Trois quarts des acheteurs de CHU ont déclaré dans une enquête menée par le "Club achat"  de la conférence des directeurs généraux (DG) de CHU, avoir "dû prendre des risques financiers pour assurer des approvisionnements indispensables et 70% des directions des achats et de la logistique ont déclaré s'être affranchies de certaines règles de la commande publique pour répondre à l'urgence et ne pas manquer les rares opportunités identifiées sur le marché." Globalement, ils constatent que les risques liés aux achats ont été insuffisamment ou pas du tout anticipés, à l'instar du service achat du CH de Valenciennes.

Transports: pour la première fois des patients transférés par TGV

Pour la première fois, des patients Covid ont été transférés par TGV, une opération qui a nécessité une organisation quasi militaire.

Blanchisserie hospitalière: la pandémie a accéléré la fin de l'usage unique

Pour faire face à l'augmentation de consommation de vêtements professionnels pendant l'épidémie de Covid-19, les blanchisseries hospitalières ont été amenées à acheter de grosses quantités de blouses en tissu, passant ainsi de l'usage unique à une solution plus écologique et surtout moins dépendante des approvisionnements.

Aussi les centrales d'achats Resah et UniHA se sont associées pour fournir un million de surblouses en tissu aux établissements de santé et médico-sociaux. Elles ont d'ailleurs créé un consortium pour l'approvisionnement en EPI dont l'existence devrait être prolongée jusqu'au printemps 2021.

Les eaux usées, traceur de l'épidémie

Enfin, le projet Obépine pour "Observatoire épidémiologique dans les eaux usées" mis en place au printemps a pour objectif de surveiller les eaux usées pour suivre l'épidémie de coronavirus. Le Sars-CoV2 excrété dans les selles des malades se retrouve en effet dans les égouts, entre quelques heures et 3 jours après.

Le dispositif novateur qui a reçu un financement de 3 millions d'euros de la part du ministère de la recherche a ainsi pu montrer une baisse de la charge virale  dans les eaux usées après le début du 2nd confinement.

gdl/ab

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