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Radiologie interventionnelle: le trop faible recours aux physiciens persiste (ASN)

Le trop faible recours aux physiciens médicaux dans le domaine des techniques interventionnelles radioguidées persiste et cela favorise le risque de surexposition des patients, déplore l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) dans son rapport sur l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2016 rendu public le 12 juillet

"Depuis plusieurs années, des événements significatifs de radioprotection sont régulièrement déclarés à l'ASN dans le domaine des pratiques interventionnelles radioguidées". Bien que peu nombreux, ces événements ont souvent des conséquences importantes pour les patients, avec des radiodermites, des nécroses.

De plus, l'ASN pointe aussi un problème de radioprotection pour les professionnels, "dont l'exposition conduit parfois à des dépassements des limites réglementaires, en particulier au niveau des extrémités (doigts)".

Or, "comme en 2015, l'ASN estime que les mesures urgentes qu'elle préconise depuis plusieurs années ne sont toujours pas prises pour améliorer la radioprotection des patients et des professionnels".

Il y a des efforts à faire en termes de formation des professionnels à la radioprotection, d'assurance qualité, et de moyens en termes de prestation de physique médicale.

"L'effort consenti depuis 2007 pour renforcer les effectifs de physiciens médicaux [qui a concerné en priorité les besoins de physiciens pour la radiothérapie, après l'affaire d'Epinal, ndlr] doit être poursuivi pour couvrir les besoins en imagerie médicale", estime l'ASN.

Les physiciens médicaux auraient notamment un rôle à jouer dans l'optimisation des doses délivrées aux patients lors des pratiques interventionnelles. L'ASN estime que "des gains de doses considérables, de 40 à 70%", peuvent être obtenus quand les physiciens optimisent les doses.

Le manque d'optimisation des doses est également lié à l'insuffisance de formation des opérateurs à la radioprotection des patients, particulièrement dans les blocs opératoires, et à "une utilisation non maîtrisée des appareils de radiologie".

Le rapport de l'ASN indique que sur 22 événements significatifs qui lui ont été déclarés en 2016, 15 concernaient les patients mais aussi 7 concernaient les praticiens, avec des dépassements de doses.

Bien que les équipements de protection individuelle soient "portés par tous, à l'exception des lunettes plombées", les personnels médicaux "se soucient peu de leur propre radioprotection et n'ont pas conscience des doses qu'ils sont susceptibles de recevoir et/ou qu'ils reçoivent en raison notamment de l'absence de port des dosimètres adaptés (corps entier, extrémités et cristallins) néanmoins mis à leur disposition".

Il y a une "absence de suivi dosimétrique adapté, notamment au niveau des extrémités pour certains actes radioguidés, ainsi qu'une absence de suivi médical des praticiens". L'ASN note toutefois "des améliorations dans les services ayant été inspectés et une prise de conscience des professionnels liée au retour d'expérience des événements déclarés".

Rapport de l'ASN: l'état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2016

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