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A Grenoble, un consortium du CNRS et du CEA travaille sur le recyclage des masques barrières

Crédit : Shutterstock
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PARIS, 3 avril 2020 (TecHopital) - Un consortium grenoblois de médecins, scientifiques et industriels a décidé de réfléchir sur comment recycler, en toute sécurité, les masques chirurgicaux, FFP2 - qui font tant défaut aux soignants luttant contre l'épidémie de coronavirus, et a rejoint une task force européenne sur le sujet.

Mi-mars lors d'une conférence de presse, le CHU de Grenoble avait évoqué le sujet de chercheurs travaillant sur le recyclage des masques chirurgicaux. Un recyclage possible, "sous réserve de validation du protocole par les autorités compétentes", avait alors indiqué la direction de l'établissement.

Un consortium interdisciplinaire constitué de médecins, scientifiques et d'industriels a été mis en place par le Centre national de recherche scientifique (CNRS) et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), afin d'explorer les solutions pour la réutilisation des masques barrières, les masques chirurgicaux et FFP2, sans risque pour les soignants et les malades.

C'est Caroline Landelle, hygiéniste au CHU de Grenoble-Alpes qui, début mars, a demandé à Philippe Cinquin, enseignant-chercheur au laboratoire des gestes médico-chirurgicaux assistés par ordinateur (GMCAO), s'il existait un moyen de diminuer la charge virale contenue dans un masque.

Différentes solutions de recyclage ont été explorées telles que le lavage avec un détergent à 60 ou 95°C, un passage en autoclave à 121°C pendant 50 minutes, une irradiation par des rayonnements gamma ou bêta, une exposition à l’oxyde d’éthylène et un chauffage à 70°C en chaleur sèche ou dans l’eau.

Dans un premier temps, "j’ai tout de suite pensé à l’irradiation par des rayons gamma", explique Philippe Cinquin qui pilote désormais le consortium, dans un article du journal du CNRS publié le 31 mars.

Le service d’hygiène du CHU de Grenoble a développé un protocole de collecte des masques usagés avant d'être compactés sous vide au sein du laboratoire P3 du service de virologie de l’hôpital.

Le 19 mars, un premier colis était prêt et les essais d’irradiation ont débuté dès le lendemain après vérification de la composition des masques, qui se sont avérés être en polypropylène. Un premier banc de test a été mis en place, très proche des conditions de la norme s’appliquant aux masques chirurgicaux pour tester leur performance après traitement.

Enfin, un protocole de test de l’efficacité des protocoles de désinfection sur les bactéries présentes dans le masque a été mis au point avec le service de bactériologie du CHU.

Les premiers résultats

"Concernant les masques chirurgicaux, nous avons montré qu’ils conservent leurs performances après un lavage jusqu’à 95°C. Nous avons également de très bons résultats avec l’autoclave et les rayons gamma. Nous observons une perte d’efficacité de filtration inférieure à 2%, ce qui conduit les meilleurs masques usagés et traités testés à de meilleures performances que celles de masques neufs de moins bonne qualité", confirme Philippe Cinquin dans le Journal du CNRS.

Sur les masques FFP2, les premiers résultats obtenus par l’Apave de Grenoble montrent que "le traitement à l’oxyde d’éthylène en conserve les performances. En revanche, les rayons gamma ne les conservent pas. De son côté, Olivier Terrier, du centre international de recherche en infectiologie, vient de réussir à démontrer que la chaleur sèche à 70°C détruit très efficacement une charge virale calibrée déposée sur des masques chirurgicaux et FFP2".

La suite de l'expérimentation

Dans les prochains jours, les chercheurs prévoient de tester le lavage, combiné à d'autres méthodes de désinfection. Deux nouveaux bancs d'essai permettront par ailleurs de tester le niveau de performance des masques chirurgicaux.

En parallèle, les chercheurs du CHU de Nancy explorent la possibilité de renforcer les capacités de collecte des masques usagés.

Le consortium tente maintenant de définir pour les deux types de masque la meilleure méthode de traitement, "c'est-à-dire la plus efficace, mais aussi la plus adaptée pour une mise en oeuvre à grande échelle". D’abord pour la population générale, mais aussi pour les professions exposées, voire en cas de pénurie extrême pour les professionnels de santé. "De fait, si on peut imaginer un traitement par autoclave au sein des CHU, une irradiation ou une exposition à l’oxyde d’éthylène nécessitera un processus plus centralisé."

Concrètement, "il s’agit de définir, avec l’aide des spécialistes de l’hygiène et des maladies infectieuses, un circuit complet adapté aux besoins dans des conditions qui garantissent la sécurité de l’ensemble de la chaîne, de la collecte au traitement et à la remise en service des masques. Sur ces problématiques, nous avons rejoint un groupe de travail interministériel tout juste créé et piloté par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses)", a-t-il complété.

Enfin, la vapeur de peroxyde d’hydrogène et le plasma d’oxygène sont d'autres pistes de désinfection qui restent à explorer et devant être testées.

A noter que le consortium vient tout juste de rejoindre la task force internationale "ReUse" qui travaille exactement sur les mêmes sujets et "avec laquelle nous allons partager tous nos résultats", conclut Philippe Cinquin.

gdl/ab

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