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A partir de 2018, "nous avons décidé d'avoir un stock de masques dynamique, un stock tournant, un stock tampon" (Jérôme Salomon)

Crédit : Shutterstock
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PARIS, 18 juin 2020 (TecHopital) - Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a fait valoir le 16 juin lors d'une audition de la commission d'enquête sur la gestion de la crise sanitaire un changement de doctrine dans la gestion des masques à partir de 2018, pour aller vers un stock de masques dynamique, un stock tournant, un stock tampon.

En janvier 2020, le stock stratégique d'Etat s'élevait à 115 millions de masques chirurgicaux détenu par Santé publique France (SPF). "Nous avons réintégré à ce stock 75 millions de masques chirurgicaux périmés car évalués conformes", a indiqué Jérôme Salomon, interrogé mardi par la commission d'enquête parlementaire sur "l'impact, la gestion et les conséquences dans toutes ses dimensions de l'épidémie de Covid-19".

Entre 2003 et 2005, 362 millions de masques chirurgicaux ont été achetés "sans date de péremption visible". "Ces masques ont été contrôlés et classés non sanitaires mais réutilisables, ce qui nous a permis d'en distribuer 141 millions", a-t-il ajouté.

Au total, à partir de janvier, l'Etat a passé commande de "3,7 milliards de masques dont 770 millions ont été distribués aux professionnels de santé entre le 16 mars et le 14 juin, soit 687 millions de masques chirurgicaux, 7,7 millions de masques pédiatriques et plus de 78 millions de masques FFP2".

La première commande de l'Etat remonte au 30 janvier et concerne des masques FFP2 dont les stocks étaient nuls, mais aussi des équipements de protection individuelle (EPI): surblouses, surchaussures, charlottes, gants, lunettes, etc. Jusqu'à présent, "les EPI n'étaient pas dans les stocks stratégiques d'Etat et c'est certainement un point à améliorer", a concédé le directeur de la DGS. "C'est pourquoi, nous avons fait une commande de ces EPI dès le 30 janvier."

Une deuxième commande de 28,5 millions de masques FFP2 a été réalisée le 7 février.

Pour acheminer ces commandes venant de Chine, "un pont aérien massif a été mis en place". Au total, 10 avions gros porteurs acheminent chaque semaine de 10 millions à 15 millions de masques à leur bord. "Ce pont aérien a été renforcé par un pont maritime", a précisé le directeur de la DGS.

"Nous avons décidé de livrer les masques aux groupements hospitaliers de territoire (GHT). Nous avons fait des livraisons extrêmement urgentes, la nuit vers les régions Grand Est et des Hauts-de-France. Une chaîne logistique spécifique de sourcing, de négociation, d'achat, de commande" pour l'acheminement de ces masques a été mise en place.

Un changement de doctrine à partir de 2018

En 2017, les stocks stratégiques d'Etat comptaient 754 millions de masques chirurgicaux. La direction générale de la santé (DGS) a alors demandé une évaluation pour connaître l'état précis des stocks.

L'audit commandé par la DGS a pu démontrer le mauvais état du stock avec "une majorité de lots de très mauvaise qualité". Santé publique France (SPF) a alors "proposé la destruction du stock, du fait d'enjeux de respirabilité, de filtration microbienne, etc. Nous avons eu la très mauvaise surprise de découvrir un stock massivement périmé et de très mauvaise qualité".

Le 30 octobre 2018, l'Etat décide de commander 100 millions de masques. Pourquoi 100 millions de masques ? "Nous avons décidé de nous tourner vers un stock plus dynamique, vers un stock tournant, un stock tampon. Nous avons estimé que laisser un stock dormant n'était pas forcément une bonne solution et avons décidé d'évoluer vers une doctrine de stock tournant", a souligné Jérôme Salomon.

"De quelle manière a été établie cette nouvelle doctrine ?", a interrogé Boris Vallaud (PS, Landes). Ce changement de doctrine a été "basé sur des avis scientifiques multiples, une réflexion, européenne, mondiale, internationale", a répondu Jérôme Salomon. "Notre volonté était partagée par SPF qu'un stock dormant n'était pas une bonne idée".

"Nous avions plutôt intérêt à avoir des stocks rénovés, renforcés. Il existait une volonté d'aller vers des stocks tampons." Il faut dire aussi qu'"à l'époque, nous avions une consommation extrêmement faible de 3 à 5 millions de masques par semaine", a-t-il fait remarquer.

gdl/ab

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