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Achats hospitaliers: la performance économique et les critères sociaux et environnementaux ne sont pas "contradictoires" (DGOS)

(Par Morgan BOURVEN, aux journées Hopitech)

PAU, 15 octobre 2015 (Direct Hôpital) - Les achats "éco-responsables" sont l'un des enjeux de la cinquième vague du projet Armen, qui a été lancée mardi, et ne sont pas "contradictoires" avec la performance économique, a assuré Marc Bouche, adjoint au chef du programme de performance hospitalière pour des achats responsables (Phare) à la direction générale de l'offre de soins (DGOS), le 8 octobre lors des journées Hopitech.

Les journées d'études et de formation des techniques et de l'ingénierie hospitalières (Hopitech), organisées du 7 au 9 octobre à Pau par quatre associations d'ingénieurs hospitaliers, avaient cette année pour thème "Les fonctions supports hospitalières face à leurs responsabilités sociétales", rappelle-t-on.

"Dans un environnement contraint en termes de budget", les enjeux de performance économique et d'éco-responsabilité sont "liés" et "partagent le même objectif", a expliqué Marc Bouche, en admettant que "cela ne paraît pas évident au quotidien".

C'est pourquoi la cinquième vague du projet Armen, qui consiste à identifier des opportunités de gains dans le cadre du programme Phare, intègre un segment "achats éco-responsables", a-t-il annoncé. Les bonnes pratiques identifiées remplissent une double condition: "un impact économique et un impact développement durable".

L'ouverture de ce chantier au sein du programme Phare permettra aux établissements publics de santé de se rapprocher des objectifs "ambitieux" à atteindre d'ici 2020 dans le cadre du second Plan national d'action pour les achats publics durables (PNA ADP) 2015-20. Ce plan prolonge le travail initié par le PNA ADP 2007-10, qui était réservé aux services de l'Etat, et concerne cette fois l'ensemble des acheteurs publics.

Il prévoit qu'à l'horizon 2020, 25% des marchés comprennent au moins une disposition sociale et 30% une mesure environnementale, que 60% des établissements hospitaliers signent la charte pour l'achat public durable et que 100% des produits et services achetés soient des produits à haute performance énergétique.

"La marche semble haute pour les acheteurs hospitaliers", a observé Marc Bouche. Selon une enquête de 2011 de l'Observatoire économique de l'achat public, seuls 6,7% des marchés de plus de 90.000 euros comportaient une clause environnementale et 6,1% une clause sociale.

Alors que parallèlement, "la performance des acheteurs hospitaliers est en progression constante depuis 2012, est-il réaliste de concilier des objectifs élevés en termes de développement durable et de performance économique?", s'est-il interrogé.

Notant que l'"achat durable" se définit par quatre critères (des "économies intelligentes", la prise en compte de l'intérêt des parties prenantes, la protection de l'environnement et l'intégration de toutes les étapes du marché et de la vie du produit), il a assuré qu'il ne s'agissait pas "d'une injonction contradictoire" car "lorsqu'on agit sur un critère, on agit sur l'autre".

Plusieurs exemples "facilement reproductibles"

Les critères "achats durables" sont par ailleurs déjà pris en compte par les établissements de santé, sans qu'ils s'en rendent forcément compte, a poursuivi Marc Bouche.

Une analyse des 450 actions identifiées dans le cadre du projet Armen a montré que "plus d'une centaine peuvent être considérées comme durables et éco-responsables alors qu'elles n'avaient pas été identifiées comme telles au départ". Ce taux important explique que plusieurs établissements ont pu "concilier exigences environnementales et performance économique" ces dernières années.

Marc Bouche a cité plusieurs exemples "facilement reproductibles". L'achat d'éclairage LED pour les consultations a permis un gain de 8.000 euros en investissement et en maintenance au centre hospitalier du Centre Bretagne, à Pontivy (Morbihan), a-t-il dit. A la polyclinique de l'Atlantique, à Saint-Herblain (Loire-Atlantique), la mise en place d'une politique de réduction de la consommation du papier a permis des gains de 15% et le centre hospitalier d'Avignon a économisé plus de 27% sur les coûts de ses copies en limitant les impressions en couleur.

"Souvent, on a tendance à penser qu'un achat durable doit intégrer des critères développement durable dans le marché", a observé Marc Bouche. Mais ces exemples "montrent qu'au-delà de l'achat en lui-même, l'acte 'durable' va jusqu'au suivi des consommations", a-t-il insisté.

mb/gb/ab

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