Une question ? Appelez le 01 48 06 54 92

 

TecHopital.com

 

http://www.canyon.fr/

Architecture: le BIM ne dispense pas de coopérer et d'anticiper (Architecte)

Crédit: Fotolia/Rido
Crédit: Fotolia/Rido

Le recours au BIM (Building Information Modeling) présente de nombreux avantages dans la construction des bâtiments de santé. A condition de s'être préalablement concerté sur ses objectifs et de ne pas complexifier son utilisation plus que de besoin, a mis en garde Claude Brugière. Cet architecte de l'agence In Fine a notamment travaillé sur le projet de modernisation de l'hôpital Edouard Herriot (HCL) à Lyon.

Il s'exprimait mardi 24 mai lors d'un atelier organisé pour la Paris Healthcare Week.

Le projet de modernisation de l'hôpital Edouard Herriot répond à une exigence de réorganisation médicale, a rappelé Alain Benini, du département "architecture et maîtrise d'oeuvre" des Hospices civils de Lyon (HCL).

Actuellement en reconstruction, le pavillon H doit notamment réunir dans un bâtiment unique et central, à l'horizon 2018, les 34 salles d'opération de l'hôpital précédemment réparties sur 20 pavillons différents (blocs opératoires, y compris chirurgie ambulatoire, soins critiques, imagerie d'urgence et interventionnelle).

Le pavillon N est quant à lui en cours de rénovation pour accueillir l'ensemble des urgences médicales et chirurgicales (80.000 passages par an). La difficulté, a souligné Alain Benini, est que l'ensemble du site Edouard Herriot est protégé depuis 2007 au titre des bâtiments historiques.

"Lorsque nous avons abattu le pavillon H pour recréer le plateau technique, nous avons eu la volonté d'expérimenter un processus BIM", a-t-il relaté. "Très malheureux lors d'expériences précédentes où la synthèse [technique] a été très compliquée [...], nous étions assez convaincus qu'il nous fallait un outil pour permette rapidement de nous assurer qu'un certain nombre d'installations seraient maintenables à terme".

La décision a ensuite été prise de transposer le recours au BIM à la réhabilitation du pavillon N. Initialement, huit phases et 28 mois de travaux étaient prévus, a rapporté Claude Brugière. Une fois l'équipe de maîtrise d'oeuvre sélectionnée, s'est posée la question du "bout par lequel prendre" la conception.

Dès cette étape, "on ne peut pas être seul à faire ce travail dans son coin", il y a un réel "besoin de coordination" entre maître d'ouvrage, la maîtrise d'oeuvre et les différents intervenants, a estimé l'architecte. Or "coordonner cinq équipes sur de l'existant" sans outil concret, "c'est compliqué". Surtout lorsque le phasage des travaux est complexifié par l'impératif de maintien de l'activité.

Face à cette problématique, le BIM peut permettre de mieux phaser les travaux et d'avoir une vue "qui soit une vue simple et synthétique". La première chose a été de réaliser une maquette numérique unique "qui soit la base de nos études", a relaté Claude Brugière. "Nous avons pris tous les plans, les façades, les relevés etc." pour "constituer une seule base de données".

"A partir de ça, nous avons pu simuler l'état initial du projet et, derrière, simuler l'état futur. Pour chaque moment nous avons identifié les interventions nécessaires et vérifié qu'elle étaient bien compatibles avec les objectifs", notamment de respect du patrimoine.

Le recours au BIM a permis de "simuler les nombreuses phases" et de trouver les "points de complexité du projet". A chaque étape, la modélisation a permis "d'expérimenter", de "simuler différentes solutions techniques".

Elle a aussi été un "vrai vecteur de communication" et un "support de concertation", puisqu'elle a permis de "montrer le projet" et de s'assurer que "l'entreprise le comprenne au même niveau" que le maître d'oeuvre.

L'implication du maître d'ouvrage a elle aussi été "primordiale". "Le final c'est que toute cette collaboration, cette utilisation maîtrisée du BIM [...] a permis de passer à 12 mois de travaux et deux phases", a rapporté Claude Brugière. Résultat: un "projet bien moins long" et coûteux.

"Revenons au bon sens", a-t-il finalement plaidé, estimant que le BIM était un outil efficace à condition de bien l'utiliser. "Sans travail collaboratif", il est difficile d'aboutir à "une vue synthétique qui soit compréhensible par tous. Le BIM ce n'est pas si compliqué, à condition qu'on le monte pas à un niveau tel qu'il devient incompréhensible", a conclu Claude Brugière.

Partagez cet article

Il n'y a pas encore de commentaire sur cette publication.
Soyez le premier à réagir

Pour commenter cet article identifiez-vous ou enregistrez-vous si vous ne l'avez pas encore fait
Les offres
Agenda