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04/12/2012
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Architecture en milieu psychiatrique extra-hospitalier : un chemin encore peu balisé

PARIS, 4 décembre (Direct Hôpital) - Le Centre hospitalier d’Erstein, situé au sud de Strasbourg, se trouve en pleine refonte architecturale, aussi bien en intra qu’en extra-hospitalier. Le Dr Philippe Meyer, psychiatre et correspondant de la MNASM (Mission Nationale d’Accompagnement en Santé Mentale), a été étroitement associé au projet architectural du Centre médico-psychologique (CMP) du CH. Il a apporté son témoignage lors de la récente Journée de l’ADESM, mi-novembre à Paris, en expliquant les spécificités de l’architecture liées au secteur psychiatrique extra-hospitalier.

La démarche d’un projet architectural en extra-hospitalier dans le secteur de la psychiatrie, comme les centres médico-psychologiques, doit répondre à 4 objectifs à cerner préalablement, affirme le Dr Meyer: la destination fonctionnelle du projet, le public accueilli et ses besoins, les spécificités de ce secteur et les enjeux liés à l’évolution de la politique de santé mentale.

De tels enjeux impliquent de définir d’une part, la structure, son appellation et ses contenus soignants, d’autre part, le périmètre de recrutement des patients, les besoins spécifiques de ces derniers (selon qu’ils sont autonomes dans un système d’interactions complexes d’entrées et de sorties, qu’il s’agisse d’enfants, d’ados ou d’adultes, voire de personnes âgées), ainsi que la typologie par pathologies, avec également une gradation de l’offre et des niveaux de recours, en fonction de la demande du SROS.

A l’heure actuelle, pour "un projet hospitalier sans lits, il n’existe pas de références partagées dans le domaine de l’architecture appliquée à la psychiatrie, ni d’orientations architecturales dominantes. Nombreuses ont été les réalisations locales mais qui n’ont pas ou très peu communiqué autour d’un projet. De même, il existe peu de documentations faisant le lien entre l’architecture et la psychiatrie dans le secteur extra-hospitalier", regrette le psychiatre.

Seules quatre réalisations de ce type sont recensées à ce jour: l’hôpital de jour de la MGEN à Grenoble, le Centre de jour de Bressuire dans les Deux-Sèvres, le CMP de Meaux et le CMP Costanzo à Nice.

Dans un second temps, poursuit le praticien hospitalier, la réflexion doit porter sur l’adaptation du projet architectural au projet de soins: en effet, il faut se poser la question du moment où celui-ci doit être intégré dans la démarche, en gardant à l’esprit "qu’un idéal préalable risque d’être déçu", prévient-il. A défaut de projet de soins préalable, "le risque d’un contenant sans contenu" existe, même si, de l’avis du Dr Meyer, une adaptation secondaire de ce projet aux contraintes architecturales est toujours possible.

Enfin, estime-t-il, le projet architectural pour un CMP est très différent de celui pour une hospitalisation à temps plein: "il doit être ouvert sur la cité, visible et accessible, proche des transports en commun, mais enveloppant pour le patient. Il doit également tenir compte des circulations et des échanges, en différenciant bien les espaces".

De fait, le CMP d’Erstein, conçu par le cabinet d’architectes strasbourgeois Fernsner, est un grand bâtiment de 4 étages avec 4 plateaux de 120 m² chacun, ayant pignon sur rue et attenant à une maison de santé, dans un quartier sensible du sud de Strasbourg. Sur cette imposante construction, est inscrit en grosses lettres bien visibles, "Centre de jour en santé mentale". Il n’a pas été facile de désigner le lieu, reconnaît le Dr Meyer, tout en soulignant que dans un tel projet, il est primordial d’impliquer les élus partenaires, voire de créer un conseil en santé mentale de quartier.

Le rez-de-chaussée du CMP a été conçu pour l’accueil du tout-venant, le premier étage est dédié aux consultations et les deuxième et troisième étages, reliés par des coursives, sont réservés à l’espace de jour, qui accueille quotidiennement environ 30 patients, le 4ème étage étant réservé à la direction et au personnel./ar

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Rédigé par: rene.plard  le 11/12/2012 à 15:02
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Cet article a le mérite d'exister mais survole le sujet. Disons qu'il donne une information succincte et c'est à la fois son intérêt et ses limites. Il contient des idées intéressantes basiques. Il faut effectivement définir des objectifs précis pour créer un CMP. Cependant "les enjeux liés à l’évolution de la politique de santé mentale" ne me semblent pas faire partie de ces objectifs mais être plutôt des critères à prendre en compte dans l'élaboration d'un outil adapté aux besoins.
Ici il ne s'agit pas que d'un CMP mais d'un centre qui regroupe un CMP et, semble-t-il, un lieu d'accueil style "hôpital de jour" et "CATTP", non ?
Il serait intéressant aussi de réfléchir au fait que ce lieu est dénommé "Centre de jour en santé mentale" et que le mot "psychiatrie" n'est pas prononcé. Et pourquoi avoir choisi d'écrire ce nom en aussi gros sur la façade ? Se cacher n'est pas souhaitable mais s'exposer ainsi paraît excessif.
Enfin un élément essentiel est passé sous silence: ce sont les contraintes budgétaires.
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