Une question ? Appelez le 01 48 06 54 92

 

TecHopital.com

 

http://www.canyon.fr/

Architecture et psychiatrie: les choix du CHS de la Sarthe pour concilier ouverture et sécurité

PARIS, 27 novembre (Direct Hôpital) – Après avoir construit deux nouveaux bâtiments, le CHS (Centre hospitalier spécialisé) de la Sarthe en finalise un troisième, avec pour tous des patios de verdure offrant aux patients la possibilité d’un accès plus humanisé vers l’extérieur, sans renoncer à des contraintes sécuritaires drastiques. Samuel Virfolet, ingénieur hospitalier et directeur du patrimoine et des travaux, a retracé l’historique du projet et décrit les choix architecturaux de l’établissement, lors d’une journée de l’Association Des Etablissements participant au service public de Santé Mentale (ADESM), mi-novembre à Paris.

Le CHS de la Sarthe, d’une surface de 83.500 m² sur le site d’Allonnes (près du Mans), comporte trois pôles de psychiatrie adulte répartis en 6 secteurs et un pôle de psychiatrie enfant avec 3 secteurs. La majorité des chambres sont individuelles pour offrir plus d’espace et d’intimité aux patients, avec un total de 508 lits. Le centre accueille une moyenne annuelle de 16.000 patients.

Un programme architectural technique détaillé a été élaboré en 2007, en recueillant l’avis des utilisateurs, puis un concours d’architectes -avec études à l’appui- a été lancé en 2008. C’est au final le cabinet Pargade (Paris 12ème) qui a été sélectionné. Les travaux ont démarré en 2009 aboutissant à l’ouverture de deux bâtiments en septembre 2011 (fonctionnant en unités de 18 à 19 lits chacune) et celle d’un troisième, prévue en juin 2013, relate Samuel Virfolet.

Pour le choix architectural, 5 items importants ont été définis, développe-t-il: "insertion dans le site et impact environnemental (norme HQE); qualité fonctionnelle architecturale d’ensemble; organisation des espaces intérieurs et extérieurs; élimination des recoins, angles aigus et zones inaccessibles; prise en compte des caractéristiques des patients".

Chaque unité comprend en rez-de-chaussée une à deux chambres d’isolement en face desquelles se situe le bureau d’infirmier, ainsi que toutes les chambres disposées autour d’un patio central dont la surface est importante, pour offrir aux patients davantage d'intimité et une large ouverture vers l’extérieur, explique l’ingénieur. Une zone commune constituée d’un office et d’un local de ménage et de rangement a été créée pour deux unités.

Par ailleurs, la présence d’un premier étage autorise, là encore, "un accès vers l’extérieur grâce à des passerelles sécurisées, dotées de hauts espaces vitrés, de bancs et de cendriers fixés au sol", signale-t-il.

Selon lui, si aucune contrainte technique lourde n’a grevé la construction des trois bâtiments, il n’en a pas été de même pour le système de sécurité mis en place, afin de protéger à la fois les patients et le personnel soignant: "colonne de douche avec flexible débrochable pour les soignants dans chaque salle de bain, sécurité incendie fiabilisée, système anti-pendaison et recours à des matériaux spécifiques, tels que des cloisons BA25 munies de montants tous les 45 centimètres (au lieu des 90 cm réglementaires), exigés à la fois à l’architecte et à l’entreprise, pour prévenir les actes de violence", liste Samuel Virfolet.

Dans la mesure où il n’existe pas de réglementation architecturale pour les chambres d’isolement, le CHS de la Sarthe a donc effectué avec les professionnels du bâtiment une série de choix sécuritaires.

Il a ainsi opté pour l’existence de "deux accès aux chambres d’isolement. Celle-ci sont en outre dotées de fenêtres possédant une partie fixe et une partie coulissante avec deux limiteurs d’ouverture", également de "miroirs d’angle" permettant d’obtenir une large vue intérieure, d’un "revêtement au sol en caoutchouc résistant à l’urine et aux coups", d’une "inter-phonie anti-vandale fixée à la tête de chaque lit", d’une "sonorisation contrôlée au niveau du bureau infirmier permettant de diffuser de la musique", d’un "repère temporel" et d’une "climatisation réversible", rapporte l’ingénieur.

Les fenêtres ont par ailleurs été renforcées extérieurement avec une grille latérale multi-perforée, pour laisser la possibilité au patient d’une vue extérieure, tout en évitant le risque d’une transmission d’objets contendants par une tierce personne venant de l’extérieur, ajoute-t-il.

Samuel Virfolet souligne que cette conception mûrement réfléchie de l’hôpital psychiatrique émane de l’expérience des professionnels et des modèles calqués sur d’autres établissements spécialisés en santé mentale.

Au CHS de la Sarthe, quelques points restent cependant à améliorer, admet-il, comme le remplacement du revêtement au sol par une résine, encore plus résistante que le caoutchouc, qui s’avère un matériau insuffisant, ou encore la mise en place d’une commande de chasse d’eau pour chaque WC, afin d’éviter les obstructions intempestives, trop fréquemment observées, ainsi que l’accès à un extérieur davantage sécurisé./ar

Partagez cet article

Il n'y a pas encore de commentaire sur cette publication.
Soyez le premier à réagir

Pour commenter cet article identifiez-vous ou enregistrez-vous si vous ne l'avez pas encore fait
Les offres
Agenda