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Au CH de Roubaix, les projets immobiliers n'échappent pas aux impacts de la crise sanitaire

Maxime Morin
Maxime Morin

(Par Bruno DECOTTIGNIES)

ROUBAIX (Nord), 4 février 2021 (TecHopital) - Le centre hospitalier (CH) de Roubaix a dû adapter son programme immobilier pour tirer les conséquences de la crise sanitaire provoquée par le Covid-19, explique son directeur, Maxime Morin, à APMnews/TecHopital.

C'est notamment le cas de la restructuration de ses urgences, qui a dû être profondément revue au regard des enseignements de la crise sanitaire, afin de permettre un double flux d'entrée en cas de crise similaire.

Depuis 2020, l'unité d'hospitalisation de courte durée (UHCD) a été scindée en deux pour qu'une partie accueille les cas suspects de Covid-19 arrivant aux urgences, le temps de les orienter, a rapporté Maxime Morin.

Dans la même logique, le CH a ouvert entre les deux vagues épidémiques une unité de médecine polyvalente post-urgences, pour augmenter la zone de circuit long, et être capable de la scinder si nécessaire.

Mais cette solution n'est pas tenable à long terme et le projet de rénovation des urgences, qui visait initialement essentiellement à tenir compte d'un afflux croissant de patients, doit désormais prendre en compte cette problématique de double flux.

Le projet, qui ne concernait pas le plateau d'imagerie, l'intègre désormais pour tenir compte du niveau d'activité en imagerie. Le CH compte ainsi installer un scanner d'urgence dont il a déjà l'autorisation.

"Tout cela conduit à toucher plus de surface que dans le projet de départ, et donc à sortir des choses actuellement dans les urgences et qu'on peut éloigner." Contraintes par les installations voisines (parking, autres services, installation électrique, plateau technique…), les urgences ne sont pas extensibles.

Le projet, passé à 2.500 m² dont 300 m² pour l'imagerie, voit son budget doubler de 2,5 millions d'euros (M€) à 5 M€ environ. Certaines options supplémentaires sont encore en cours d'arbitrage.

La révision de ce chantier entraîne un retard. Dans l'intervalle, le CH va mener en 2021 la rénovation de deux ailes d'hospitalisation de son bâtiment principal, au lieu d'une.

Alors qu'il devait céder son ancienne maternité pour 1 M€ à un promoteur immobilier, celui-ci a fait part de son incapacité de régler cette somme dans le contexte économique actuel, entraînant un rabais de 350.000 € de la part du CH (correspondant au coût de désamiantage) pour éviter de laisser le bâtiment se dégrader.

Le projet de réhabilitation de l'institut de formation en soins infirmiers (Ifsi) prend également du retard, et ne verra pas le jour avant 3 ou 4 ans.

L'année 2021 doit par ailleurs marquer le début des travaux de l'extension Sud, qui concernent le rez-de-chaussée et le sous-sol, et doivent s'étaler sur 18 à 24 mois, pour un coût de 35 M€. Y seront installées la dialyse et la pharmacie. L'objectif est notamment de moderniser cette dernière.

Cette extension doit permettre de dégager des surfaces au rez-de-chaussée du bâtiment principal, afin de regrouper les activités externes (actuellement dans les étages, qui eux seront consacrés aux hospitalisations). Une fois la pharmacie installée, l'objectif est de "revoir les abords du bloc pour y installer plus d'ambulatoire et notamment le plateau d'endoscopie digestive".

Incertitude financière

Comme la plupart des établissements de santé, le CH de Roubaix est dans l'incertitude quant à sa situation financière, alors qu'il avait procédé en 2019 à des recrutements médicaux dans l'optique de doper son activité en 2020.

Alors que janvier et février 2020 se sont avérés "très satisfaisants par rapport à l'objectif de 3,5% de croissance d'activité", le reste de l'année a vu les recettes disparaître, mais les dépenses en personnel se maintenir.

Pour Maxime Morin, la garantie de recettes 2020 basées sur 2019 n'est qu'une garantie de trésorerie, mais elle ne répond pas aux projets de développement d'activité. Il estime que cela ne suffira pas à éviter des déficits importants, notamment pour son établissement.

"Dans le cadre EPRD [état prévisionnel des dépenses et des recettes] T2A [tarification à l'activité], normalement un déficit important entraîne des corrections l'année suivante, sauf que l'année suivante est encore une année Covid-19. On imagine mal expliquer qu'il faut réduire les effectifs, limiter les dépenses, donc la question sera à nouveau reportée", commente-t-il.

Par ailleurs membre du bureau de la Conférence nationale des directeurs de centres hospitaliers (CNDCH), Maxime Morin plaide pour effacer les déficits en 2020, "quels qu'ils soient", afin d'éviter une dégradation qui s'inscrirait dans le temps et serait incohérente avec l'objectif de réduction de la dette hospitalière.

"Le Covid-19 a perturbé les modèles financiers, notamment en termes de recettes, qui sont peut-être ponctuellement ou définitivement à terre", estime-t-il, évoquant notamment les recettes annexes: la généralisation des chambres individuelles induit l'arrêt de leur facturation depuis mai 2020, et donc une disparition de recettes.

Les prestataires (boutique, télévision) subissant une forte perte de clientèles, ils ne peuvent plus verser leurs redevances, entraînant là encore une perte de recettes pour les établissements.

Maxime Morin déplore une "incertitude financière" renforcée par le financement à long terme des revalorisations issues du Ségur de la santé.

En revanche, la crise sanitaire n'a pas empêché, voire a favorisé, l'écrémage des heures supplémentaires en stock (65.000 début 2020, 50.000 après la première vague).

Approfondissement des coopérations

Le CH a signé fin 2020 plusieurs conventions, au sein du groupement hospitalier de territoire (GHT) Lille métropole Flandre intérieure (LMFI), dont le CHU de Lille est établissement support, ou avec des partenaires extérieurs, tels le centre de lutte contre le cancer (CLCC) Oscar Lambret (partage des ressources médicales), la médecine de ville (médecine nucléaire) ou le CH de Mouscron (Belgique), en anatomie pathologique.

Le CH est associé, dans le cadre d'un groupement d'intérêt économique (GIE) avec le TEP de l'Union, acteur privé de médecine nucléaire, pour l'utilisation d'un Tepscan.

La nouvelle autorisation accordée fin 2019 au TEP de l'Union pour l'exploitation d'un Tepscan va permettre de libérer des plages d'utilisation du premier TEP scan pour le CH, qui va les partager avec le CHU.

Les deux établissements publics visent par ailleurs une nouvelle autorisation pour installer un 3e TEP scan à Roubaix, 100% public cette fois-ci, dans le cadre d'une révision du schéma régional de santé, afin d'avoir une équipe médicale commune entre les deux établissements.

Maxime Morin évoque aussi les progrès "tous azimuts" du GHT en informatisation (anesthésie-réanimation, néonatalogie) ou encore en coopération médicale: convention d'entraide et de solidarité étendue au-delà des urgences, accueil des équipes du groupe hospitalier de Seclin-Carvin autour du robot chirurgical roubaisien, urologues et légistes du CHU exerçant à Roubaix, déploiement d'un "télé-AVC" commun avec le CH de Tourcoing.

bd/gdl/nc

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