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Bilan carbone : le cabinet doit phosphorer

PARIS, 17 juillet (Direct Hôpital) – La loi Grenelle 2 a rendu obligatoire pour un grand nombre d'établissements de santé la réalisation d'un Bilan des gaz à effet de serre (BEGES) ou d'un Bilan carbone. Marc Wasilewski, secrétaire général du Comité développement durable en santé (C2DS)souligne l'importance de chosir un cabinet conseil ayant une bonne connaissance des établissements de santé.

Direct Hôpital : Pourquoi est-il important pour les établissements de santé de réaliser leur bilan carbone ?

 
Marc Wasilewski (C2DS) : La loi a rendu obligatoire le Bilan carbone ou le d'un Bilan des gaz à effet de serre (BEGES) pour les établissements publics de plus de 250 salariés et les établissements privés de plus de 500 salariés, ce qui regroupe à peu près tous les hôpitaux. 
 
C'était obligatoire au 31 décembre 2012, mais aujourd'hui très peu d'établissements l'ont fait, car il n'y a pas de sanction. Or, les établissements ont pour obligation d'être certifiés par la HAS, et l'un de ses premiers principes, c'est le respect par l'établissement de ses obligations légales. Si le bilan carbone n'est pas fait, il y aura à un moment ou un autre une réserve émise par la HAS.
 

Quelle est la différence entre un Bilan carbone et un BEGES ?

 
Le BEGES est une version a minima du Bilan carbone, qui ne prend en compte que 25 à 30% des émissions de gaz à effet de serre. Il intègre seulement les émissions directes des activités et les émissions indirectes liées à l’énergie de réseau, alors que 75 % des émissions sont indirectes (les émissions de vos prestataires et fournisseurs, par exemple).
 
Il est donc dommage de ne faire qu'un BEGES, car il ne permet pas de modifier les commandes, les cadences de livraison, et d'aller vers des achats durables, qui sont importants dans une démarche de développement durable.
 

Vous recommandez donc aux établissements d'effectuer un Bilan carbone plutôt qu'un BEGES ?

 
Oui, car le BEGES n'est pas suffisant, d'autant que la taxe carbone arrivera inéluctablement. Nous recommandons de faire un bilan carbone et de tracer systématiquement les actions menées, qui peuvent avoir un impact sur les émissions. 
 
Cela nécessite de choisir un cabinet qui connaisse bien le monde de la santé. La difficulté, c'est que beaucoup d'établissements font un Bilan carbone simplement parce qu'il est obligatoire et choisissent donc le moins cher. Ils se retrouvent à la fin avec un document qui correspond à l'obligation légale, mais qui servira à caler le pied d'une armoire ou sera rangé au fond d'un tiroir. 
 
Il faut insister, lors du marché public, sur la qualité des conseils et des recommandations. Elles sont logiquement obligatoires dans les bilans, mais il ne faut pas qu'il s'agisse de copier/coller identiques à celles des autres bilans, car elles ne seront pas forcément adaptées à l'établissement ni même au secteur de la santé.
 

Comment donc bien choisir son cabinet ?

 
Les recommandations ne peuvent pas être celles des autres bilans. On sait par exemple que la santé génère beaucoup de déchets, avec une réglementation extrêmement complexe : avec un cabinet non-spécialisé, les recommandations risquent d'être inadaptées. La légionnelle est une autre spécificité du secteur… La gestion de l'eau, également : il est plus facile pour une entreprise que pour un hôpital de récupérer l'eau de pluie pour alimenter ses chasses d'eau.
 
Il faut donc que le cabinet ait une vraie connaissance de la santé. L'établissement peut ainsi regarder ses références, le nombre de bilans réalisés dans d'autres établissements. Il faut aussi demander le parcours des gens qui viendront faire le bilan : il est préférable d'avoir des gens qui viennent du milieu hospitalier que des techniciens qui font deux bilans par jour grâce au copier/coller.
 

Certains cabinets assurent-ils un suivi dans la mise en place des recommandations ?

 
Certains se contentent de faire des bilans pour tout le monde : l'hôpital a son document, qui satisfait à la réglementation, puis il est oublié face aux nombreuses problématiques du quotidien. 
 
Beaucoup d'établissements nous ont demandé des noms d'établissements qui suivent la mise en œuvre des recommandations, mais nous n'en avons pas trouvé. Nous avons donc mis en place notre propre système, et avons déjà suivi plus de 70 établissements.
 
Nous avons aussi mis à disposition des établissements un outil gratuit : l'Indicateur de développement durable (IDD). Plus de 1200 établissements l'ont déjà rempli. Il s'agit d'un outil d'autoévaluation qui permet de faire un premier diagnostic : c'est un bon outil de démarrage d'une démarche de développement durable.
 

Le Bilan carbone représente-t-il un coût important pour les établissements de santé ?

 
Il permet surtout de prendre conscience des économies à réaliser. L'objectif est de réduire de 20% les émissions de gaz à effet de serre des hôpitaux d'ici 2020. Cela ne représente que 2% par an pendant dix ans, c'est tout à fait réalisable. Former, communiquer et sensibiliser l’ensemble de personnel est la première clé du succès. La direction doit également faire preuve d’engagement pour la mise en place d’actions et de moyens parfois coûteux mais durables.
 
Propos recueillis par Morgan Bourven

Pour aller plus loin : Guide de l’ADEME à l’attention des établissements sanitaires et médico-sociaux pour réaliser un bilan des gaz à effet de serre.

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