Une question ? Appelez le 01 48 06 54 92

 

TecHopital.com

 

Bioserenity conçoit un masque virucide avec l'Inserm et l'université de Lille

Crédit: Bioserenity
Crédit: Bioserenity

PARIS, 18 février 2021 (TecHopital) - L'entreprise Bioserenity a mis au point, avec l'aide de l'Inserm et l'université de Lille, deux nouveaux masques (chirurgicaux et FFP2) de protection antiCovid, qui peuvent non seulement bloquer les virus et les bactéries, mais aussi les désactiver.

La pénurie de masques n'est plus d'actualité mais le besoin en masques de protection contre le coronavirus est toujours bien réel.

Bioserenity, entreprise française spécialisée dans les dispositifs médicaux, a annoncé le 16 février avoir mis au point avec l'Inserm et l'université de Lille deux masques à usage unique (l'un chirurgical, l'autre FFP2) qui à la fois protègent mais aussi décontaminent grâce à une couche filtrante et virucide. Elle a également annoncé avoir commencé à les commercialiser le 16 février.

La couche Cidaltex*, à la fois filtrante et décontaminante, a été mise au point avec l'Inserm et l'université de Lille. Il s'agit d'une "technologie de rupture", a déclaré Marc Frouin, directeur général de Bioserenity, lors d'une conférence de presse organisée en ligne le 16 février.

Crédit: Bioserenity
Cette innovation consiste à fixer sur un textile non tissé (c'est-à-dire constitué de fibres orientées aléatoirement) et qui forme la couche filtrante, un agent antiviral puissant, a expliqué Bernard Martel, chimiste au laboratoire Unité des matériaux et transformation (Umet) de l'université de Lille, laboratoire qui a assuré la pré-industrialisation de ces masques.

"L'originalité du concept de Cidaltex* repose sur l'utilisation de la cyclodextrine", fabriquée à partir d’amidon de maïs. La cyclodextrine est une molécule cage qui va piéger le principe actif: ici il s'agit de l’agent antiviral (de la classe des ammoniums quaternaires). Elle a été fixée sur les fibres de masques.

La filtration est assurée dans les deux sens, à l'inspiration et à l'expiration. Ces masques virucides permettent donc à la fois d'assurer la protection individuelle de l'usager, de protéger la collectivité et enfin d'éviter qu'un masque usagé ne devienne une source de contamination.

Des prototypes analysés et testés

Les équipes de l'Inserm ont en effet évalué l'efficacité de la couche Cidaltex* en testant l'activité antibactérienne, antivirale de cette couche puis la sécurité du masque complet pendant son utilisation.

Ainsi, la couche antibactérienne a permis de réduire de 99,9% staphylocoques et Escherichia coli en 5 minutes. L'activité antivirale a permis d'abattre de 99,9% les coronavirus humains et cela en 5 minutes. Autre constat, l'agent antiviral n'a pas migré vers les autres couches du masque même après 4 heures d'utilisation du masque.

De plus, une étude d'"usabilité" a été menée sur 12 volontaires non soignants en évaluant la respirabilité et l'évacuation de l'humidité des masques. Cette évaluation a ensuite été étendue à 600 volontaires du CHU de Lille, dans les services des urgences, de réanimation, des unités Covid et des maladies infectieuses. "L'étude est toujours en cours mais déjà on remarque qu'il n'y a aucun problème de respirabilité ou d'humidité", a indiqué Pascal Odou, responsable de l'Institut de pharmacie du CHU de Lille.

L'entreprise envisage de produire 1 million de masques marqués "CE" par jour. Destinés prioritairement au personnel soignant et aux établissements de santé ainsi qu'aux établissements médico-sociaux, ils seront ensuite disponibles pour les particuliers, sur le site internet de Bioserenity dans un premier temps, puis dans les rayons des pharmacies.

A noter que le masque chirurgical est vendu 0,29 € l'unité pour les professionnels et 0,44 € pour les particuliers, soit 30% plus cher que les masques chirurgicaux habituels. Le masque de type FFP2 est vendu 0,98 € l'unité pour les professionnels et 1,49 € pour les particuliers.

Les masques chirurgicaux sont disponibles à partir du mardi 16 février, et les masques de type FFP2 le seront à partir du lundi 22 février. La production à grande échelle vient de débuter.

Bioserenity
Cette start-up fondée en 2014 dans l'enceinte de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris, AP-HP) a pour activité principale les diagnostics utilisant de nouveaux moyens numériques pour l’électrophysiologie, des examens rendus possibles par le développement d’instruments connectés innovants et de plateformes internet.
En 2020, l'entreprise a implanté son usine de textiles à Troyes.
Elle regroupe à ce jour 650 personnes et a réalisé en 2020 un chiffre d’affaires de plus de 65 millions d'euros en 2020.

gdl/ab

Partagez cet article

Les dépêches liées à cette information

Il n'y a pas encore de commentaire sur cette publication.
Soyez le premier à réagir

Pour commenter cet article identifiez-vous ou enregistrez-vous si vous ne l'avez pas encore fait
Les offres
Agenda