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Blanchisseries hospitalières : le président de l'URBH fustige le rapport du Geist

Crédit : Shutterstock
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PARIS, 27 novembre 2019 (TecHopital) - L'Union de responsables de blanchisseries hospitalières (URBH) a souhaité apporter à TecHopital un droit de réponse au rapport du Geist, l'association des blanchisseries privées, très à charge contre les blanchisseries hospitalières publiques puisqu'il estime que le coût du linge y serait d'au moins 25% supérieur à celui des blanchisseries privées et que les investissements y seraient 40% plus coûteux que dans le secteur privé.

"Tout ce rapport est faux. Il est très incriminant pour les blanchisseries hospitalières publiques (cf dépêche TecHopital). L'objectif de ce document, commandé par le Groupement des entreprises industrielles de services textiles (Geist), est de nous discréditer. A quelles fins ? Sans doute pouvoir prendre des parts de marché dans les blanchisseries hospitalières", s'interroge Andy Nguyen, président de l'URBH.
Premier constat, les chiffres exploités par le cabinet Asterès "sont obsolètes". Il s'agit de données datant de 2010 ou de données analysées sur des plages de recensement allant de 2003 à 2017.

Les auteurs du rapport ont calculé un coût de traitement à 1,6 euro du kilo de linge, à partir de 12 échantillons sélectionnés sur 14 ans, entre 2003 et 2017. Ils affirment que "ce coût moyen au kilogramme de linge s’avère supérieur d’au moins 25% à celui des blanchisseries privées". Or, "il faut comparer ce qui est comparable. Ils ont mélangé les données". Pour preuve, Jérémy Bucia qui est responsable de la blanchisserie Bilh-Sud de Saint-Etienne explique que, loin de 1,6 euro du kilo de linge annoncé par le rapport Asterès, le coût de traitement au niveau de sa blanchisserie "est de 1,27 euro", a-t-il indiqué à TecHopital. "Soit 40 centimes de différence, c'est énorme !"

"De plus ils listent des établissements tels que la maison de retraite de la Loire et la blanchisserie de la Bâtie, à côté du GCS [groupement de coopération sanitaire] Bilh-Sud alors que ces deux unités de production ont disparu en 2010 et que le linge de ces deux établissements est maintenant traité par le GCS Bilh-Sud". Le rapport indique également un coût de modernisation pour la blanchisserie stéphanoise de 802.000 € par T/jour, or Jérémy Bucia "ne sai[t] absolument pas d'où vient ce chiffre ni comment il a été calculé".

"L'amortissement varie d'un site de production à un autre", explique Andy Nguyen. Difficile alors d'estimer un coût moyen du kilo de linge traité, à l'échelle nationale. Ce coût est étroitement corrélé à l'amortissement décidé et donc très variable d'une unité à une autre. Il dépend également de l'intégration de la blanchisserie à un hôpital ou à un GHT [groupement hospitalier de territoire]", a expliqué le président de l'URBH.

Polémique autour du coût des investissements

"Dans le chapitre sur l'investissement des blanchisseries, les chiffres sont obsolètes", explique le président de l'URBH. De plus, "ils ont comparé des blanchisseries hospitalières avec des Esat, du linge hôtelier avec du linge de résident, des blanchisseries ne traitant que le linge des résidents avec celles qui font de tout. Une fois de plus, ils ont tout mélangé", souligne Andy Nguyen.

Le rapport avance le fait que "les blanchisseries privées disposeraient d'un pouvoir de négociation supérieur sur les fournisseurs d'équipement". "Comment peuvent-ils écrire cela, en ne citant aucun exemple concret ? Ce n'est pas vrai", réagit Jérémy Bucia, lequel, avant de rejoindre les blanchisseries hospitalières, a travaillé dans le secteur privé. "Les blanchisseries privées ne disposent pas d'un meilleur pouvoir de négociation auprès des fournisseurs."

"Seuls 20% des hôpitaux français" ont décidé d'externaliser totalement l'activité de blanchisserie auprès de prestataires privés. Par comparaison, cette part est de 80% en Europe", note le rapport du Geist. "Je crois que le secteur privé aimerait bien faire comme en Allemagne et récupérer le marché des blanchisseries hospitalières", relève Jérémy Bucia.

"S'il est vrai que 80% des blanchisseries hospitalières européennes ont été privatisées, ce chiffre date néanmoins de 2015", fait remarquer le responsable de la blanchisserie stéphanoise. "Et l'Allemagne qui a massivement externalisé ses blanchisseries aimerait maintenant faire marche arrière car cela leur coûte très cher."

"Nous constatons que de nombreux établissements, des Ehpad, des petits établissements qui ont goûté au secteur privé, décident quand ils en ont l'occasion, de revenir vers le secteur public, en raison du prix, et surtout en raison d'un manque de qualité en matière d'hygiène et d'un manque de souplesse des blanchisseries privées", affirme pour sa part le président de l'URBH.

L'hygiène, "notre préoccupation principale"

Il est vrai qu'en matière d'hygiène, sujet qui n'apparaît pas dans le rapport du cabinet d'étude, "c'est notre préoccupation principale à nous, blanchisseurs hospitaliers", a souligné Andy Nguyen. "Notre démarche de certification consiste à dire que chaque blanchisserie a son niveau de qualité, contrairement aux grands groupes qui certifient de manière globale. Or on sait que l'exigence de qualité est à exiger sur chaque site de production", insiste Andy Nguyen.

"A qualité constante, nous sommes moins chers dans la fonction publique. Chaque euro investi œuvre pour la qualité du résultat", complète-t-il.

D'ailleurs, "nous recrutons souvent du personnel issu de blanchisseries privées et nous devons les former à nouveau sur l'hygiène. Ces agents ne sont pas plus productifs que nos agents. Ils apprécient néanmoins de meilleures conditions de travail : nous avons plus de place et le traitement de l'air est plus poussé".

"Le seul point sur lequel ce rapport ne ment pas, c'est sur le coût de construction d'un bâtiment qui est plus élevé dans le secteur public car une attention particulière est apportée à la ventilation. En milieu hospitalier, on chasse la moindre poussière pour éviter toute recontamination au moment de la finition. Nos blanchisseries ont pour obligation de s'équiper d'une ventilation double-flux", souligne Jérémy Bucia.

Concernant le temps de travail, si autrefois les blanchisseries fonctionnaient sur un créneau horaire de 7 à 8h, "ce temps-là est révolu", affirme le président de l'URBH. "Beaucoup de blanchisseries travaillent en 2 fois 8 heures avec une équipe le matin et une autre l'après-midi. Les GHT génèrent en effet des productions supplémentaires."

L'URBH citée sans être interrogée

"Le Geist n'a pas pris trop de risque avec ce rapport, il se cache derrière une analyse économique, basée sur de vieilles études. Et ils citent l'URBH, sans avoir interrogé aucun membre de l'association."

L'URBH a développé un outil de comparaison informatique, un outil de contrôle de gestion, reprenant l'ensemble des charges permettant de comparer un maximum de données. Cet outil comprend environ 200 éléments chiffrés tels que le prix, le traitement, etc.

"Il existe actuellement une telle dynamique organisationnelle des blanchisseries hospitalières avec des fermetures, l'apparition de nouveaux sites de production, des regroupements, qu'il est difficile de savoir combien la France compte de ces blanchisseries. Ce secteur a été le premier à être passé aux groupements de coopérations sanitaires. Le principe était alors de faire ensemble. Les groupements hospitaliers de territoire accentuent cette tendance à la mutualisation. Ils aident à échanger, encore plus en proximité", conclut Andy Nguyen.

gdl/ab

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