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Blanchisseries hospitalières: "Grâce à l'achat de vêtements professionnels nous sommes prêts pour la 2e vague" (président de l'URBH)

Crédit: Shutterstock
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PARIS, 20 juillet 2020 (TecHopital) - Pour faire face à l'augmentation de consommation de vêtements professionnels pendant l'épidémie de Covid-19, les blanchisseries hospitalières ont été amenées à acheter de grosses quantités de ces équipements et sont maintenant parées à affronter une éventuelle 2e vague, a assuré à TecHopital Andy Nguyen, président de l'Union des responsables de blanchisseries hospitalières (URBH).

"Toutes les blanchisseries hospitalières n'ont pas forcément vécu la crise de la même manière puisque celles situées en zones "vertes" ont connu une baisse d'activité, due à la déprogrammation de l'hospitalisation et donc une chute de la consommation du linge hôtelier. En revanche, la consommation de linge professionnel a doublé voire triplé pendant la crise car certains professionnels qui travaillaient en 'civil' sont passés à la tunique, au pantalon et à la blouse", a expliqué Andy Nguyen.

"Nous avons décidé de nous approvisionner en surblouses tissu pour remplacer les surblouses à usage unique", ce qui a permis de compléter les stocks, a souligné le président de l'URBH. Chaque établissement a ainsi acheté des dizaines de milliers de blouses, par exemple "au CHU de Montpellier où 14.000 blouses ont été commandées".

"Il faut dire qu'entre les années 1995 et 2000, l'usage unique a pris un essor énorme, avec des blouses à 3 centimes pièce. Mais avec la pénurie due à la crise sanitaire, les prix se sont envolés et ont été multipliés par 50 voire 70 par rapport au prix initial", a-t-il poursuivi. "Nous avions de gros besoins en blouses et certains fournisseurs en ont profité pour faire flamber les prix. On a vu des ventes à 40 euros la blouse. Certains ont profité de la pandémie pour faire de l'argent."

"Nous avons donc commencé par fabriquer des masques en blanchisserie. Puis nous avons enchaîné avec la fabrication des blouses." Pour ce faire, l'URBH a travaillé sur différents modèles avec la direction générale des entreprises (DGE), la direction générale de l'offre des soins (DGOS) et la direction générale de l'armement (DGA). "Nous avons réfléchi tous ensemble à des solutions pour valider des process." En parallèle, il y a eu "différentes tentatives, différents modèles dans toute la France".

Pas d'adaptation du process de lavage au virus

"Les blanchisseries hospitalières respectant la norme RABC, nous n'avons pas eu à adapter nos méthodes de lavage. Seules les blanchisseries lavant à 40 degrés sont immédiatement repassées à 60 degrés", a expliqué le président de l'URBH. La norme RABC NF EN 14065 (Risk Analysis and Biocontamination Control) est un système de management de la qualité avec analyse supplémentaire des risques permettant de maîtriser les risques de biocontamination des textiles traités en blanchisserie.

"L'URBH recommandant un lavage à 60 degrés, le traitement du linge n'a donc pas été adapté au coronavirus", a répété Andy Nguyen.

Pour le secteur sale, il a été décidé de "surprotéger les personnes qui manipulent le linge". Ainsi, aux premières alertes, "le secteur 'linge sale' a commencé à respecter strictement les règles de bonnes pratiques".

Enfin, il faut noter que "le personnel des blanchisseries est resté très présent pendant la crise". Peu de salariés des blanchisseries hospitalières ont fait valoir leur droit de retrait. "Nous n'avons pas recensé d'absentéisme volontaire. La volonté d'être présent et d'aider a été très forte parmi le personnel des blanchisseries hospitalières", a insisté le président de l'URBH.

Adaptation des organisations

Si les méthodes de lavage n'ont pas changé pendant la crise, en revanche les organisations ont été modifiées. "Nous avons adapté le rythme des rotations pour éviter la propagation du virus, en maintenant une séparation entre les équipes du linge sale et celles du linge propre. Habituellement, nous essayons de favoriser la polyvalence des équipes en les faisant tourner entre le secteur sale et le secteur propre, pour éviter les troubles musculo-squelettiques (TMS). Pendant cette pandémie, nous avons décidé de fixer tous ceux qui étaient volontaires, au niveau du secteur linge sale."

Généralement, "les gens qui travaillent au secteur linge sale se sentent mieux, car ils subissent moins les contraintes de la machine". Dans cette partie de la blanchisserie, il est possible de "dissocier la cadence de la machine de la cadence humaine". "Ce côté un peu plus libre" est plébiscité par une partie des salariés de la blanchisserie.

L’"après-Covid" à gérer

Après cette phase épidémique, l'activité normale a repris. Et "nous enregistrons une augmentation de 50% de la consommation des vêtements professionnels" puisqu’il est préconisé de passer à la tunique, au pantalon et à la blouse. "Nous sommes ainsi passés de 1 article à 3 articles", et cela aussi pour le personnel de l'accueil, les syndicalistes amenés à se déplacer dans l'établissement, les services sociaux qui accompagnent les patients et qui dorénavant ont besoin de ces vêtements professionnels.

Ayant moins de linge hôtelier à traiter, "nous avons pu transférer du personnel" pour traiter cette augmentation des vêtements professionnels. Mais avec toutes les activités qui ont repris, il a fallu redéployer les équipes. L'URBH a enregistré entre 50% et 60% de linge en forme en plus à traiter. Du coup, pendant cette période post-Covid, "nous avons dû faire appel à des heures supplémentaires, à de l'intérim ou bien des contractuels".

"Aujourd'hui, les pratiques hospitalières sur les changes se sont transformées. La consommation des vêtements professionnel se maintient et il n'y a plus d'approvisionnement en vêtements à usage unique. Les établissements ont décidé de pérenniser ces pratiques. Nous prévoyons donc une augmentation de la production des blanchisseries de l'ordre de 30% à 40%", a indiqué Andy Nguyen.

Pour faire face à cette augmentation, les blanchisseries envisagent de "passer de 5 jours de travail par semaine à 6 jours. Nombreuses sont celles qui fonctionnent déjà en 2/8, afin de rentabiliser leurs outils de production."

Actuellement, "nous nous préparons à la deuxième vague. Mais avec les achats réalisés nous sommes quasiment parés pour accueillir cette deuxième vague", a conclu le président de l'URBH.

Enfin, l'association, qui représente 230 blanchisseries hospitalières au niveau national, prépare actuellement un questionnaire sur l'absentéisme pendant la crise, la contamination des personnels en blanchisserie et surtout l'impact de l’"après Covid" sur les organisations.

gdl/nc

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