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Christian Anastasy (Anap) appelle à investir plutôt dans les nouvelles technologies que dans les murs des hôpitaux

PARIS, 11 mars 2015 (Direct Hôpital) - Il faut arrêter d'investir massivement dans la rénovation des murs des hôpitaux pour investir plutôt dans les technologies de l'information afin de favoriser les prises en charge à domicile, a suggéré le directeur général de l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), Christian Anastasy lors d'une audition parlementaire en février.

Christian Anastasy était auditionné le 17 février par la mission d'évaluation et de contrôle de la sécurité sociale (Mecss) de l'Assemblée nationale sur la dette des établissements publics de santé.
 
Actuellement, le parc hospitalier regroupe environ 60 millions de mètres carrés construits, par rapport à 40 millions de m² dans les années 1990, alors que la durée moyenne de séjour a baissé sur cette période de 10 jours à quatre jours, a-t-il observé. "Il y a beaucoup de m² construits et c'est très cher à entretenir".
 
Avec le "virage" ambulatoire souhaité par le gouvernement à l'hôpital, "il y a de moins en moins besoin de murs", a noté Christian Anastasy.
 
Il a appelé à se poser la question de la rénovation de la totalité de ce parc hospitalier. "N'a-t-on pas à réformer une partie de ce patrimoine, à le faire évoluer d'une façon différente, afin de répondre aux besoins de la population?".
 
Pour lui, "les gens rentreront de moins en moins à l'hôpital et seront en revanche pris en charge de plus en plus longtemps à leur domicile", notamment les 15 millions de personnes souffrant de pathologies chroniques qui auront de plus en plus besoin d'un accompagnement personnalisé à domicile.
 
"Faut-il maintenir tout le temps un patrimoine hospitalier qui sera de moins en moins fréquenté ou faut-il aider les gens à rester chez eux dans des conditions de vie qui les satisfassent davantage?", a-t-il remarqué.
 
Christian Anastasy estime que la France, très attachée aux murs, devrait sortir d'une culture immobilière pour investir dans les nouvelles technologies. Selon lui, elle devait peut-être "arrêter d'investir toujours plus dans des surfaces nouvelles", "parfois sous-exploitées", et investir davantage dans la prise en charge des pathologies chroniques et le développement de l'éducation thérapeutique à distance et de la télémédecine.
 
Cela permettrait de maintenir les gens "plus heureux chez eux", a-t-il souligné en appelant à miser sur cet investissement plutôt immatériel que matériel.
 
Il a insisté sur le fait que le cycle très long de l'immobilier et de l'investissement n'était pas cohérent par rapport au cycle du progrès médical et à l'émergence de prises en charge très courtes.
 
Le directeur général de l'Anap a aussi mis en avant une raison écologique, observant que le patrimoine hospitalier construit, souvent mal isolé, consomme énormément d'énergie fossile et sera confronté "demain" au paiement d'une taxe carbone très élevée. "Est-il raisonnable de maintenir autant de m² dès lors que demain ils vont coûter de plus en plus cher à la collectivité" et qu'ils seront moins utiles, a-t-il fait remarquer.
 
Pour Christian Béréhouc, directeur du pôle "outils" de l'Anap, il sera intéressant que chaque établissement, une fois son patrimoine connu, mette en place un schéma directeur dans le cadre du schéma régional d'investissement en santé (Sris) pour optimiser son patrimoine, en s'interrogeant sur la nécessité de garder certains bâtiments et de tout mettre aux normes.
 
Christian Anastasy a par ailleurs jugé nécessaire d'avoir une vision avec le cycle d'exploitation d'un côté et le cycle de maintien de l'investissement de l'autre, avec une frontière étanche entre les deux afin de ne pas jouer de l'un sur l'autre, au détriment de l'un.
 
Il ne s'est pas déclaré favorable à la mise en place d'une grande foncière qui gèrerait tout le patrimoine des établissements publics car, avec une gestion éloignée du terrain, les exploitants risqueraient de se désintéresser totalement de la partie immobilière. Il faut trouver le "juste compromis" entre le maintien de relations équilibrées et étroites entre un exploitant de services de santé et un gestionnaire de murs et une étanchéité entre les deux.
 
cb/ab/

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