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CHU de Montpellier: le nouveau schéma directeur immobilier prévoit 1 milliard d'euros d'investissements jusqu'en 2040

Nouvel hôpital Lapeyronie - CHU de Montpellier
Nouvel hôpital Lapeyronie - CHU de Montpellier

(Par Sylvain LABAUNE)

MONTPELLIER, 17 février 2021 (TecHopital) - Le CHU de Montpellier a élaboré un nouveau schéma directeur immobilier qui prévoit 1 milliard d'euros d'opérations jusqu'en 2040, dont la construction d'un "nouvel hôpital Lapeyronie", a expliqué le 11 février à APMnews/TecHopital le directeur général, Thomas Le Ludec.

Le nouveau schéma directeur porte sur les années 2021 à 2040, il a été validé en octobre 2020 par les instances de l'hôpital universitaire. Il est détaillé dans un "livre blanc", un document de 83 pages.

Le CHU de Montpellier envisageait, dans son précédent schéma directeur immobilier présenté en 2013 (1 milliard d’euros d'opérations sur 20 ans), un regroupement en 2030 de l'ensemble des pôles hospitalo-universitaires dans des bâtiments neufs sur le site principal qui va de l'hôpital Arnaud-de-Villeneuve à celui de La Colombière, du fait de coûts importants pour la mise aux normes des locaux existants.

En 2018, l'hôpital avait lancé une actualisation de son schéma directeur immobilier afin d'investiguer la question d'une reconstruction. "Nous envisagions [cette] très grosse opération" puis "nous avons été percutés par un problème majeur" qui a été une aggravation du risque d'inondation sur les sites Lapeyronie et Arnaud-de-Villeneuve, a expliqué Thomas Le Ludec.

Ce n'était pas "une petite réévaluation" mais "une situation grave" avec "un risque de pertes de nos établissements parce qu'il y a des installations techniques en sous-sol des établissements", ceux-ci étant "en partie enterrés". Ces dernières années, la région de Montpellier a connu des épisodes météorologiques extrêmement forts et "nous avons donc revu complétement la copie", a-t-il continué.

Le risque caniculaire a également été intégré, du fait de "températures sous abris qui sont allées jusqu'à 46 degrés en 2019". La gestion de la crise Covid-19 "nous a également percutés dans notre réflexion", notamment car "nous n'avons pas pu utiliser les chambres à deux lits, ce qui nous a fait perdre 350 lits d'hospitalisation".

Ainsi, le CHU ne pouvait pas se permettre d'attendre une reconstruction en 2030, sans réaliser entre-temps d'importantes réhabilitations et mises aux normes du bâti existant afin de répondre à l'urgence de la situation, a souligné le directeur général.

Une solution mixte a donc été choisie en modernisant une partie des bâtiments existants jusqu'en 2030, puis en reconstruisant une partie du CHU de 2030 à 2040 sur le site principal du CHU.

La question de "déménager complétement" l'hôpital universitaire sur un autre terrain a également été posée du fait du risque inondation. Mais "nous avons fait rapidement les comptes et une opération de cet ordre coûterait au moins 2 milliards d'euros". En outre, "les terrains disponibles sont plus que rares" à Montpellier et "donc le choix a été fait rester dans les espaces fonciers du CHU", a précisé Thomas Le Ludec.

Phase 1: modernisation du CHU jusqu'en 2030

Cette phase prévoit la réhabilitation des services de soins de La Colombière, Gui-de-Chauliac, Arnaud-de-Villeneuve et Lapeyronie pour un total de 415 millions d'euros (M€) de travaux qui ont été déjà programmés sur la décennie 2020-2030.

Un premier volet de projets a été réuni sous l'appellation "humanisation et modernisation" du CHU, il porte sur un périmètre de 1.100 lits pour un investissement de 157 M€ (soit plus de 70% du capacitaire total en court séjour). Ce volet contient de nombreuses opérations dont:

  • la construction d'un nouveau bâtiment de soins de longue durée et de soins palliatifs (50 M€, livraison en 2024)
  • la modernisation de l'hôpital Arnaud-de-Villeneuve, notamment des 12 services d’hospitalisation qui nécessitent l’installation de climatisation, la restructuration complète du département d’anesthésie-réanimation ou l'extension des activités de consultation du pôle femme-mère-enfant (17,5 M€, 7 à 10 ans de travaux).
  • la modernisation des conditions hôtelières de l'hôpital Lapeyronie (21,6 M€, 7 à 10 ans de travaux)
  • la restructuration du site de Gui-de-Chauliac afin notamment de transformer des lits d’hospitalisation complète en places ambulatoires, regrouper l’ensemble des lits de pédiatrie dans un seul service, rénover entièrement le service de réanimation neurologique (10,5 M€, fin des travaux en 2024)
  • la restructuration du site de Saint-Eloi qui accueille les pôles cliniques médicales et digestif (30 M€, 5 à 8 ans de travaux).

Le deuxième volet "sécurisation et environnement" correspond à 101 M€ d'opérations, dont:

  • l'amélioration de la sécurité incendie sur les 4 hôpitaux principaux du CHU de Montpellier (41,5 M€, fin en 2030)

  • l'actualisation du risque inondation impactant la sécurité des hôpitaux Arnaud-de-Villeneuve et Lapeyronie (15 M€, 2023)
  • la construction d'une nouvelle hélistation en surplomb d’un parking en silo situé à l’arrière de l’hôpital Lapeyronie (14,2 M€, fin 2021).

Le troisième volet "innovations médicales et soignantes" est chiffré à 156 M€, dont:

  • la construction d'un bâtiment unique de biologie qui regroupera 18 des 22 laboratoires du CHU à l’arrière d’Arnaud-de-Villeneuve et à proximité de la faculté de médecine (103 M€, livraison 2024)
  • l'extension du pôle coeur-poumons du bâtiment Arnaud-de-Villeneuve (30 M€, 2024)
  • l'extension des locaux actuels de l’institut de formation aux métiers de la santé (IFMS; 23,5 M€, 2026).

Phase 2: construction d'un nouvel hôpital Lapeyronie

La 2e phase du schéma directeur immobilier porte sur la décennie 2030 à 2040. Il contient deux importantes constructions sur l'emprise actuelle du bâtiment de la direction, du parking visiteurs et d’une partie de l’hôpital La Colombière. "Cette emprise foncière apparaît la seule dont le CHU est assuré de la viabilité à moyen terme", compte tenu de la révision du plan de prévention du risque inondation, explique l'établissement dans son livre blanc.

La 1re opération consiste à construire, pour une livraison estimée à 2035, un bâtiment neuf regroupant les activités des pôles neurosciences, femme-mère-enfant et urgences: le "nouveau Lapeyronie", sur l'emplacement actuel du centre administratif André-Bénech.

L'investissement est estimé à 500 M€. "Il prendra la forme d’un bâtiment de 7 étages de plus de 100.000 m² regroupant des activités de consultations et d’ambulatoire, des plateaux médico-techniques (imagerie et bloc opératoire), des services d’hospitalisation et des espaces tertiaires dédiés aux activités d’enseignement et de recherche", précise le CHU.

D'après les enseignements de la crise sanitaire et le risque inondation, le site doit être équipé de 100% de chambres individuelles avec des accès extérieurs et des flux internes permettant d’isoler certains secteurs, et avec une capacité augmentée pour les soins critiques, a expliqué Thomas Le Ludec. Par ailleurs, il n'y aura plus de locaux en sous-sol.

La 2e opération phase consiste à construire sur l'emprise de l’hôpital la Colombière (au niveau de Peyre Plantade et de la polyclinique de psychiatrie) un second bâtiment "dont la destination finale reste à préciser à ce stade", rapporte le CHU. La surface constructible est estimée entre 30.000 m² et 60.000 m², il pourrait accueillir les activités du pôle coeur-poumons d'Arnaud-de-Villeneuve ou celles du pôle digestif de Saint-Eloi.

Le financement "paraît soutenable"

"Toutes les opérations sur la décennie 2020-2030 sont en dessous du seuil de 100 M€ pour les décisions décentralisées d'investissement" après la suppression du comité interministériel de la performance et de la modernisation de l'offre de soins hospitaliers (Copermo), et donc les discussions se feront avec l'agence régionale de santé (ARS) Occitanie, a souligné le directeur général.

"Quand on ramène sur une période de 10 ans, l'effort nous paraît soutenable, d'autant plus que le CHU de Montpellier a une gestion prudente de sa dette", a-t-il continué.

Pour la construction du nouveau Lapeyronie dans les années 2030, cela "nécessitera des discussions et des arbitrages nationaux, avec un enjeu pour nous qui est que la métropole de Montpellier prévoit un développement de l'aire urbaine vers le nord de la ville [où est situé le site principal du CHU], ainsi qu'un développement très axé sur la 'tech en santé'". Ainsi, la contribution du CHU de Montpellier à cette politique sera importante, a précisé Thomas Le Ludec.

syl/gdl/ab

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