Une question ? Appelez le 01 48 06 54 92

 

TecHopital.com

 

CHU de Nantes: Maïa et Scopie, deux robots suffisamment intelligents pour naviguer au milieu des patients

L'un des deux "cobots" circulant dans les couloirs du CHU de Nantes. Extrait d'une vidéo d'Assystem Group.
L'un des deux "cobots" circulant dans les couloirs du CHU de Nantes. Extrait d'une vidéo d'Assystem Group.

PARIS, 28 novembre 2018 (TecHopital) - Le CHU de Nantes dispose de deux robots collaboratifs transportant des endoscopes de mani√®re autonome et en toute s√©curit√© sur les quatre √©tages de l'H√ītel-Dieu, ce qui permet de nettoyer le mat√©riel m√©dical au fur et √† mesure des interventions, a expliqu√© Tony Perlemoine, responsable des projets logistiques de l'√©tablissement, lors d'un s√©minaire.

Ma√Įa et Scopie. Ce sont les noms des deux robots intelligents qui circulent dans les couloirs du CHU de Nantes au milieu des patients et du personnel de l'√©tablissement afin de transporter des endoscopes souill√©s entre le bloc op√©ratoire, la maternit√© ou encore la r√©animation chirurgicale et le centre de traitement des endoscopes.

L'établissement nantais a en effet décidé de centraliser le traitement de ses endoscopes -qui sont souples, thermosensibles, et ne peuvent donc pas être stérilisés. Pour ce faire il a opté pour la création d'un "Centre de traitement des endoscopes souples", le Cetres, ayant pour mission de nettoyer une centaine d'endoscopes par jour. Pour éviter les longs trajets dans les couloirs du CHU, le Cetres a choisi de s'équiper de deux robots collaboratifs ou cobots.

"Les robots effectuent une soixantaine de trajets par jour, contre 8 auparavant par coursier", a fait remarquer Tony Perlemoine, responsable des projets logistiques au CHU de Nantes, lors du s√©minaire "Innovations en logistique hospitali√®re" organis√© le 22¬†novembre par le Club des directeurs des achats et prestations logistiques d'Ile-de-France √† l'h√īpital europ√©en Georges-Pompidou (HEGP, AP-HP). "Ces cobots effectuent plus de 1.000 trajets chaque mois et parcourent une centaine de kilom√®tres", a-t-il compl√©t√©.

Après une première expérimentation menée à partir de 2013 avec deux robots de la société américaine Vecna Robotics, les logisticiens du CHU de Nantes ont décidé de s'orienter vers une solution développée par Sacha Stojanovic et son équipe, alors salariés du groupe international d'ingénierie Assystem. Aujourd'hui, il est le président-fondateur de la société lyonnaise Meanwhile, spécialisée dans la robotique collaborative, et leader en France de la mécatronique de marque Omron, de l'"Intelligence artificielle (IA) spécialisée dans la navigation intérieure", a-t-il précisé à TecHopital.

Il faut noter que jusqu'à la directive européenne "Machine" 2006/42/CE, entrée en vigueur en 2009, la coexistence dans un même espace de robots et d'humains était légalement impossible. Aujourd'hui, la législation et la technologie ouvrent un nouvel espace à la robotique de services. Il s'agit d'"une véritable rupture réglementaire et technologique", a indiqué Sacha Stojanovic lors du séminaire.

Les avantages du cobot

Ces cobots peuvent se déplacer de façon autonome sur quatre étages du CHU et communiquer avec les professionnels de santé en charge des dispositifs médicaux, en les prévenant sur leur téléphone portable, à l'aide d'un synthétiseur vocal, que leur mission a été accomplie. "Une fois, le cobot arrivé, il appelle l'aide-soignante", a indiqué Tony Perlemoine.

Assystem a pour cela développé une couche applicative "Intelligence collective et situationnelle" qui "assure le lien entre l'architecture informatique du CHU et les robots mobiles", a expliqué le directeur de Meanwhile.

"Nous avons demandé l'installation d'un grand écran pour avoir tous les choix de destination à l'écran, mais aussi une caméra, un lecteur de cartes et des poignées pour le déplacement du robot s'il gêne", a complété le responsable projets logistiques du CHU. L'armoire pour le transport des endoscopes a été dessinée sur mesure.

Au total, 5 points de livraison et 6 services sont desservis par ces cobot dont le bloc opératoire, la réanimation médicale et chirurgicale, l'endoscopie et la maternité. "Le trajet le plus long dure 12 minutes".

Le robot a l'avantage d'√™tre toujours disponible. D'ailleurs, "les √©quipes du Cetres ne pourraient plus s'en passer", a fait remarquer le responsable des projets logistiques du CHU. C'est pourquoi trois de ces machines sont pr√©vues sur le nouvel h√īpital de Nantes. "Elles ont d√©j√† leur place".

Autres avantages, la prévisibilité de leur temps de parcours et enfin la sécurisation du transport alors que le robot navigue dans des zones ouvertes au public. Ainsi, lorsque le couloir est large et dégagé, ils peuvent atteindre une vitesse de pointe de 1,8 m par seconde mais sont capables dans le même temps de passer par un encadrement de porte de 80 cm de large. Ils stoppent leur trajet à chaque obstacle en essayant de le contourner. Ils sont capables de prendre l'ascenseur de manière autonome, "en fait ils prennent la main sur l'ascenseur. Seuls les pompiers peuvent passer dessus et reprendre la main", a détaillé Tony Perlemoine. "La prise d'ascenseur par le cobot, c'est ce qui est le plus compliqué", a souligné Sacha Stojanovic.

Enfin, ils permettent d'augmenter les cadences de transport puisque le nombre des trajets a √©t√© multipli√© presque par 10. Avec Ma√Įa et Scopie, "nous n'avons plus du tout la m√™me fa√ßon de travailler", a fait remarquer le responsable logistique. Le robot appelle le service concern√© lorsqu'il arrive au point de stationnement. "Nous n'envoyons le robot que si le service l'a demand√©." Et il se recharge lorsqu'il attend sur sa base.

R√©sultat, "aujourd'hui, nous n'avons plus de coursier. Nous n'envisageons pas pour autant [d'utiliser les cobots] pour d'autres activit√©s telles que le brancardage", a voulu pr√©ciser Tony Perlemoine, qui conna√ģt les inqui√©tudes des brancardiers √† ce sujet.

A noter: le top du robot a √©t√© achet√© et le reste correspond √† de la location. La location des deux cobots est de 1.500 euros par mois et par robot pendant 3¬†ans et le co√Ľt des deux tops est de 90.000 euros, "livr√©s et mont√©s", a-t-il ajout√©.

Ce type de robots mobiles sont déjà présents dans les Hospices civils de Lyon (HCL) et trois autres CHU envisagent d'investir dans ces robots.

gdl/nc

Partagez cet article

Il n'y a pas encore de commentaire sur cette publication.
Soyez le premier à réagir

Pour commenter cet article identifiez-vous ou enregistrez-vous si vous ne l'avez pas encore fait

Inscrivez-vous à la newsletter gratuite

Les offres

Inscrivez-vous gratuitement à TecHopital.com

okSoyez informé des nouveautés du site
okRéagissez et commentez les articles
okRecevez la newsletter premium

Conform√©ment √† la loi 78-17 du 6 janvier 1978 (modifi√©e par la loi 2004-801 du 6 ao√Ľt 2004 relative √† la protection des personnes physiques √† l'√©gard des traitements de donn√©es √† caract√®re personnel) relative √† l'informatique, aux fichiers et aux libert√©s, vous disposez d'un droit d'acc√®s, de modification, de rectification et de suppression des donn√©es qui vous concernent. Vous pouvez l'exercer en adressant un courrier √©lectronique √† admin@apmnews.com ou par courrier postal √† APM International, 33 avenue de la R√©publique, 75011 Paris.

Civilité
Nom*
Prénom*
Email*
Mot de passe*
(6 caractères minimum)
Etablissement
Fonction*

En validant cette inscription vous aurez acc√®s au contenu du site TecHopital.com et vous nous autorisez √† traiter et √† transmettre vos informations personnelles conform√©ment aux termes de la loi.  (Notice l√©gale )

Cochez cette case pour accepter ces conditions