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Comment aller à la "forme essentielle" en architecture hospitalière: l'exemple du projet Baureals aux Hospices civils de Lyon

La maquette du futur hôpital Lyon Sud, Atelier Michel Rémon & Associés et VK Studio Architectes
La maquette du futur hôpital Lyon Sud, Atelier Michel Rémon & Associés et VK Studio Architectes

PARIS, 12 avril 2021 (TecHopital) - Deux architectes du même cabinet, Michel Rémon et Marie-Claude Richard, ont expliqué, lors des dernières journées IHF, comment ils contribuaient au projet "Baureals", un des grands projets de restructuration portés par les Hospices civils de Lyon (HCL), sur leur site de Lyon Sud.

Le projet "Baureals" est le projet de modernisation des soins critiques, des urgences et des blocs opératoires de l'hôpital Lyon Sud en préparation depuis 2017. Il consiste en la restructuration (15.000 m²) et l'extension (11.500 m²) du plateau technique du pôle chirurgical de ce site.

Dans le détail, il porte sur 30 salles de bloc opératoire dans un ensemble en "duplex", un service de réanimation et de soins critiques de 45 lits (partagés en 3 unités), un pôle d'anesthésie et deux pôles de chirurgie ambulatoire. Il comprend aussi les urgences et la pharmacie qui seront restructurées à cette occasion.

Le coût hors taxes (HT) des travaux est de près de 50 millions d’euros (M€) pour un montant global d'opérations d'environ 100 M€.

Le concours a été remporté en février 2020 par l'Atelier Michel Rémon & Associés avec plusieurs autres partenaires (dont VK Architects, le bureau d'études OTE, l'économiste GBA, Icade Promotion ou encore Prologue pour la logistique). Les travaux doivent commencer en 2022 pour prendre fin en 2026, selon les HCL.

Lors des journées nationales d’études et de formation de l'association des Ingénieurs hospitaliers de France (IHF) organisées en visioconférence fin mars-début avril, Michel Rémon et Marie-Claude Richard ont parlé de la conception architecturale du bâtiment en expliquant qu'ils avaient été à la recherche de "la forme essentielle".

Il s'agit d'une démarche "où le travail sur la fonctionnalité et celui sur l'architecture ont été pensés en même temps, dans un projet extrêmement compliqué de plateau technique" et "combinant de la réhabilitation et du neuf", a souligné Michel Rémon.

Un projet fondé sur la démarche participative du lean design

Il a aussi rappelé qu'une autre caractéristique du programme "Baureals" est qu'il est établi dans le cadre de la démarche participative du lean design. C'est-à-dire qu'il est élaboré avec la participation de près de 200 personnes, essentiellement des professionnels médicaux et non médicaux mais aussi des patients. Ce sont "ces mêmes personnes qui ont analysé les résultats du concours et les propositions des 5 concurrents", a précisé l'architecte.

Il a indiqué que cette démarche du lean design, expliquée à différentes reprises par la directrice du groupement Anne Decq-Garcia, des professionnels et Cap Gemini ou lors d'un webinar IHF du 9 mars, se passait bien. "On s'aperçoit que leur méthode rigoureuse d'analyse des projets sont assez semblables à nos méthodes".

"Nous avons une assez grande complicité dans la conception de ce projet et il n'y a pas d'antagonisme entre la mise au point et la volonté de changer le cadre de travail du personnel", a-t-il ajouté.

Le projet Bauréals (hôpital Lyon Sud, HCL), Atlier Michel Rémon & Associés et VK Studio Architectes
La combinaison de l'utilisation d'un logiciel de BIM (modélisation des données du bâtiment), de celle du lean design et de la recherche de la "forme essentielle" "nous a fait aboutir à une 'mise en architecture' très simple d'un programme très complexe", a souligné Michel Rémon.

Dans un terrain très contraint, le plateau technique doit se développer en hauteur. Le bloc opératoire est ainsi prévu en "duplex" avec un niveau de 16 salles d’opération au rez-de-chaussée, au niveau des urgences, et un niveau de 14 salles au r+3, au niveau de la maternité existante. Entre ces deux blocs prendront place le "géolab" qui distribuera en logistique les 2 blocs opératoires par l'intermédiaire de petits robots (les "géodes") au r+1, et les soins critiques au r+2. La logistique générale est prévue au sous-sol.

La partie neuve accueillera des activités atypiques ou relevant d'une technique complexe, comme une partie logistique, le bloc opératoire, la réanimation ou encore le "géolab", tandis que la partie réhabilitée abritera les urgences et la maternité ou des activités tertiaires.

"La première étape a été d'identifier et de hiérarchiser les données fonctionnelles du programme. Il fallait décrypter les intentions du maître d'ouvrage et des utilisateurs, sans se bloquer sur une direction", a expliqué Marie-Claude Richard.

Le projet a été composé directement en 3 dimensions, en utilisant le logiciel de BIM, Revit*. Il n'a pas été dessiné en plan, mais directement en maquette volumétrique, en assemblant tous les locaux, un à un, comme des petits volumes. "Nous avons transcrit par des petits carrés les pièces figurant au programme", soit 1.000 au total, et "les avons représentées à l'échelle, en intégrant une donnée de hauteur" afin de tenir compte des installations techniques seraient nécessaires dans les salles.

Chaque fonction a été définie par ses caractéristiques propres (par exemple, une salle d’opération a été définie comme un cube de 7,50 m de côté, qui contient la salle d’opération et ses locaux techniques associés), puis elles ont été assemblées directement en 3 dimensions en fonction à la fois des données fonctionnelles et de la recherche de la meilleure compacité.

Le projet Baureals, Atelier Michel Rémon & Associés et VK Studio Architectes
Les petits ensembles ont été disposés selon des axes, horizontaux et verticaux, "correspondant à notre lecture du programme en termes de flux, des flux d'axes prioritaires, comme entre la liaison entre la plateforme d'hélicoptère et la zone de déchocage pour les urgences, ou la création d'une liaison entre le bloc, les urgences et la réanimation". "Cela donne des points durs dans l'organisation des éléments", a souligné Marie-Claude Richard.

Et comme indiqué dès l'introduction, le choix a été fait de placer dans le bâtiment neuf des activités complexes, comme le bloc opératoire, et les activités plus "simples" ou "tertiaires" dans le bâtiment existant, l'ensemble comprenant une colonne de lumière au milieu.

Globalement, le projet a été conçu "comme un assemblage rigoureux de volumes spécifiques, comme un Lego*, avec l’objectif premier de créer la machine la plus efficace possible pour optimiser le parcours patient", souligne Michel Rémon.

"Ce projet c'est un écorché", c'est-à-dire qu'il "n'y a pas d'habillage ni d'emballage" et que "c'est comme un moteur sans carrosserie", qui suffit lui-même "à faire l'esthétique" tout en "se racontant lui-même". "On peut comprendre ce qu'est ce bâtiment au premier degré."

san/ab

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