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Coopération entre les acteurs de santé: comment assouplir les articulations

BESANCON, 18 septembre (Direct Hôpital) – Trois expérimentations sont menées en Franche-Comté pour améliorer le degré d'articulation entre les acteurs de santé : établissements sanitaires et médico-sociaux, et libéraux.

Le directeur de la performance de l'ARS, Jérôme Malfroy, a donné deux conférences sur ce thème lors de l'université d'été de la performance en santé organisée par l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap), les 30 et 31 août à Nantes.
 
Parmi ces trois expérimentations, lancées entre février et mai 2012, figure celle visant à améliorer les conditions d'hospitalisation des résidents d'établissements d'hébergement pour personnes handicapées : trois maisons d'accueil spécialisé (MAS) et un foyer d'accueil médicalisé (FAM). Elle se trouve dans sa phase finale, dite de "capitalisation" des bonnes pratiques.
 
La deuxième porte sur l'articulation entre les établissements de santé et les professionnels de ville (médecins, pharmaciens et infirmiers, ainsi que masseurs-kinésithérapeutes dans certains cas). La phase d'accompagnement, qui consiste à mettre en oeuvre des plans d'actions définis avec les acteurs, est en cours jusqu'à fin 2013, avant la "capitalisation" début 2014. 
 
La troisième expérimentation concerne le lien entre des MAS ou FAM et les professionnels de ville. Elle se situe au début de la phase d'accompagnement, et devrait s'achever à la fin du premier trimestre 2014.
 
La méthodologie des trois expérimentations est la même. Pour l'accompagnement des acteurs, l'ARS a recouru à des organismes de conseil: Alcimed (FAM-MAS/établissements de santé), Le Cercle (établissements de santé/ville) et EQR (FAM-MAS/ville). Le coût pour chaque projet a été de l'ordre de 200.000 euros, financé par l'ARS, essentiellement pour l'intervention de ces organismes.
 

Un travail sur l'interface plutôt que sur le parcours

 
L'agence a lancé ces projets après avoir reçu des retours négatifs d'établissements et d'usagers, qui pointaient des problèmes d'"interface" entre les acteurs des soins, a expliqué Jérôme Malfroy. Par exemple, si un patient nécessitant un traitement lourd sort de l'hôpital un samedi matin sans que des informations le concernant aient été correctement transmises à son pharmacien ou son infirmier libéral, il subit pendant un week-end une déperdition de la qualité de sa prise en charge. 
 
Plutôt que la notion de parcours, centrée sur le patient, l'ARS a privilégié celle d'"articulation" entre les acteurs. Elle en a proposé la définition suivante: "l'ensemble des processus, des organisations de travail et des dispositifs qui participent à construire une interface entre les différentes structures à l'occasion de la prise en charge d'une même personne ou d'un même public".
 
Parmi les critères de sélection des structures expérimentatrices figurait leur capacité à proposer quelques indicateurs précis pour mesurer la réussite du projet.
 
Les expérimentateurs et l'ARS, avec l'aide du prestataire, ont défini ensemble des indicateurs du degré d'articulation des acteurs. Pour cerner leur périmètre, un glossaire a été rédigé.
 
Alors que les structures tendaient à proposer spontanément des indicateurs de moyens (tels que le taux de présence d'accompagnateurs d'une personne handicapée aux urgences), l'ARS a insisté sur les indicateurs de satisfaction (comme celle des accompagnateurs après le passage aux urgences). Au final, des indicateurs des deux types ont été retenus, et leur évolution sur la période a été mesurée.
 
Cela a permis de produire des données objectives, d'aller au-delà du ressenti des acteurs, et parfois d'infirmer leurs impressions, a constaté Jérôme Malfroy. Ainsi, une structure d'hébergement reprochait à des professionnels de ville des délais trop longs pour les rendez-vous avec ses résidents, mais il s'est avéré que ce temps était le même que pour tout autre patient.
 
Parmi les moyens qui ont amélioré l'articulation, Jérôme Malfroy a cité les fiches de liaison, l'amélioration des courriers de sortie, l'instauration de lignes directes pour joindre les bons interlocuteurs dans les établissements, une réorganisation des secrétariats, le recours à la télémédecine, l'intervention de l'hospitalisation à domicile (HAD) dans les FAM et MAS, ou encore un travail sur les prescriptions médicamenteuses entre établissements et pharmaciens de ville. 
 
Au vu des retours dont elle dispose déjà, l'ARS entend généraliser ces expérimentations, selon des modalités qui restent à définir avec les acteurs. Les résultats définitifs sont attendus "d'ici la fin de l'année". Le suivi des projets menés se traduira notamment par une évaluation annuelle. /nc/mb
 

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