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Coronavirus : le guide plan blanc actualisé en 2019 définit une nouvelle "cellule de crise hospitalière"

Crédit : Shutterstock
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PARIS, 2 mars 2020 (TecHopital) - En cas de situation sanitaire exceptionnelle (SSE), le plan blanc, dont le guide a été actualisé en 2019, permet d'avoir une réponse globale en cas d'épidémie par exemple et définit aussi une nouvelle "cellule de crise hospitalière", beaucoup plus structurée qu'auparavant.

Le nouveau guide d'aide à la préparation des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles, publié en avril 2019, vient remplacer le guide "Plan blanc et gestion de crise" qui datait de 2006.

"Cette actualisation prend en considération d’une part, l’évolution de la nature des risques et des menaces (dont sanitaires), et d’autre part, les enseignements tirés des crises ou événements rencontrés ces dernières années (en particulier les attentats de 2015 et 2016 mais aussi les épidémies à virus Ebola, MERS-CoV, Chikungunya et Zika)", précisent les auteurs dans leur présentation.

"Il était temps d'avoir un plan à réponse globale, avec des outils génériques", a expliqué Joël Pannetier, médecin urgentiste référent SSE au CH du Mans, qui l'a présenté lors des dernières journées Hopitech.

La doctrine nationale de planification a donc évolué. Initialement basée sur des plans spécifiques, elle a glissé vers la définition de stratégies de réponse globale, adaptées aux différents niveaux d’intervention territoriale. Ce cadre de planification, défini en 2014, repose sur le dispositif d’organisation de la réponse du système de santé (Orsan) aux situations sanitaires exceptionnelles.

Crédit : Ministère de la santé
Ce guide de 90 pages (sans les annexes) met ainsi à disposition des directeurs d’établissements, des présidents de commission médicale d’établissement et des personnels des établissements de santé publics et privés un cadre général ainsi que des outils de planification opérationnels et de gestion de crise, quelle que soit la nature de l’événement.

A noter qu'une SSE désigne "la survenue d'un évènement émergent, inhabituel et ou méconnu qui dépasse le cadre de la gestion courante des alertes au regard de son ampleur, de sa gravité ou de son caractère médiatique et pouvant aller jusqu'à la crise".

Comment s'organise la réponse en France ?

Depuis 2014, le dispositif Orsan, porté par l'agence régionale de santé (ARS), vise à prévoir les parcours de soins des victimes. Il définit le parcours de soin des malades. Ce sont des contrats opérationnels passés entre l'ARS et les établissements de santé.

La coordination nationale, est quant à elle portée par le centre opérationnel de régulation et de réponse aux urgences sanitaires sociales (Corruss).

Face au coronavirus, c'est le cinquième module du dispositif Orsan, Orsan Reb (c'est à dire l'ancien Orsan bio), dédié au risque épidémique et biologique, qui doit être activé. Il "structure la prise en charge de malades confirmés", permet de "ralentir l'introduction du risque sur le territoire" ou permet d'"enrayer rapidement un risque épidémique".

Entre les établissements de première ligne experts, les établissements de première ligne, les établissements de deuxième ligne et tous les autres établissements, "chaque établissement doit acquérir une posture minimale. Il doit être en mesure d'accueillir des patients non régulés par le Samu y compris ceux qui n'ont pas de service des urgences", a précisé Joël Pannetier.

Dorénavant deux niveaux de plan blanc

"Dorénavant, nous disposons de deux niveaux de plan blanc. La cellule de crise hospitalière est mise en place dès le premier niveau, c'est-à-dire au niveau du plan de mobilisation interne. Le second niveau étant le plan blanc", a souligné le référent SSE.

Le poste de directeur médical de crise est nouveau. "C'est un médecin formé en médecine de catastrophe qui connaît tous les plans de l'établissement et qui porte la responsabilité de la coordination médicale en jouant le rôle d'interface entre les différents services et notamment entre le Samu et la cellule de crise hospitalière", a-t-il ajouté. "Un lien qui souvent posait un problème."

"La cellule de crise hospitalière proposée dans ce nouveau guide présente beaucoup de nouveautés. Elle est beaucoup plus structurée qu'avant", a poursuivi Joël Pannetier.

"Au minimum, deux cellules doivent être mises en place : une cellule 'situation-coordination' qui est dans le feu de l'action", qui réceptionne l'information et la traite et "qui propose des sorties de crise". Elle est composée de cellules fonctionnelles (cellule sûreté-sécurité, communication, suivi des victimes et des familles, organisation de la prise en charge médicale, fonctions supports) qu'on activera en fonction de la crise. L'autre cellule est la cellule "de décision" (comprenant le directeur général ou le directeur de garde si le DG est absent) "pour valider, arbitrer les décisions stratégiques".

Des outils logistiques ont été proposés pour cette cellule de crise "qui doit être bien équipée". Elle doit surtout être "activable 24h/24, 7 jours sur 7, et être placée dans un lieu sécurisé", disposer de grandes tables, de connexions Ethernet, du wifi accessible mais aussi des lignes sécurisées, GSM, un téléphone satellitaire, des chargeurs, téléviseurs mais aussi des annuaires actualisés de crise (équipe de crise du site, institutions, personnels des autres hôpitaux, interprètes bénévoles, etc.).

Il faut aussi "prévoir le nécessaire pour les situations qui durent". Bien sûr, l'activation d'une cellule de crise doit être expérimentée, testée à l'avance, être un objet d'exercice.

Un système d'alerte interne efficient doit être mis en place, avec des solutions d'automates de rappel du personnel.

La gestion des flux patients va passer par la régulation Samu. "Le triage des patients en est la base avec un point d'entrée unique dans l'établissement." La mise en place d'une cellule identitovigilance avec des patients enregistrés dans les logiciels Sinus/Sivic est devenue incontournable. "Un système de transport interne robuste est également nécessaire."

"Il faut des procédures pour la montée en puissance de moyens matériels supplémentaires mobilisables". En interne, il existe des stocks locaux. "Il s'agit alors de réaffecter ces stocks usuels, faciliter la reconstitution de dispositifs réutilisables. L'établissement a le devoir de constituer des stocks tactiques, en plus des stocks tactiques zonaux (PSM 1, 2 , PED, antidotes)."

Si l'évacuation, le confinement, la sécurisation "doivent être préparés en amont". La réponse "doit être graduée, proportionnée", a complété le référent SSE.

Enfin, chaque établissement doit identifier son rôle par rapport à chacun des modules de l'Orsan. Le minimum pour le volet Reb est d'"accueillir et détecter les cas suspects non régulés et mettre en œuvre des mesures d'isolement y compris aux urgences".

A noter que le guide contient des outils (fiches, méthodologies, etc.) en annexe ainsi que des cahiers documentaires sur différentes thématiques (rôle des différentes autorités et structures compétentes, parcours de prise en charge de nombreuses victimes, etc.).

gdl/ab

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