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Créer une plateforme de transports sanitaires en établissement prend au moins un an et demi (Anap)

Crédit : Fotolia
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PARIS, 27 juin 2019 (TecHopital) - Dans une enquête nationale publiée le 24 juin sur la mise en place d'un "service de centralisation de commande de transports sanitaires", réalisée dans 10 établissements publics et privés, l’Anap constate qu'un délai incompressible d'un an et demi est nécessaire pour la mise en place de ces plateformes.

Un panel de 10 établissements "divers et complémentaires par leur taille, leur statut (CH, CHU, Espic, CLCC, clinique privée) et leurs périmètres (établissement, groupement hospitalier de territoire -GHT-, territoire ou région) a été constitué" par l'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) pour étudier différentes expériences de service de centralisation des demandes de transports.

L'enquête a été réalisée auprès des CHU de Montpellier, Dijon et Rennes, du centre hospitalier intercommunal (CHI) de Toulon, des centres hospitaliers (CH) de Troyes et d'Haguenau (Bas-Rhin), de l'Hôpital Paris Saint-Joseph, du centre de lutte contre le cancer (CLCC) Léon-Bérard à Lyon, de la clinique Belharra de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) ainsi que de la plateforme régionale liée à l’agence régionale de santé (ARS) Nouvelle-Aquitaine.

"Avec ces 10 établissements, nous disposons d'approches historiques différentes, d'une diversité de problématiques", a expliqué le 14 juin Jamel Mahcer, l'un des auteurs de l'étude, lors des journées de formation de l'Association nationale des responsables de transports et de la logistique à l'hôpital (ARTLH).

L'idée sous-jacente à cette enquête était d'"aller regarder des établissements précurseurs", en matière de réorganisation des transports sanitaires, a souligné le chef de projet de l'Anap.

Pour l'agence, l'un des principaux enseignements de ce retour d'expérience est que "la mise en place d'un service de centralisation de commande de transport est la première étape préalable et indispensable pour commencer à professionnaliser la fonction transport" des établissements de santé.

"Le délai moyen pour la mise en place d'un tel dispositif est d'environ un an et demi à deux ans." Mais quels que soient les établissements, ce délai "semble incompressible". "Ce n'est pas la mise en place de la solution technique SI qui prend le plus de temps mais la concertation, l'embarquement de l'ensemble des acteurs et plus particulièrement les échanges avec les transporteurs", commentent les auteurs.

L'étude révèle plusieurs facteurs déclencheurs à l'origine d'une réorganisation: une mauvaise maîtrise des coûts de transport (à l'instar des CH d'Haguenau, de Troyes et de l'Hôpital Paris Saint-Joseph) ou encore l'anticipation de l'impact financier de l'article 80 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2017 (cf dépêche TecHopital) (à l'instar du CHI de Toulon) ou bien l'optimisation de l'aval des urgences et la gestion des lits (CHI de Toulon ou de la clinique Belharra).

Le pilotage opérationnel de la fonction transport implique "un véritable chef d'orchestre dédié à ce sujet pour interagir avec les acteurs internes et externes", avertit l'Anap.

De plus, l'analyse et l'exploitation des données doivent être pertinentes pour piloter efficacement l'activité et obtenir des résultats. "Les données manipulées étant très riches, il est indispensable qu'elles soient exploitées via des requêtes ciblées et facilement réalisables. Sans cette fonctionnalité d'analyse et d'exploitation des données, le service apporté par la plateforme restera inefficace", fait remarquer l'Anap.

Le CHI de Toulon, par exemple, a développé "en interne un outil de statistiques 'temps réel' très puissant, interfacé avec le service de centralisation des commandes".

Ces établissements ont également travaillé sur l'optimisation du processus de facturation et de paiement, à la fois pour anticiper les effets de l'article 80, mais aussi pour améliorer les délais de paiement. Ainsi la clinique Belharra de Bayonne facture dorénavant à 15 jours. Le CHU de Dijon facture à 30 jours tout comme le CHU de Montpellier.

Autre constat, "malgré une centralisation des commandes de transport, peu d'établissements ont mis en place le transport partagé".

Des difficultés à estimer l'impact financier

L'Anap note qu'aucun véritable modèle économique ne se dégage de ces retours d'expérience "en raison de la complexité du sujet, du peu de recul dont on dispose et de solutions insuffisamment stabilisées". Cependant, l'étude révèle que la clinique Belharra a estimé un gain de temps soignant d'un demi-ETP par la mise en place de ce service. L'Hôpital Paris Saint-Joseph a calculé une augmentation de ses dépenses de transport s'élevant à 10,2% pour la période 2016-2017, mais une augmentation nettement plus faible voire stabilisée pour 2017-2018, avec 1%.

Côté dépenses, l'étude souligne le fait qu'"acquérir un logiciel génère un coût pour l'établissement auquel il faut ajouter de coûts de maintenance et d'exploitation". L'avantage de cet achat est que la plateforme reste pilotée par l'établissement.

A noter que les établissements qui possèdent historiquement un service de brancardage centralisé n'ont qu'un "investissement financier minimal pour intégrer le service dans l'outil".

D'ailleurs certaines ARS participent à l'acquisition du logiciel: c'est le cas pour l'hôpital d'Haguenau, le CHU de Montpellier et la clinique Belharra de Bayonne.

Anap, Plateforme de centralisation de commande de transports - Retour d’expériences

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