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Des habits confortables et chics pour habiller les personnes âgées dépendantes

L'un des vêtements proposés par l'association Eglantine - Crédit: communication HUPNVS
L'un des vêtements proposés par l'association Eglantine - Crédit: communication HUPNVS

PARIS, 8 mars 2018 (TecHopital) - Habiller gratuitement, sans douleur et joliment des personnes âgées en perte d'autonomie, c'est le credo de l'association Eglantine, soutenue par l'hôpital gériatrique parisien Bretonneau (AP-HP), où elle officie, et par la Fondation Apicil.

L'association créée par Colette Marcotorchino fait le lien entre l'établissement gériatrique et les familles de patients hospitalisés. Depuis six ans, elle œuvre aussi à révolutionner l'habillement de ces derniers, et ce, gratuitement.

Tout a commencé avec la belle-mère de Colette Marcotorchino, à son admission à l'hôpital, au début des années 2000. "Je sentais qu'il y avait des difficultés à lui passer ses chemisiers mais elle voulait rester coquette", a relaté sa bru.

La présidente de l'association s'est alors attelée à la machine à coudre et a commencé à "adapter" les vêtements, créant notamment des fermetures dans le dos à l'aide de bandes de boutons pression et des fermetures éclair jusqu'en bas des jambes.

Remarquant "le confort" apporté à sa belle-mère, elle en touche un mot à la cadre de santé de l'hôpital de l'époque, et celle-ci organise une réflexion avec l'équipe de soins sur la question. "On a travaillé de concert avec les aides-soignants", a complété l'intéressée, Hélène Matsushita. "La bientraitance était un axe de soin, et on y a inclus ce projet".

Décision a été prise d'acheter 200 T-shirts en coton, "adaptés" par l'atelier de couture mis en place par l'association Eglantine et distribués à tous les patients en service de longue durée.

De fil en aiguille, de nombreux bénévoles ont rejoint le projet. Depuis 2016, une centaine de vêtements ont été créés et de nombreux autres, adaptés.

Pourtant, "il a fallu convaincre les familles", a expliqué Colette Marcotorchino. "Voir leur proche en pyjama est déprimant" mais, pour autant, "toucher aux vêtements paraissait irréalisable" au départ.

Autre difficulté à contourner par des astuces de couture, les vêtements pour les hommes, et les cas où les personnes doivent porter des ceintures de contention.

Depuis septembre 2017, elles sont quatre couturières bénévoles à plein temps. "Les tenues évoluent, j'ai de plus en plus de beaux vêtements, ils sont gais, ce qui permet de donner de la joie et de la dignité aux patients", s'est réjouie la présidente de l'association Eglantine.

La distribution se fait simplement, selon les besoins repérés par les soignants. Une autre association au sein de l'hôpital, Vivre à Bretonneau, qui disposait déjà d'un local pour distribuer des vêtements d'occasion, met sa "boutique" à disposition pour stocker les pièces.

Restaurer "dignité et image de soi"

L'équipe de l'hôpital a rapidement été convaincue. Le Dr Virginie Fossey-Diaz, chef du service gériatrique, a salué des vêtements "beaux, pratiques et élégants" qui envoient valser "l'éternelle casaque de l'hôpital [qui laisse] les jambes à l'air".

Le Dr Olivier Drunat, chef du service de psychogériatrie, a insisté sur les douleurs morales des patients et la restauration de la dignité et de l'image de soi, notamment pour les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer. "Les voir bien habillées, même très dépendantes, ça change tout", a-t-il assuré.

"Cette idée, simple et géniale, est porteuse de sens. Je trouve intéressant que les professionnels, les familles et les bénévoles réfléchissent ensemble à un changement de culture [...] Accepter un regard extérieur sur la pratique du soin, ce qui n'est pas évident à l'hôpital, nous permet d'être dans la bonne approche", a-t-il insisté.

Le projet étendu à l'Ehpad Adélaïde-Hautval de Villiers-le-Bel

Un tel succès appelle au déploiement, mais Colette Marcotorchino dit manquer de moyens. "Le travail de fabrication est énorme, car le vestiaire d'un patient est énorme, c'est une vraie entreprise !", a-t-elle lancé. Les couturières travaillent d'ailleurs chez elle, en attente d'un local.

Le financement arrive aussi au compte-gouttes. L'association Eglantine a reçu le trophée Patients de l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP) en 2017, soit 4.000 euros, et a été subventionnée à hauteur de 3.000 euros par la Fondation Apicil contre la douleur.

Nathalie Aulnette, directrice de la fondation, a justifié ce choix par le fait que l'idée fait "du bien aux patients et soulage le travail des soignants", qui n'ont ainsi plus peur de faire mal lors de l'habillage.

Mais ces enveloppes étaient ponctuelles et les frais, surtout en mercerie et en tissu, restent conséquents. Le projet ne perdure que grâce aux adhésions à l'association, à quelques dons des familles et à l'implication des bénévoles, "petites mains" débusquées grâce au bouche-à-oreille.

Toutefois, la directrice de l'hôpital Bretonneau, Christine Paumard, a incité l'association Eglantine à se rendre à l'Ehpad Adélaïde-Hautval, à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), qu'elle dirige également, et qui fait partie du groupe des Hôpitaux universitaires Paris Nord Val-de-Seine.

Colette Marcotorchino a déjà commencé à s'occuper des résidents, et a livré des robes à une dame "qui doit rester allongée et n'accepte pas d'être en chemise".

"Les soignants et les résidents sont très emballés par le projet, c'est vraiment une aide importante et appréciée", a encouragé Christine Paumard.

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