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Des masques de plongée transformés pour protéger le personnel de santé

Crédit : Pr Erwan L'her
Crédit : Pr Erwan L'her

PARIS, 21 avril 2020 (TecHopital) - Plusieurs initiatives ont été annoncées le 14 avril dans des communiqués distincts pour transformer un masque de plongée en masques pour protéger les professionnels de santé, afin de pallier la pénurie de protection liée au coronavirus.

"Notre solution est un adaptateur pour filtres antiviraux qui se fixe aux masques de plongée EasyBreath* de Decathlon", a expliqué François-Clément Grancourt, directeur général de la division briquet chez Bic, interrogé le 15 avril par APMnews (site du groupe APM International dont fait partie TecHopital).

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Il permet de protéger les professionnels de santé contre le transfert de micro-organismes, de fluides corporels et de particules, lorsqu'ils manipulent les patients atteints ou suspectés de Covid-19.

"L'idée de départ est venue du Pr Manu Prakash et son équipe de l'université de Stanford [Californie], il y a environ un mois", a précisé le directeur. "Il a ensuite organisé des groupes de travail ou consortiums par continent", a-t-il ajouté.

Aujourd'hui, le consortium européen est composé d'une centaine de personnes venues de divers univers, notamment de Plankton Planet, du CNRS, de la fondation Tara océan, du CHU de Brest, du centre hospitalier (CH) de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine), de Sorbonne Université, de l'hôpital Armand-Trousseau (AP-HP), de deux fablab (Atelier PontonZ et UBO Open Factory), d'Evanov, des industriels Decathlon et Bic, en partenariat avec l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, Elliptika et FM Logistic.

"Tout le monde travaille gratuitement sur ce projet", a insisté François-Clément Grancourt.

"Cet équipement a été conçu pour être porté uniquement par les professionnels de réanimation à l'hôpital car seul l'hôpital permet de respecter les conditions d'utilisation et en particulier de désinfection de ce type de matériel", a-t-il souligné.

La base est un équipement de loisir de catégorie 1 avec un marquage CE, et les processus de décontamination pour une utilisation à l'hôpital sont "absolument clés". "Il n'y a qu'à l'hôpital que cela peut se faire correctement", a-t-il martelé.

Le directeur chez Bic a indiqué qu'il s'agissait d'une "solution d'urgence, par nature dégradée". "C'est un substitut réutilisable aux équipements de protection individuelle réglementaire (masques FFP2 et lunettes), lorsqu'il n'existe pas d'autres moyens de protection approprié", a-t-il ajouté.

L'équipement de protection individuelle (EPI) de catégorie 3 est disponible dans différentes tailles pour s'adapter au mieux aux visages des utilisateurs.

Après 18 jours de travail en commun, l'adaptateur a été dessiné, imprimé en 3D pour les essais d'utilisation en milieu hospitalier. Un moule a été conçu et la production industrielle a été lancée.

L'équipe européenne a déposé le 10 avril un dossier réglementaire pour une homologation auprès de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) qui a validé l'équipement mardi. "Des contacts avec l'agence sanitaire avaient été pris en amont afin que le dossier soit complet et que l'évaluation soit la plus rapide possible", a-t-il indiqué.

Il a insisté sur le fait que 25.000 adaptateurs allaient être livrés d'ici une dizaine de jours aux hôpitaux, selon la liste d'expédition de Décathlon qui avait déjà fourni gratuitement ses masques pour que les soignants puissent l'utiliser avec l'ensemble agréé.

"Le CHU de Brest, qui nous a aidés dans la conception du produit et a participé au test, a d'ailleurs déjà été livré hier [le 14 avril]", s'est réjoui le directeur.

Une notice sera jointe pour que les personnels de santé puissent s'assurer de la bonne utilisation du matériel.

Le directeur de la division briquet de Bic n'a pas souhaité en dire davantage sur les capacités de production. "Lorsqu'un moule vient d'être mis en fonctionnement, il peut faire de très bonnes performances et le lendemain, la production peut être moyenne. C'est très instable. Nous en saurons un peu plus dans quelques jours", a-t-il relaté.
Il a rappelé que des discussions étaient en cours avec le ministère des solidarités et de la santé. "On se tient prêt à expédier des dizaines de milliers de masques et adaptateurs selon les besoins. Il est trop tôt pour parler de production encore plus large", a-t-il observé.

En cas de commandes additionnelles, Bic sera en charge de la production des adaptateurs. L'entreprise les enverra ensuite à FM Logistic, qui dispose d'un entrepôt central. Décathlon devra également envoyer ses masques à l'entrepôt pour assemblage. Le tout sera ensuite réexpédier vers les hôpitaux.

"Pour le moment, tout est gratuit. Mais tout dépendra de l'échelle pour la suite des événements et des commandes envisagées par le ministère [des solidarités et de la santé]. Bic mettra à disposition les adaptateurs à titre gratuit quelle que soit la quantité demandée. Mais je ne souhaite pas m'engager pour les autres acteurs", a-t-il expliqué.

Tous les documents, notices d'utilisation et plans 3D sont disponibles à l'adresse adaptateur-masque.planktonplanet.org

L'initiative de Safran et Segula Technologies

Dans la même veine, l'industriel Safran a annoncé le 14 avril une collaboration avec Segula Technologies, société spécialisée en ingénierie de production, et le soutien de l'Institut de recherche biomédicale des forces armées françaises (Irba) afin d'adapter le même masque de plongée EasyBreath* de Décathlon avec un kit Covid-19.

Les masques modifiés sont à l'attention des soignants et des patients sous respirateurs. Safran a précisé que, pour les soignants, il offre une protection en filtrant l'inhalation via deux filtres dans les conduits supérieur et inférieur du masque. L'efficacité des filtres est de 99,99%.

Pour les patients, le conduit supérieur filtre l'expiration, ce qui limite la contamination de l'environnement, tout en permettant une oxygénothérapie, tandis que le conduit inférieur est équipé d'un kit d'assistance respiratoire. De plus, il peut être rapidement réutilisé après avoir été décontaminé par trempage.

"Le risque associé aux gouttelettes d'air transportant le virus est exacerbé par le fait que les patients en détresse respiratoire ont besoin d'oxygène supplémentaire, ce qui peut augmenter le risque d'exposition aux gouttelettes expirées et donc le danger de contamination", a souligné Safran.

L'industriel français a indiqué avoir fourni 200 masques modifiés aux hôpitaux universitaires.

Les tests ont été effectués à l'Irba et au CHU Henri-Mondor à Créteil. Ils ont prouvé l'efficacité du masque qui protège le soignant, limite la contamination des abords et supporte les traitements à l'oxygène.

Les deux entreprises ont mis en accès libre les fichiers nécessaires à l'impression 3D, basée sur une licence gratuite, permettant ainsi aux hôpitaux et aux professionnels de santé de réaliser leurs propres kits d'adaptation. Les fichiers sont disponibles à l'adresse www.safran-group.com/fr/kit-easybreathtm-anticovid.

"Notre solution et celle développée par Safran sont complémentaires", a développé François-Clément Grancourt, interrogé le 15 avril par APMnews. "Vu que nous sommes partis de la même base, nous avons énormément partagé d'informations entre les équipes, notamment les tests, les plans, les technologies de production (injection-moulage), l'impression 3D", a-t-il relaté.

cp/ab

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