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Des têtards au service du développement durable à l'hôpital d'Evry

PARIS, 3 janvier (Direct Hôpital) – Une station de surveillance des rejets médicamenteux fonctionnant grâce à des têtards va être mise en place début 2013 au centre hospitalier sud-francilien d'Evry (Essonne).

Plus de 10% des substances médicamenteuses présentes dans les eaux de surface en France proviennent des établissements hospitaliers. Des résidus de médicaments dont "les principes actifs sont justement calculés pour agir à faible dose", s'alarme le docteur Gregory Lemkine, fondateur de Watchfrog, société de biotechnologie dédiée à la surveillance de l'environnement, qui coordonne un projet de surveillance des effluents d'hôpitaux, la Station de vigilance des eaux hospitalières (SVEH).

Cette station mesure grâce à des têtards fluorescents la présence de polluants dans les eaux. "Plus l'échantillon est pollué, plus le têtard s'allume", résume le PDG de Watchfrog. Ces larves aquatiques permettent aussi de mesurer les effets physiologiques de ces polluants, soupçonnés d'interférer avec les équilibres hormonaux. Les têtards s'avèrent être de bons modèles prédictifs pour mesurer l'impact des polluants sur les fonctions endocriniennes, angio-géniques, immunitaires et neuro-géniques des mammifères.

Pour mener à bien cette mission de surveillance et d'analyse, Watchfrog est accompagnée par les entreprises Toxem, spécialiste de l'évaluation de la toxicité génétique, Profilomic, société d'analyse métabolique et Alyxan, chargé de détecter en temps réel les composés en très faible concentration.

Les quatre partenaires installeront leur première station mobile début 2013 au centre hospitalier sud-francilien (CHSF). Un choix dicté par sa situation géographique – il se trouve à quelques centaines de mètres du Genopole d'Evry, où est basée Watchfrog – mais pas seulement. L'autre intérêt du CHSF est qu'il possède un réseau des eaux usées divisé en plusieurs basins de décantation, en fonction des services. Une partition qui permettra à la station mobile de fournir, dans six à douze mois, une cartographie détaillée des rejets et facilitera le choix des stratégies pour mieux les maîtriser.

L'objectif, à terme, est de limiter les rejets de polluants à la source, plutôt que de les laisser s'écouler jusqu'aux stations d'épuration, où ils sont difficilement éliminables. Le syndicat intercommunal des eaux (Siarce), situé à Corbeil-Essonnes, considère l’utilisation à terme des paramètres biologiques validés par le projet pour le futur calcul de la taxe d’assainissement, qui pourrait alors diminuer pour l'établissement.

Après la cartographie des rejets, la seconde phase du projet, un système de surveillance en continu, sera mise en place en 2014 et proposé à la vente aux autres hôpitaux.

Considérée comme un "projet de recherche et développement à fort potentiel économique et environnemental", la Station de vigilance des eaux hospitalières a été sélectionnée par les ministères du Redressement productif et de l'Environnement dans le cadre de l'appel à projet éco-industries 2012. Elle a ainsi obtenu un financement de 700.000 euros sur un coût total de développement estimé à 1,35 million d'euros.

Quant à l'hôpital, son implication est limitée à la mise en place d'une équipe technique chargée du suivi du projet. Une mise en œuvre qui, si elle est inédite pour un hôpital, a déjà été mise en pratique ailleurs: Watchfrog mesure déjà, grâce aux têtards, les polluants de plusieurs usines et réalise des tests sur des stations d'épuration à Pau, Melun et Bruxelles./mb/av

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