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Développement durable: des gouvernances adaptées aux structures pour une mise en oeuvre plus efficace

PARIS, 26 janvier 2015 (Direct Hôpital) - L'Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) a fait témoigner des responsables d'établissements de taille et statut différents sur la gouvernance mise en place pour piloter le développement durable, jeudi lors d'une journée consacrée à la "Responsabilité sociétale des établissements de santé et médico-sociaux".

Cette première journée nationale sur ce thème, organisée en lien avec le Commissariat général au développement durable et les fédérations (FHF, FHP, Fehap, Unicancer, Uniopss, Fnaqpa), a réuni plus de 200 personnes à Paris. Des éclairages d'acteurs engagés dans ces démarches et des retours d'expérience terrain ont été présentés.
 
Une table ronde sur la juste gouvernance nécessaire au pilotage stratégique et opérationnel du développement durable selon les structures a notamment été organisée.
 
"Si l'établissement n'a pas de dirigeant conscient et impliqué dans la démarche, elle ne marchera pas", a insisté Yvan Saumet, président de la polyclinique de Blois. Le développement durable est un "engagement fort" de son projet d'établissement, a-t-il indiqué.
 
La polyclinique, qui compte 450 salariés, n'a pas embauché de responsable formé spécifiquement au développement durable. D'abord pour une question "de moyens", mais aussi "par choix, car nous voulons que les volontaires s'impliquent sur le terrain, en fonction de leur intérêt".
 
Le personnel a donc ouvert "un maximum de thématiques" (achats, déchets, énergie, etc.) en fonction des volontés exprimées, puis des groupes de travail se sont formés. Ils se réunissent tous les trimestres pour présenter leurs travaux. Les éventuels arbitrages sont réglés "immédiatement" à cette occasion.
 
La polyclinique de Blois fait appel à des cabinets extérieurs pour les sujets les plus techniques, comme le bilan carbone, l'évaluation des risques chimiques ou le diagnostic énergétique. "Il n'est parfois pas nécessaire d'intégrer en interne des compétences lorsqu'elles sont disponibles et plus souples à l'extérieur", a estimé Yvan Saumet. Cela fait "partie des gènes du privé", a-t-il concédé.
 

Un contexte différent à Lille

 
Le contexte du CHU de Lille, où travaillent 15.500 professionnels, est différent. "Notre challenge a été de passer d'actions ponctuelles de développement durable à la structuration d'une réelle gouvernance et stratégie", a expliqué Philippe Vandewoestyne, directeur management des risques du CHU.
 
L'établissement a d'abord travaillé sur la mise en place d'une gouvernance sur la gestion des risques, avant de passer "progressivement" mais "tout naturellement" au développement durable, après 2008. Un projet stratégique développement durable a été mis en place, avec la constitution d'une équipe pluridisciplinaire qui a identifié huit objectifs à mettre en place entre 2009 et 2011.
 
Une seconde phase a été de "donner du sens" à cette action, en l'intégrant dans le projet d'établissement 2012-16. Quinze grands projets ont été "priorisés, validés, par toutes les composantes de l'institution, y compris par les organisations syndicales et les usagers". Chaque projet est dirigé par un chef de projet métier, un ingénieur et une gouvernance dédiée (comité de pilotage ou comité de travail).
 
Suite à l'audit d'un cabinet de consulting, le CHU a aussi "construit une stratégie pour toucher les 15.500 salariés" et "industrialiser les actions du terrain". Une triple gouvernance a été mise en place. Elle se compose d'un comité stratégique travaillant en lien avec l'extérieur (Conseil régional, Ademe, université de Lille, etc.), d'une délégation développement durable (1,2 ETP de temps d'ingénierie) et d'un comité d'organisation opérationnelle composé, entre autres, de l'ensemble des chefs de projets.
 
Le centre hospitalier Alès-Cevennes (Gard), premier hôpital français certifié "haute qualité environnementale" (HQE) a lui aussi intégré le développement durable dans son projet d'établissement, avec un chapitre dédié.
 
L'hôpital s'est engagé dans le système communautaire de management environnemental et d'audit (Emas), une certification portée par la Commission européenne qui vise à limiter les nuisances et les pollutions de l'environnement et à améliorer les conditions de travail, dans le cadre d'une amélioration continue, a indiqué Delphine Carrière, directrice adjointe.
 
"Le management environnemental prend la forme d'un comité de pilotage qui définit la politique développement durable avec la direction et assure un rôle de conseil", a-t-elle expliqué. Ce comité se réunit trois fois par an et est assisté, sur le terrain, de "référents développement durable". Ces "personnes ressources" animent des groupes de travail (énergie, eau, achats, déchets, etc.) et font part de l'avancée de leurs travaux au comité de pilotage.
 

Un stagiaire éco-conseiller à Strasbourg

 
Face à ces trois retours d'expérience, "je suis impressionné mais excité de montrer ce que nous sommes capables de faire avec nos moyens", s'est félicité Stéphane Buzon, directeur général du pôle senior de l'association Emmaüs-Diaconesses, à Strasbourg, qui regroupe trois établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et un foyer logement.
 
Ce pôle senior, après avoir mené plusieurs actions de développement durable "sans gouvernance" depuis 1998, a accueilli en 2012 un "stagiaire éco-conseiller" -qui a depuis été embauché. L'objectif était de "poursuivre ce que nous avions engagé sans savoir où nous allions, de l'amplifier et de le faire connaître", a expliqué Stéphane Buzon.
 
L'institution a alors informé de sa démarche son conseil d'administration, ses partenaires sociaux, le conseil de vie sociale et ses partenaires extérieurs. Il a ensuite mis en place un comité de pilotage regroupant ces différentes entités.
 
Stéphane Buzon a, à son tour, expliqué l'importance d'une adhésion de la direction d'établissement, en ajoutant qu'il était "aussi important que tout le monde adhère". Une formation développement durable a donc été proposée aux salariés "pour leur donner envie d'évoluer dans cet univers". Il a aussi expliqué l'importance des récompenses, comme les Trophées Hôpital durable (à lire aussi : Hôpital durable : 13 projets reproductibles et souvent bon marché) pour motiver le personnel et valoriser leur travail.
 
mb/san/ab

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