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Développement durable: un critère "plus facile à prendre en compte" grâce à l'évolution des mentalités (acheteurs)

PARIS, 1er juin 2015 (Direct Hôpital) – Le critère développement durable est de plus en plus souvent intégré par les acheteurs dans leurs marchés, grâce à une évolution des mentalités, ont témoigné plusieurs responsables de la fonction achat à l'occasion des salons santé autonomie, le 21 mai à Paris.

Ils se sont exprimé à l'occasion d'une conférence plénière organisée sur l'agora développement durable, intitulée "le choix des fournisseurs: une question stratégique et un enjeu clé de développement".

Véronique Chasse, responsable achats à la Fédération des établissements hospitaliers et d'aide à la personne (Fehap), est d'abord intervenue pour expliquer que la fédération avait commencé à intégrer des critères développement durable dans ses marchés après avoir repéré "des pratiques étranges".

Elle a cité le cas de membranes de dialyse, produites en Allemagne, envoyées au Japon pour y être assemblées puis renvoyées outre-Rhin. "Notre premier marché de membranes de dialyse intégrait donc une clause visant à connaître les politiques des différents groupes" en matière d'emballage, d'empreinte carbone ou de gestion des flux énergétiques, a-t-elle indiqué.

La Fehap a rédigé un "clausier" qui, pour chaque famille de produits, répertorie les clauses applicables en matière de développement durable et de responsabilité sociétale des entreprises (RSE). Pour les produits d'incontinence, un critère concerne les matières premières et un autre les flux de transport, a-t-elle donné pour exemple.

"On a mis en place les outils nécessaires pour que les établissements aient les clefs pour intégrer ces critères", a résumé Véronique Chasse. Pour elle, une politique développement durable n'est aujourd'hui "pas difficile à mettre en place" car "les mentalités ont changé" tant au niveau individuel que collectif.

Véronique Marco, directrice adjointe des achats au CHU d'Angers a témoigné sur la politique d'achats durables mise en place depuis 2008 par l'établissement (lire aussi: Déchets: le matériel à usage unique en question au CHU d'Angers). Elle a notamment expliqué que l'établissement a intégré à chaque appel à marché un questionnaire concernant les pratiques des entreprises. Par exemple, les prestataires chargés de récupérer les déchets doivent préciser s'ils disposent d'une flotte de véhicules écologiques, s'ils ont formé leur personnel à l'éco conduite, etc.

"Ce n'est pas le questionnaire qui fait basculer le choix de l'acheteur, mais il permet de situer l'entreprise dans un cycle d'amélioration", a-t-elle expliqué. Pour les aider à s'améliorer, les questionnaires listent des outils gratuits auxquels elles peuvent faire appel, comme le référentiel RSE mis en place par la région Pays-de-la-Loire et accessible à tous.

Interrogée sur le risque de faire face à des entreprises "enjolivant" leurs réponses, Véronique Marco a précisé que des éléments de preuve doivent être joints aux questionnaires.

Plusieurs conseils aux acheteurs ont été dispensés par Alain Chatenet, délégué général de l'Observatoire des achats responsables (ObsAR) et membre du comité directeur Ile-de-France de la Compagnie des dirigeants et acheteurs de France (CDAF). Il les a d'abord incités à "s'appuyer sur l'existant". Les lois, décrets, ou labels, mais aussi les initiatives locales. "Il y a forcément quelqu'un de votre secteur qui s'est posé la même question que vous à un moment", a-t-il dit.

Alain Chatenet a aussi demandé aux acheteurs de ne pas négliger la RSE. C'est un "levier" pour la fonction achat, qui permet de "donner envie aux acheteurs de dialoguer sur autre chose que le prix", a-t-il observé.

mb/san/

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