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Développement durable en santé : le C2DS publie une photographie des efforts des établissements

Une fois par an, le Comité pour le développement durable en santé (C2DS), qui anime un réseau de plus de 500 établissements sanitaires et médico-sociaux adhérents, présente une photographie de l'engagement de ce secteur dans une démarche de développement durable, en s'appuyant sur les données de l'observatoire IDD Santé Durable*.

Le C2DS présentait le mercredi 11 janvier l'édition 2017 de l'IDD Santé Durable*. Cet outil d'auto-diagnostic des établissements de soins compile les données 2015 des 300 établissements volontaires, dont 50% exercent en médecine, chirurgie, obstétrique et psychiatrie (MCO), 23% en soins de suite et de réadaptation (SSR) et 27% dans les établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad).

Parmi les réponses obtenues, 65% proviennent d'adhérents du C2DS, 55% sont des établissements publics contre 45% de structures privées.

"Cet auto-diagnostic répond précisément au point 1b du manuel de certification de la Haute autorité de santé (HAS) qui interroge le secteur sanitaire sur son engagement et ses réalisations en terme de développement durable", précise le C2DS. Le questionnaire de l'auto-diagnostic est composé d'environ 200 indicateurs, répartis sur 11 thématiques: management/gouvernance, achats, déchets, bâtiment, ressources en eau et énergie, transport, social, sociétal, promotion de la santé, nutrition/restauration et biodiversité.

En ce qui concerne les achats, selon l'indicateur développement durable, 63% des agents sont formés aux achats responsables. Pour les courts séjours (MCO), les critères d'achat responsables sont pour 48% la composition toxicologique des produits et la consommation énergétique, pour 46% l'impact sanitaire des produits ou services et pour 43% la diminution des quantités d'emballages ainsi que le devenir des produits usagers.

En ce qui concerne le secteur des SSR, les critères d'achats responsables sont pour 56% des établissements, la consommation énergétique, le devenir des produits usagers, la proximité des fournisseurs et l'impact sanitaire des produits ou services, pour 52% la composition toxicologique des produits, pour 50% la diminution des références.

Pour les Ehpad, les critères principaux sont: la proximité des fournisseurs, la consommation énergétique et l'impact sanitaire des produits ou services.

En matière de déchets, les établissements de soins produisent environ 50 déchets différents dont seulement 12 sont valorisés.

Ainsi, 50% des établissements de MCO ont réalisé ou prévu de réaliser un état des lieux sur la nature de leurs déchets et la quantité produite, contre 24% des SSR et 48% des Ehpad. 70% des MCO forment leurs équipes à la gestion des déchets, contre 68% des SSR et 38% des Ehpad.

Des efforts à faire sur la qualité de l'air intérieur

Côté bâtiment, tout reste à faire pour la qualité de l'air intérieur. En effet, 55% des MCO ont prévu d'analyser leur air intérieur, contre 38% des établissements SSR. Pire encore, 10% seulement des Ehpad le contrôlent. Pourtant, précise Olivier Toma, gérant de l'agence Primum Non Nocere, filiale de C2DS, "il existe des solutions simples à mettre en oeuvre pour améliorer la qualité de l'air intérieur".

Lors de la construction, l'extension ou la rénovation des bâtiments de soin, environ 25% seulement prennent en compte un référentiel d'éco-construction.

Côté consommation énergétique et consommation d'eau, les établissements de santé sont très énergivores et très gourmands en eau.

La preuve: en 2015, la consommation d'eau dans les établissements de court séjour (MCO) est en moyenne de 419 litres par jour d'hébergement, contre 264 l/j pour le secteur SSR et 210 l/j pour les Ehpad. "Il est possible de faire jusqu'à 20% d'économie d'eau lorsque des compteurs sont installés", affirme François Mourgues, l'actuel président du C2DS.

38% des établissements ayant participé à ce diagnostic déclarent avoir réalisé un audit de leur consommation énergétique et installé des sous-compteurs. Et 34% ont réalisé un bilan carbone de leur bâtiment. Au total, 55% des établissements de santé français déclarent agir et sensibiliser pour réduire leur consommation d'eau et d'énergie.

L'achat de produits locaux progresse

En matière de restauration, les établissements de soins sont sensibilisés à la réduction du gaspillage alimentaire et l'étiquetage des produits.

Ainsi, en 2015, 17% mesurent leur gaspillage alimentaire et 18% ont mis en place des actions pour lutter contre ce gaspillage. 25% intègrent des produits issus de l'agriculture biologique ou raisonnée dans leurs repas (dans les Ehpad, le pourcentage est passé de 33% à 8% entre 2014 et 2015). Et 43% déclarent acheter des produits locaux.
Les conditionnements jetables sont supprimés dans 31% des établissements (avec une progression de 11 points pour le secteur MCO passant de 25 à 36%).

Enfin, un nouvel indicateur a été ajouté à l'IDD Santé Durable*: il concerne la biodiversité.

En moyenne, 38% des établissements de santé ont réduit, voire supprimé les produits phytosanitaires pour l'entretien de leurs espaces verts et des plantes situées à l'intérieur. "Et ce alors que l'interdiction de l'usage des pesticides dans les espaces verts publics ne les concerne pas", précise Olivier Toma.

De plus, 45% (dont 65% des Ehpad) ont aménagé des espaces dans lesquels les patients peuvent profiter de la nature et d'ateliers de jardinage.

En conclusion, le C2DS estime que de gros efforts peuvent être réalisés dans le traitement des déchets. "Les verres médicamenteux, le métal à usage unique (Dasri) et les couches pourraient être revalorisés", explique-t-il.

Rénovation énergétique: des économies possibles

Enfin, le C2DS plaide pour "la création d'un fonds pour la rénovation énergétique des établissements de soins."

En effet, l'agence Primum Non Nocere a analysé, pour la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), à partir des factures de 270 établissements volontaires, que les 1.298 établissements de santé privés en France consomment 5,8 millions de MWh. Ce qui représente une facture énergétique de 346 millions €. Primum Non Nocere estime le potentiel d'économie d'énergie à 54 millions € par an si les hôpitaux privés s'engageaient dans la rénovation énergétique, soit 141.000 tonnes équivalent CO2 économisées.

Actuellement, "la consommation énergétique du secteur hospitalier ne diminue pas car la transition énergétique n'a pas été financée. Tout reste à faire !," conclut Olivier Toma, qui renvoie la balle dans le camp des pouvoirs publics.

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