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Dispensation des médicaments : un circuit modèle au CH d'Aulnay

AULNAY-SOUS-BOIS, 14 avril 2014 (Direct Hôpital) – Le Centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) est le seul hôpital en Europe à avoir entièrement sécurisé son circuit de dispensation des médicaments, de la prescription à l'administration.

Cette sécurisation est allée de pair avec l'informatisation de l'établissement. "Il est impossible de sécuriser complètement une prescription nominative manuelle, explique Arezki Oufella, pharmacien hospitalier. L'informatisation est inéluctable." Les hôpitaux gériatriques et psychiatriques l'ont compris depuis plusieurs années, mais les hôpitaux généraux sont en retard sur le sujet, observe-t-il.
 
Les médecins de l'hôpital sont dotés de chariots équipés d'ordinateurs portables. Chaque prescription est entrée dans l'ordinateur directement au lit du patient, puis transférée à la pharmacie pour validation. 
 
Une fois validée, la prescription est envoyée aux armoires sécurisées de stockage des médicaments, présentes dans les services. Les infirmiers y récupèrent les prescriptions pour ensuite les administrer aux patients. Ils sont eux-aussi équipés de chariots informatisés, qui permettent de valider ligne par ligne l'administration des médicaments.
 
Ce circuit complet, unique en Europe, a été déployé en plusieurs phases depuis 2003. 
 
L'hôpital a commencé par acquérir 32 armoires sécurisées Pyxis, pour un coût de 1,2 million d'euros, entre 2003 et 2007. Après s'être identifié grâce à un lecteur d'empreintes digitales, l'infirmier renseigne l'identité du patient et les tiroirs correspondant aux médicaments prescrits s'ouvrent automatiquement. "Tout est tracé ; l'armoire sait quels médicaments sont sortis et qui en a fait la demande", explique Arezki Oufella.
 
La prescription informatisée a été déployée en 2009 et une centaine de chariots (50 pour les médecins et 50 pour les infirmiers) ont été achetés, pour un coût total d'environ 500.000 euros.
 
L'informatisation du système et l'utilisation des armoires a réduit considérablement le temps nécessaire à la préparation des médicaments par les infirmières. Le suivi des stocks par les machines a aussi permis de diminuer de plus de 40% le nombre moyen de lignes de commande des différents services à la pharmacie centrale et de 80% les demandes de réapprovisionnement en urgence. "Nos simulations montrent que l'investissement a été amorti en quatre ans, grâce au gain de temps du personnel", assure Arezki Oufella.
 
Deux autres avantages sont aussi apparus : "lorsqu'un laboratoire ne peut pas livrer un médicament parce qu'il est en rupture de stock, on peut vérifier si l'un des services de l'hôpital n'en a pas encore quelques-uns", indique Maud Bascoulergue, pharmacienne à l'hôpital. Le système oblige aussi les médecins "à prescrire seulement des médicaments qui sont en stock", ajoute-t-elle. Avant l'informatisation, les infirmiers devaient trouver des équivalences en cas de rupture, ce qui pouvait entraîner des erreurs. "Les infirmiers sont plus sereins", souligne Maud Bascoulergue.
 
Une sauvegarde automatique des données a lieu toutes les trente minutes, ce qui permet de récupérer la dernière prescription d'un patient en cas de panne informatique, précisent les deux pharmaciens.
 
Précurseur dans la mise en place de ce circuit sécurisé dans l'hôpital, la pharmacie veut maintenant aller plus loin. Elle va acquérir à la rentrée 2014 un automate de préparation des prescriptions (à lire aussi : Préparation automatique des médicaments : le CH de Bourges soigne la sécurité). Il gérera les prescriptions des 900 détenus de l'Unité de consultations et de soins ambulatoires (Ucsa) de la maison d'arrêt de Seine-Saint-Denis, des 100 patients de l'hôpital psychiatrique et ceux de l'unité de long séjour. Cela représente 2 millions de doses par an. /mb

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