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Dominique Peljak (directeur du CH de Melun) : "Le développement durable doit être pragmatique, pas une marotte du dirigeant"

Dominique Peljak, directeur du centre hospitalier (crédit photo : CH de Melun).
Dominique Peljak, directeur du centre hospitalier (crédit photo : CH de Melun).

PARIS, 20 mai 2014 (Direct Hôpital) - Le centre hospitalier de Melun (Seine-et-Marne) s'est engagé depuis deux ans au service du développement durable. Cette démarche citoyenne est aussi économique : les factures d'énergie et de traitement des DASRI ont baissé de 10%.

Direct Hôpital : Le centre hospitalier de Melun s'est fortement impliqué dans le développement durable, avec comme axes de travail la maîtrise de ses déchets, de sa consommation énergétique et de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pourquoi cet engagement ?

 
Dominique Peljak : Ca a commencé il y a deux ans. C'est un engagement fort, qui vise à montrer que l'hôpital est une entreprise citoyenne, qui montre l'exemple. Le sujet du développement durable est très important pour notre hôpital et sera un axe fort de notre projet d'établissement 2015-2019, sur lequel nous travaillons actuellement. 
 
Le développement durable doit correspondre à des éléments écologiques, mais aussi économiques. Dans le contexte actuel de maîtrise des dépenses, il est important de conjuguer les deux, sans oublier l'aspect social. Les services de soins, la communauté hospitalière, ne se sentent concernés qu'à partir du moment où on leur fait comprendre l'enjeu global de cette exemplarité citoyenne, écologique et économique.
 
Les chantiers doivent être très pragmatiques, très pratiques. Ils ne doivent pas être seulement une marotte du chef d'établissement.
 
Prenons le cas des Dasri (déchets d'activité de soins à risques infectieux). En un an, nous avons réduit ces déchets de 16 tonnes. Cela représente 11.700 euros d'économies ; une baisse de 12% de la facture. 
 
C'est un travail concret d'association des services de soins au tri sélectif qui se traduit directement dans la maîtrise de nos dépenses. 
 

Quelle a été votre méthode pour parvenir à ce résultat ?

Cela passe en partie par la mise en place d'outils, tels que des réceptacles pour les Dasri sur les chariots de soins. Mais c'est essentiellement un travail de communication, de sensibilisation des personnels : il faut expliquer que le traitement des Dasri coûte 480 euros par tonne à l'hôpital, ce dont les services ne sont pas forcément conscients.

 
C'est pour cela qu'on participe activement à la semaine du développement durable (NDLR : qui a eu lieu du 1er au 7 avril), aux semaines organisées par la communauté d'agglomération, etc. Notre action passe beaucoup par la communication, et ça marche bien. Il y a deux jours, nous avons eu la visite d'Olivier Toma, président fondateur du C2DS (Comité pour le développement durable en santé) et une trentaine de personnes des différents services ont fait le point avec lui.
 

Comment systématiser les bonnes pratiques ?

De plus en plus, je souhaite que dans nos marchés, on ait un critère de choix qui corresponde au développement durable, que ça soit sur de l'achat alimentaire, de la récupération de matériel, etc.

 
Aujourd'hui, c'est partiellement mis en œuvre, mais je souhaite que ça soit systématisé et qu'on intègre dans tous les contrats une clause "développement durable", qui sera bien entendu variable selon les types de marché. Nous allons mettre cela en œuvre très rapidement. 
 

Qu'est ce qui a été mis en place sur la maîtrise des consommations énergétique?

Là encore, cela passe par la communication, mais il y a aussi un aspect matériel. Nous avons progressivement adopté des lampes à basse consommation.

 
La difficulté pour un chef d'établissement est toujours de faire le lien entre l'investissement initial et le coût de fonctionnement global. Ces lampes coûtent plus cher à l'achat, mais sont bien plus rentable sur 2/3 ans. Notre facture énergétique globale a baissé de 9% sur 2013, et je suis sûr qu'on a encore des marges de progrès.
 

Et au niveau social ?

Nous avons mis en place un observatoire de la qualité de vie au travail, en lien avec les partenaires sociaux. Il vise à améliorer les conditions de travail du personnel, à mieux intégrer les personnes handicapées… Nous allons lancer cet été un diagnostic handicap pour voir comment optimiser les postes de travail pour les personnes concernées. Je souhaite aussi que nous menions un travail sur la diversité dans nos recrutements.

 
L'objectif avec cet observatoire, c'est aussi de limiter l'absentéisme. Le développement durable, c'est parfois des petites choses, précises, pragmatiques, qui donnent du sens. 
 

Le personnel est-il réceptif ? N'est-il pas réticent à changer ses habitudes de travail ?

Forcément. Par exemple, on a acheté une unité de nettoyage vapeur. Cela a entraîné des changements de pratiques professionnelles, mais quand au bout du compte le personnel voit que le nettoyage est réalisé de façon beaucoup plus satisfaisante, vous emportez l'adhésion. C'est un travail de conviction permanent.

 
Par ailleurs, les engagements de Grenelle 1 et Grenelle 2 vont un jour être beaucoup plus précis et s'accompagneront de sanctions financières contre les établissements non-vertueux. Plus on s'y prendra tôt, mieux on se portera d'ici 2020-2050, lorsque les sanctions financières arriveront. 
 

Les actions menées au centre hospitalier de Mel​un :

Sur la maîtrise des déchets :
- La mise en place du tri sélectif (15 filières de tri en 2013) en collaboration avec des centres locaux et régionaux de traitement des déchets et la sensibilisation du personnel ont permis à l’établissement de réduire le volume de ses déchets, ainsi que les coûts de gestion et de traitement. A titre d’exemple, les Dasri (déchets d’activité de soins à risques infectieux) ont été réduits de 10 % en moins de 8 mois, passant de 196 tonnes par an à 176 tonnes.
- L’hôpital a désormais pour objectif de mettre en place le tri des biodéchets au niveau de la restauration soit 70 tonnes par an de déchets (le CH sert en moyenne 1450 repas par jour). Ce tri permettra avec un partenaire régional, la valorisation en 7000m3 de biogaz transformé en électricité et la production d’un amendement des terres agricoles locales.
 
Sur l'empreinte écologique :
- La meilleure gestion des ressources sur 2013 associée à la mise en place progressive de lampes à faible consommation et le changement des pratiques des professionnels, a permis une économie d’électricité de 606.623MWh, soit une baisse de 9 % de la consommation électrique.
- Une unité de nettoyage vapeur des réceptacles à déchets à permis de supprimer l’utilisation de produits désinfectants, de réduire la consommation d'eau et l’émission d'effluents.
- Lors de l’entretien des espaces verts, les déchets verts sont valorisés en paillage ou compostés; des techniques alternatives de désherbage sont employées.
 
Sur l'émission de gaz à effet de serre :
- L’établissement a mis en place un Plan de Déplacement Entreprise (PDE) visant à promouvoir les déplacements doux.
- Le nouveau site internet de l’hôpital propose aux agents l’option "covoiturage" du conseil général de Seine et Marne.
- Un véhicule électrique a été acquis.
 
/mb
 
 

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