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En Bourgogne Franche-Comté, l'ARS favorise le déploiement de l'oxygénation haut débit

Crédit: Shutterstock
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PARIS, 17 novembre 2020 (TecHopital) - L'agence régionale de santé Bourgogne-Franche-Comté met en place une vaste opération de développement de l'oxygénation haut débit (OHD), technique permettant d'économiser des lits de réanimation, a expliqué à TecHopital Stéphane Kirche, responsable de la mission de l'ARS sur les ressources matérielles.

A la suite de la première vague de l'épidémie de Covid-19, l'agence a souhaité que le réseau des ingénieurs biomédicaux de la région "puisse recenser le matériel nécessaire à la gestion de la crise, afin de savoir si les lits de réanimation étaient oui ou non armés", a déclaré le 13 novembre Stéphane Kirche, qui est par ailleurs directeur biomédical au centre hospitalier (CH) de Chalon-sur-Saône (Saône-et-Loire).

Il en ressort que tous les établissements ont "plus ou moins réglé leurs problèmes de respirateurs de réanimation lourde et les consommables associés".

Le recensement a permis d'obtenir une photographie régionale des capacités de réanimation en lien avec les ressources matérielles. Pour ce faire, le directeur biomédical a visité pendant trois semaines, "en août et septembre", une quinzaine d'établissements de la région: "tous les CHU, les hôpitaux de taille moyenne, les établissements supports qui ont également transmis les informations relatives aux établissements privés", et cela afin de "recenser l'ensemble du matériel disponible en soins critiques ou aux urgences", avant de le communiquer à l'ARS.

"L'évaluation a montré que les établissements s'étaient armés" depuis la première vague. "Nous nous sommes également rendu compte qu'une technique était très peu développée sur notre territoire: l'oxygénation haut débit".

Cette technique, "bien maîtrisée", est revenue récemment sur le devant de la scène. L'OHD a en effet été promue dans une note de la direction générale de la santé (DGS) datant d'avril (MARS n°27 du 4 avril 2020).

"Peu de gens ont suivi la recommandation de la DGS [lors de la première vague] car on s'est focalisé sur l'expérience italienne, avec intubation des patients à l'arrivée et mise sous respirateur", a souligné le directeur biomédical.

Pourtant, "il y a plutôt de bons résultats avec l'OHD, et cela évite l'intubation trachéale et le cercle vicieux de la ventilation invasive", avait expliqué le Pr Marc Léone, secrétaire générale de la Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar).

L'oxygénothérapie à haut débit dès l'admission de patients atteints de pneumonie sévère liée au Covid-19 permet d'éviter la ventilation mécanique chez un tiers des patients et de prédire la nécessité ultérieure de recourir à l'intubation, selon une étude française publiée dans la revue Intensive Care Medicine.

"L'OHD est complémentaire des techniques ventilatoires connues et a l'avantage de pouvoir faire économiser des lits de réa, en retardant l'entrée en réanimation", a expliqué Stéphane Kirche.

L'ARS Bourgogne-Franche-Comté a donc décidé de mettre en place un groupe de travail, une cellule biomédicale constituée de médecins réanimateurs, de pharmaciens et d'ingénieurs biomédicaux afin d'évaluer quels établissements étaient prêts à déployer le système.

Ce n'est pas le monitoring du système qui pose problème mais bien la surveillance du patient, "car il faut surveiller la rapidité avec laquelle il pourrait décompenser". La proximité du plateau de réanimation et de réanimateurs est également primordiale.

Achat de 175 appareils d'OHD

Ainsi, pour libérer des lits de réanimation et soulager ces services, une grande opération régionale de développement de l'OHD a été mise en place par l'ARS. "Car on sait que 25% à 30% des patients en réanimation n'ont pas vocation à occuper un lit de réanimation", a fait remarquer le responsable de la mission régionale.

Pour l'ensemble des établissements de Bourgogne-Franche-Comté, le besoin en équipement a été évalué à 175 appareils avec les consommables associés. Un humidificateur et un réchauffeur d'air sont en effet nécessaires pour améliorer la tolérance du gaz délivré.

"Les derniers systèmes reçus sont en cours de distribution", a fait savoir le directeur biomédical.

En parallèle, deux formations sous forme de conférence en ligne ont été ou vont être dispensées. De plus, les équipes soignantes du territoire sont accompagnées dans la mise en place des systèmes OHD par 4 ingénieurs cliniques.

Avec une consommation de 40 et 60 litres d'oxygène par minute pour chaque patient sous OHD, la question de l'approvisionnement en oxygène est incontournable.

"Il faut se rappeler les normes en matière de réseaux hospitaliers, qui ne sont pas forcément dimensionnés pour fournir de si gros débits d'oxygène. Le réseau ne suit plus si la consommation est trop importante", souligne le directeur biomédical. Le groupe de travail a donc décidé de préconiser la surveillance des réseaux "car on ne va pas changer les tuyaux dans les murs".

Quant à l'alimentation en bonbonnes d'oxygène, "si les fournisseurs en gaz n'ont pas de problème de stocks, c'est la logistique qui ne suit pas", précise Stéphane Kirche. "Il n'y a pas de souci de production d'oxygène mais il existe bien un problème de logistique car il va falloir approvisionner tous les établissements de santé de France en même temps."

La technique promue par la DGS étant maintenant recommandée plus largement par les sociétés savantes, "on est déjà en flux tendu. Là où il fallait 3 à 8 jours pour recevoir un système OHD, il faut attendre de 4 semaines à 8 semaines maintenant", souligne Stéphane Kirche.

Evoquant la prise en charge de patients Covid à domicile sous oxygène, l'ingénieur est plus réservé. Car même si les débits sont moindres (entre 2 et 4 L/min), "cela implique de la surveillance et une forte relation médecine de ville-hôpital et surtout une présence continue d'un accompagnant auprès du patient".

Le groupe de travail va maintenant entrer dans une phase de suivi d'utilisation de ce dispositif, "en s'assurant que le matériel est bien utilisé par les établissements". Puis la cellule réanimation de l'ARS va prendre le relais sur l'aspect médical en évaluant les protocoles de prise en charge des patients, les différents profils de patients, les différents paramètres à prendre en compte, etc.

L'agence régionale "a très bien réagi à l'analyse de la ressource matérielle réalisée et a été précurseure en favorisant le déploiement de l'OHD. Elle est très observée par d'autres régions, avec une dynamique équivalente en Ile-de-France et en Auvergne-Rhône-Alpes", a fait remarquer Stéphane Kirche.

Enfin, l'ARS a décidé de s'approvisionner auprès de deux fournisseurs et "a voulu favoriser le choix d'un matériel fabriqué en Europe", a souligné l'ingénieur biomédical.

A noter que le prix d'un système OHD est d'environ 4.000 à 5.000 euros, hors consommables.

gdl/nc

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