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En France, 2.500 établissements de santé sont situés en zone inondable (Cepri, mai 2018)

Inondation CH de Carcassonne
Inondation CH de Carcassonne

PARIS, 6 novembre 2018 (TecHopital) - Le centre européen de prévention du risque d'inondation (Cepri) a publié en mai un guide de sensibilisation intitulé "Le secteur de la santé face au risque d'inondation" en rappelant que 2.500 établissements sont potentiellement touchés par ce risque puisque construits en zone inondable.

Les intempéries qui se sont abattues dans l'Aude dans la nuit du 14 au 15 octobre ont particulièrement touché le centre hospitalier (CH) de Carcassonne. De l'eau boueuse s'est en effet infiltrée dans les parties logistiques et techniques au sous-sol, bloquant les ascenseurs et provoquant la déprogrammation d'un certain nombre d'interventions. La polémique a par la suite enflé sur la construction de l'hôpital en zone inondable alors qu'il a ouvert ses portes en 2014 et a été inauguré par Agnès Buzyn en 2018.

Le Cepri souhaite à travers son guide, publié avant ces inondations meurtrières, "fournir des outils techniques et méthodologiques, partager des retours d’expérience et identifier des bonnes pratiques, afin d’aider le secteur de la santé à réduire sa vulnérabilité face au risque d’inondation".

Ce document publié en mai s'adresse "aux dirigeants des établissements de santé ou d'agences régionales de santé pour leur permettre de mettre en place des mesures réduisant la vulnérabilité de leurs établissements". Il est également destiné "aux représentants des collectivités territoriales dans la mesure où leur territoire est susceptible d'accueillir des établissements de santé en zone inondable ou qui seraient impactés par l'inondation".

Le centre européen rappelle que, selon la première évaluation nationale des risques d'inondation, réalisée par les services de l’État en 2011 (Epri 2011) à l’échelle de chacun des 14 districts hydrographiques, 2.500 établissements de santé français sont situés en zone inondable.

"Mais la quantité d’établissements concernés par ce risque est sans doute bien plus importante si l’on tient compte des effets indirects qu’une inondation peut produire, notamment sur les flux approvisionnant les hôpitaux (électricité, eau potable, chauffage urbain, etc.) et sur leur accessibilité en période de crise et lors de la phase de la post-crise", a-t-il fait remarquer.

Cette évaluation préliminaire réalisée au niveau national propose "une photographie complète et homogène de l’exposition actuelle de la France", indiquait à l'époque le ministère du développement durable.

Dans son guide, le Cepri liste les dégâts potentiels sur les bâtiments, les équipements, le matériel. "Selon la durée d’immersion des installations, celles-ci seront plus ou moins dégradées. Pour ce qui concerne le bâti, l’expérience montre qu’au-delà de 48 heures d’inondation, l’eau s’infiltre en profondeur dans les parois et les sols et peut même remonter par capillarité jusque dans les parties hors d’eau. Dans ce cas-là, il ne faut plus quelques jours mais des semaines, voire des mois pour tout sécher avant de réparer".

De plus, il note que les eaux d’inondation ne sont jamais "limpides". "Elles apportent de la boue, des corps flottants (allant des feuilles mortes aux véhicules), des pollutions : hydrocarbures, produits toxiques, produits phytosanitaires etc. Que l’inondation soit rapide ou lente, l’établissement touché sera donc souillé en plus d’être mouillé".

Il note également que les installations techniques d’un hôpital sont "des points à la fois vulnérables et critiques pour son bon fonctionnement. Selon leur ancienneté, leur atteinte par l’inondation peut nécessiter de les remplacer intégralement, ce qui prolonge d’autant les perturbations du service habituellement rendu".

Le Cepri précise que le montant des dommages est non négligeable, se comptant généralement en centaines de milliers, voire en millions d’euros, auquel il faut ajouter "les pertes d’activité dues à la baisse, ou à la cessation, d’activité pendant l’inondation et les travaux qui l’ont suivie". Et de citer les exemples de l'hôpital de Saint Affrique (Aveyron) qui a subi de graves inondations en 2014 et dont le bilan financier "s’est élevé à 5,4 millions d'euros, dont 2,3 millions € de pertes d’activité".

À Dijon, "le coût de l’inondation a été évalué à 472.600 €, incluant les mesures conservatoires prises pendant la crise, ainsi que le surcoût lié à l’externalisation du service de radiologie".

Les hôpitaux hébergent des installations rares et coûteuses. Mais "en limitant les délais de retour à la normale" et "en assurant dans la mesure du possible une continuité des services de santé, des actions peuvent permettre de limiter les coûts liés aux inondations pour ces établissements".

Il liste les différents outils de prévention des risques d'inondation et notamment le plan de prévention du risque d'inondation (PPRI), dont l'hôpital d'Avignon est doté (cf dépêche TecHopital) et qui prévoit l'élaboration d'un diagnostic de vulnérabilité au risque d'inondation avant tout projet immobilier. Quant au dispositif Orsan mis en place en 2014, il organise la réponse en situation sanitaire exceptionnelle.

Le guide propose enfin différentes boites à outils permettant d'identifier le risque inondation pour un hôpital et de réduire sa vulnérabilité face à ce risque.

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