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Enquête sûreté: des solutions techniques qui améliorent la protection physique des agents

Crédit : Shutterstock
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(Par Geneviève DE LACOUR)

PARIS, 17 avril 2019 (TecHopital) - Dans une série en quatre volets sur la sûreté des établissements de santé, TecHopital présente, dans sa deuxième partie, les solutions matérielles employées voire mises au point par les équipes en charge de la sécurité permettant de parer aux actes de violence ou de malveillance.

Un bouclier en kevlar vient bloquer un patient. La technique permet aux soignants de neutraliser la personne violente et la maintenir au sol sans recevoir de coups. Au CHU de Limoges, médecins, infirmiers et brancardiers apprennent dans un atelier d'autodéfense à se protéger grâce à du matériel mis au point par un médecin et un cadre de santé locaux.

Face à la violence, chaque établissement développe sa propre approche, de manière empirique. Certains des 3.089 établissements hospitaliers sont plus avancés que d'autres. Quand certains misent sur la formation et les innovations organisationnelles, d'autres le font sur les innovations technologiques. Souvent, les deux approches sont utilisées.

"Les outils techniques existent, ils sont là sur le marché", a expliqué à TecHopital André Aubaret, conseiller pour la sécurité générale du CHU de Toulouse. "Ces outils améliorent la protection physique des agents. Notre travail consiste à sensibiliser le personnel à ces outils. C’est un travail de terrain, d’écoute. Il faut que tous partagent les mêmes éléments de langage. Il s'agit d'un long travail qui doit se pérenniser".

Aux urgences adultes du CHU de Rennes, il a été décidé de déployer un appel d’urgence individualisé. Ainsi, le soignant est doté de bip qu'il porte sur sa tenue. Des balises permettent de sectoriser l’appel. "Lorsque l'on appuie une fois, une alarme se fait entendre qui avertit le personnel soignant d'un problème", a indiqué Eric Louis, responsable sécurité à la direction du patrimoine et de la sécurité. Ce premier appel est là pour susciter une réaction locale. Les collègues se déplacent. "Si on bip deux fois, alors ce sont les agents de sécurité qui interviennent", a-t-il ajouté.

L'établissement a acheté 150 bips individuels. Le coût total est de 50.000 euros. Cette solution est partagée par d'autres établissements puisque "les urgences du Kremlin-Bicêtre (AP-HP), les urgences de l'hôpital de Pontoise et d'autres sites sont équipés d'un système d'appel d'urgence similaire", a-t-il complété. Le CHU a également décidé d'investir dans un système de vidéoprotection, avec 160 caméras postées sur deux de ses sites.

Au CHU de Poitiers, "nous constatons une augmentation continue des problèmes d’insécurité et violence", a expliqué Christophe Baltus, directeur Campus santé et responsable de la sécurité. Ainsi, 70% des actes de violence sont gérés par les soignants. "Il existait donc un terrain très favorable, côté soignants, pour monter d’un cran notre politique de sécurité".

"Nous avons donc décidé de clôturer entièrement le site de 55 hectares. La fermeture du site est d'ailleurs en train de s’achever. Le nombre d’accès routier va être revu à la baisse", poursuit-il. De même, "nous allons installer des sas pour limiter l’accès aux salles des naissances".

Au CH du Puy-en-Velay, un plan de sécurisation d'établissement (PSE) a été mis en place comprenant deux volets distincts: le premier consacré à la sûreté en fonctionnement et un autre en cas d’attentat (gestion de crise). Ce plan dispose d'un plan de sécurisation des SI dans lequel pare-feu, antivirus ont été vérifiés pour qu'ils soient bien actifs. L'établissement a également procédé à un changement de ses PC. "Notre budget grossit. Il est dorénavant de 2,8 millions d'euros pour tout le SI", a indiqué Cédric Ponton, directeur de la stratégie et des SI. L'installation de la fibre optique dans tout l'hôpital sera terminée en octobre 2019. "Un budget de 2 millions d'euros a été prévu pour cette opération".

Des solutions technologiques

Les Hospices Civils de Lyon (HCL) développent depuis 8 ans de nombreuses solutions technologiques dont le contrôle d’accès avec badge. Mais le dispositif ne fonctionne "que si le personnel y adhère", a souligné Cédric Versaud, directeur du département prévention et sécurité générale. "L'acculturation du personnel est essentielle", relève-t-il. Certaines zones de l'hôpital sont plus exposées que d’autres, plus sujettes à un évènement indésirable que d’autres.

Le contrôle d’accès a été instauré avec badge unique. "Nous procédons à la fermeture de l’établissement comme une poupée gigogne c’est-à-dire de façon concentrique jusqu’au contrôle d’accès associé à des codes personnalisés. Ce qui n’était pas du tout dans la culture hospitalière", a précisé le responsable de la sûreté des HCL.

De même, toutes les clés sont rangées dans une armoire électronique vidéosurveillée et à proximité du PC sécurité. "Les clés sont scellées ou descellées en fonction des droits d’accès. L’horaire de retrait est enregistré et tracé. Et si la clé n’est pas rendue en heure et en temps, l’alarme est déclenchée", a détaillé Cédric Versaud.

Autre innovation, un logiciel installé sur une interface permet de connaître en un clin d'œil l’état de toutes les portes de l'hôpital, "c'est-à-dire si elles sont ouvertes ou fermées". Si l'une d'elles reste ouverte trop longtemps, l’alarme est déclenchée.

Toutes les maternités des HCL disposent également d'un "dispositif anti rapt de nourrissons", basé sur un système de bracelet pucé, ainsi que d'un "dispositif anti-fugue de patients désorientés" notamment pour les établissements recevant des personnes âgées.

La vidéosurveillance souvent plébiscitée

"Plus que de la vidéosurveillance, nous avons mis en place une vidéo intelligente", a fait valoir le responsable de la sécurité des HCL. "Nous avons souhaité rendre nos caméras intelligentes. "Sur une plateforme des gaz médicaux, par exemple, toute intrusion est à craindre. Les caméras sont donc paramétrées pour détecter toute présence humaine, ce qui déclenche alors automatiquement une alarme". Au niveau de l’accueil, la caméra mise en place va filmer sur la partie gauche l'accueil et sur la partie droite les patients. Pour éviter les agressions physiques, l’image est coupée et "si on constate un mouvement qui indique un franchissement de cette ligne virtuelle, c'est-à-dire l'intrusion du patient vers l’agent d’accueil, alors une alarme immédiate est déclenchée. La réaction des agents de sécurité est quasi immédiate", a-t-il précisé.

Au CHU de Rouen, Marie-Laure Autard, directrice de la sécurité et des situations sanitaires exceptionnelles, mise aussi sur la vidéo-surveillance. Un premier marché a été lancé pour l'installation de caméras de vidéoprotection sur le site principal permettant d'implanter 160 caméras. Le PC de sécurité-médiation dispose ainsi de 20 écrans en mosaïque. "Nous les avons rangés pour avoir des cheminements logiques". Les images sont enregistrées pendant 30 jours. Tous les accès sur la ville et toutes les entrées de bâtiment sont ainsi filmés.

"Nous avons encore quelques petites discontinuités. Mais notre budget nous a permis en août 2018 de commander 40 nouvelles caméras pour notre site principal. Cette opération a reçu une aide de l'agence régionale de santé (ARS). D’ici 6 mois, toutes les zones seront couvertes en continu. On ne perdra personne sur le site", a précisé la directrice. L'établissement a également passé commande d’un serveur miroir afin d'assurer une redondance en cas de panne mais également pour améliorer la qualité des images. La couverture par vidéosurveillance sera totale d'ici la fin de l'année.

"Cet outil est devenu comme une seconde nature. Ce sont des yeux sur le terrain", a-t-elle fait remarquer. "Au-delà du PC de contrôle, un écran a également été installé dans la cellule de crise qui est aveugle".

Parmi les 45 agents de sécurité du CHU, 8 ont été formés au revisionnage des enregistrements. Pour ce "bel outil" qu'est la vidéo, l'établissement a consacré un budget compris entre 200.000 et 300.000 euros, incluant à la fois l'installation des caméras, mais aussi les câblages, les logiciels et les serveurs dédiés.

Prévenir dès le stade de la construction des bâtiments

Au CHU de Poitiers, "la sûreté est prise en compte dès la conception des bâtiments", a indiqué Christophe Baltus. C'est ainsi que "nous allons définir les besoins de sûreté dans la construction des nouvelles urgences (adaptation et extension des urgences), alors que les bâtiments dataient de 2006".

Plus largement, "notre objectif est de définir les besoins de sûreté de toute nouvelle construction, quelles que soient les unités mais surtout au niveau de points névralgiques tels que le Samu, le centre 15, la réanimation, le stockage des médicaments, l’accueil, les urgences pédiatriques".

Cet été, "un nouveau bâtiment de recherche va sortir de terre pour accueillir une IRM 7 Tesla. Nous avons travaillé sur la gestion des flux de ce bâtiment de recherche. Et nous comptons systématiser cette démarche sur toutes les opérations de restructuration du CHU", a-t-il ajouté.

gdl/eh

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