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Enquête sûreté des établissements : un enjeu saillant qui ne faisait pas partie de la culture hospitalière

Crédit : Shutterstock
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(Par Geneviève DE LACOUR)

PARIS, 15 avril 2019 (TecHopital) - Dans une série en quatre volets sur la sûreté des établissements de santé, TecHopital a décidé d'aborder, dans une première partie, le fait que la sûreté ne faisait pas partie de la culture des établissements de santé mais que ces derniers sont amenés, en raison du nombre croissant d'actes de violence en leur sein, à changer de paradigme.

Un père de famille attend nerveusement l'examen de son fils et s'impatiente, un homme arrive en état d'ébriété, une personne atteinte d'Alzheimer devient incontrôlable. Aux urgences, le stress, l'attente, l'angoisse génèrent des situations explosives et peuvent faire naître de la violence. A chaque fois, médecins et soignants se trouvent en première ligne, confrontés alors à un dilemme : soigner ou se protéger.

Face aux actes de violence qui progressent au sein des établissements de santé - une hausse des signalements de 25,3% a été enregistrée par l'Observatoire national des violences en santé (ONVS) entre 2016 et 2017, passant de 17.600 à 22.048, les responsables de sécurité/sûreté sont amenés à mettre en place de nouvelles organisations afin de protéger leur personnel, ont indiqué Agnès Gateau, responsable de l'association des chargés de sécurité en établissement de soins (Acses) et André Aubaret, président du club des directeurs et conseillers de sûreté des établissements de santé.

"Nous sommes de plus en plus accaparés par les problèmes de sûreté", a expliqué Agnès Gateau chargée de sécurité au centre hospitalier (CH) de Troyes et responsable de l'Acses qui regroupe 300 responsables de sécurité, dont la mission première est la sécurité incendie. Or, gérer la sûreté n'est pas une obligation réglementaire (cf dépêche TecHopital), a-t-elle fait remarquer.

"Depuis plusieurs années, nous devons intervenir de plus en plus sur des situations d’agressivité et de violence. Ces actes se multiplient de façon alarmante", a-t-elle indiqué. Or, "nous avons beaucoup de mal à avoir un état réel de la situation".

"Il existe des fiches d’évènement indésirables autour de la sécurité du soin aux patients mais les situations d'agression et de violences ne rentrent pas dans ce champ de compétence. Nous n'avons pas encore réussi à mettre en place, parce que n'ayant pas de service dédié, un système de management de la sûreté. Et donc nous peinons à comptabiliser tous les incidents", a fait remarquer Agnès Gateau.

Les plaintes, c'est à dire les évènements les plus significatifs, sont enregistrées mais "il reste des situations variées qui ne nous remontent pas et qui ne sont pas gérées", a-t-elle complété.

C'est pourquoi "il existe des soignants qui absorbent cette violence au quotidien. Ils ne déclarent pas les incidents, ou ne veulent pas porter plainte pensant que c'est inutile. Finalement, je peux dire que nous ne déclarons peut-être qu'un dixième des évènements indésirables à l'ONVS".

Il faut dire que le responsable de sécurité a, à la fois pour mission de faire appliquer les réglementations incendie mais aussi de mettre en place la politique de sûreté de l'établissement, sans avoir été formé à cela. Deux métiers bien différents. De plus en plus de directions font donc appel à des professionnels de la sûreté pour répondre aux problèmes de violence au sein de leur établissement.

"Le thème de la sûreté n’était pas, jusqu'à récemment, pris en charge par les établissements de santé à la hauteur des enjeux parce que cela ne faisait pas partie de la culture hospitalière", a expliqué à TecHopital André Aubaret, conseiller pour la sécurité générale du CHU de Toulouse qui fut gendarme. Le club des directeurs et conseillers de sûreté des établissements de santé, créé en novembre 2015 et dont il est président, regroupe une quarantaine d'établissements.

"L’hôpital est fortement installé dans la cité et doit rester accessible et ouvert. Mais depuis les attentats de 2015 qui ont touché l'ensemble du territoire, la sûreté est mieux prise en compte et le retard est en train de se combler", a-t-il complété.

Pour faire progresser cette culture de la sûreté, "nous avons créé un petit réseau pour échanger sur nos pratiques et nos difficultés qui sont encore grandes, il faut l’avouer", a souligné André Aubaret.

"L’obligation de mise en place des plans de sécurisation des établissements (PSE) en 2016 a apporté un élan, une vague plutôt favorable. Le contexte nous a permis de récupérer le retard. L’ensemble des établissements hospitaliers ont bien amélioré les conditions sécuritaires", a souligné le conseiller du CHU de Toulouse.

"Il n'est pas culturel à l'hôpital de faire de la sûreté", a confirmé à TecHopital, Anne-Laure Autard, responsable de sûreté du CHU de Rouen. Mais depuis les attentats en 2015, s'est opérée une grosse prise de conscience de la part des établissements de santé."

Des réponses matérielles et organisationnelles sont donc progressivement mises en place par les établissements. Chaque politique de sûreté dépendant fortement de la volonté du chef d'établissement qui possède un pouvoir de police.

gdl/ab

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