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Equipements médicaux: la location préférée à l'achat

PARIS, 28 février (Direct Hôpital) – La croissance de la location d'équipements médicaux a dépassé celle de l'achat, selon une étude du constructeur Siemens. De quoi réduire la part des "capitaux gelés" des hôpitaux, estimée à 2,3 milliards d'euros en France.

En septembre dernier, le centre hospitalier de Montauban (891 places) recevait son nouvel IRM, "véritablement le top du top", selon les médecins. Deux mois plus tôt, c'était l'hôpital Auban-Moët d'Epernay (244 places) qui inaugurait un scanner dernier cri. "On va se hisser au niveau des grands CHU de cancérologie", assurait alors le docteur Denis Eidesheim, chef du pôle médico-technique.

 
Ces deux établissements ne se sont pas endettés pour les acquérir: ils ont eu recours à la location. Un contrat de sept ans pour le CH Auban-Moët  pour un loyer de 17.000 euros par mois  et de cinq ans pour l'hôpital de Montauban, pour lequel la facture totale s'établira à 1,5 million d'euros, maintenance incluse.
 
A l'image de ces deux hôpitaux, les établissements de soins sont de plus en plus nombreux à recourir à la location d'équipements médicaux, selon une étude de Siemens Financial Service (SFS), qui propose ce type de prestations. En Europe, ce marché devrait progresser de 5,68% sur la période 2010-2015, alors que l'achat ne devrait progresser que de 3,4% sur la période 2011-2016.
 
"Il y a une accélération du financement locatif, observe Thierry Fautré, président de SFS France. Malgré tout, la quantité de capitaux utilisés pour acheter du matériel – ce qu'on appelle les "capitaux gelés"–  reste très élevée, alors que ces montants pourraient être utilisés de manière plus intéressante par les établissements, pour former les agents, réduire sur la durée les déficits, etc." L'étude estime ces capitaux à 2,3 milliards d'euros en France, dont 900 millions pour l'imagerie.
 
"La pression sur les finances publiques et la raréfaction du crédit bancaire sont un vrai problème pour les directeurs d'hôpitaux, note Thierry Fautré. Les techniques de financement comme le leasing ou la location répondent à ces problématiques, en répartissant le coût des équipements en mensualités régulières."
 
Pour proposer ce type de prestations, plusieurs constructeurs ont signé des partenariats avec des organismes bancaires, à l'image de Philips, dont la division Philips Medical Capital est une joint-venture entre l'entreprise et Franfinance (groupe Société Générale). D'autres, comme GE Healthcare (via sa division GE Capital) et Siemens (via Siemens Financial Services) proposent des solutions locatives intégrées.
 
Ce dernier revendique plus de 100 millions d'euros d'encours dans le secteur médical en France, dont 40% concerne du matériel Siemens. Une part que l'entreprise espère faire passer à 50%.

Le secteur public en retard

Autre chiffre que les constructeurs souhaitent voir augmenter: celui des hôpitaux publics ayant recours à ce mode de financement. En effet, si 55% à 60% du matériel installé dans le secteur privé est loué, ce n'est le cas que de 30% de l'équipement déployé dans les établissements publics.

 

Les avantages sont pourtant multiples pour les établissements. "C'est un système qui a du bon, estime Alain Sœur, directeur de l'hôpital Layné de Mont-de-Marsan (319 places), qui loue depuis septembre deux IRM pour 50.000 euros par mois. Ça nous évite d'emprunter, chose pas forcément facile en ce moment et on n'a pas à se préoccuper de la revente quand, au bout de cinq ans, il est temps de changer de machine." A la fin du contrat, c'est en effet le constructeur qui se charge de démonter le matériel, qui est alors revendu à l'étranger. Cette valeur résiduelle, connue des constructeurs, est prise en compte dans le loyer acquitté par les hôpitaux.

 

Du côté des constructeurs, l'intérêt est bien entendu d'installer leur matériel dans le plus grand nombre d'hôpitaux. Face aux difficultés budgétaires de ces derniers, ils rivalisent donc d'imagination. "Nous sommes en train d'expérimenter le pay per use, le paiement à l'acte, dans un hôpital du centre de la France", annonce le président de SFS.

 
De leur côté, les établissements peuvent aussi trouver des moyens de limiter les frais. Le centre hospitalier Sud-Gironde (186 places), à Langon, a ainsi mis en service le 7 janvier un nouvel IRM, loué 12.916 euros par mois. "Un partenariat public-privé, auquel prennent part trois cabinets de radiologie, permettra d'amortir le coût de la location", explique Marie-Noëlle Bouchaud, directeur de l'établissement. /mb
 
 

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