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Facture énergétique : 35% d'économies atteignables en 10 ans pour les établissements franciliens

(Par Morgan BOURVEN, aux journées Hopitech)

PAU, 26 octobre 2015 (Direct Hôpital) – Dans le cadre de l'élaboration d'un schéma directeur immobilier hospitalier régional (Sdihr), l'agence régionale de santé (ARS) Ile-de-France a mené une étude sur des établissements volontaires pour détecter les gisements d'économies dans le domaine de l'énergie, a-t-on appris lors des journées Hopitech.

La 21e édition des journées d'études et de formation des techniques et de l'ingénierie hospitalières (Hopitech), qui se sont tenues du 7 au 9 octobre à Pau, avaient pour thème "les fonctions supports hospitalières face à leurs responsabilités sociétales (RSO)", rappelle-t-on.

Philippe Larivière, de la cellule investissements immobiliers à l'ARS Ile-de-France, y a présenté cette étude lors d'une session technique immobilière sur "la transition énergétique".

La région Ile-de-France s'est engagée en 2012 dans l'élaboration de ce Sdihr, a-t-il rappelé. Celui-ci a notamment été conçu pour bâtir le schéma régional d'investissement en santé (SRIS) et pour permettre aux établissements de renseigner l'outil de gestion du patrimoine Ophelie (lire aussi : Un quart des hôpitaux utilisent l'outil Ophelie pour recenser et gérer leur patrimoine immobilier).

L'ARS a souhaité que le Sdihr soit basé sur l'analyse des structures des établissements de santé, en particulier le patrimoine immobilier et les investissements s'y afférant, les fonctions support et les parcours patients.

"Il s'agissait de réaliser un diagnostic recensant les fragilité, la vétusté ou les non-conformité technique", a résumé Philippe Larivière. Parmi les cinq axes de l'étude figurait la transition énergétique.

Au total, 59 établissements (hors Assistance publique-hôpitaux de Paris) ont été audités dans le cadre du Sdihr, dont 49 ont vu leurs données énergétiques collectées. Ces derniers (33 établissements publics de santé, 10 établissements de santé privés à intérêt collectif et six établissements de santé mentale) représentent 19.868 lits et 2,6 millions de mètres carrés.

La facture énergétique de ces établissements se chiffrait, en 2012, à 56 millions d'euros TTC, soit 22 euros par mètre carré. L'électricité représente 54% de la facture, devant le gaz (33%), le réseau de chaleur (12%) et le fioul (1%).

Une analyse du profil énergétique des 37 sites de l'AP-HP, soit 3,4 millions de m², donne une facture de 85 millions d'euros, soit 25 euros par m². Les sites de l'AP-HP n'ont pas été englobés dans l'audit du Sdihr car, situés majoritairement à Paris et en petit couronne, ils sont pour la plupart reliés au réseau de la Compagnie parisienne du chauffage urbain (CPCU).

L'étude a mis en évidence une augmentation massive de la facture énergétique de 2010 à 2012 (+ 28%), alors que l'augmentation des consommations était plus contenue (+8%). 

Face à "l'inflation considérable des prix de l'énergie" –notamment du pétrole, dont l'augmentation continue des prix était perçue comme inévitable- que connaissait le monde hospitalier à l'époque, l'ARS a tâché d'identifier les sources d'économies et les orientations à prendre en faveur de la transition énergétique, "dans un objectif d'aide à la décision".

Un "catalogue d'actions d'économies d'énergie" a été élaboré. Il préconise la rénovation thermique des enveloppes bâties, la mise en œuvre d'équipements techniques à haute efficacité énergétique pour les principaux postes de consommation (chauffage, eau chaude sanitaire, ventilation, éclairage, etc.), la substitution des sources énergétiques fossiles par des sources renouvelables et l'amélioration du pilotage énergétique.

"Sur la facture de 55 millions d'euros, on est en mesure de réaliser une économie de 17 millions rapidement", soit 30 à 35% de réduction, a souligné Philippe Larivière. Parmi les mesures identifiées, 22 ont un temps de retour sur investissement (TRI) inférieur à 10 ans, 23 un TRI de moins de 25 ans et 14 sont non rentables ou ont un TRI très long.

Parmi les gisements à forte rentabilité, il a cité:
- l'amélioration de l'organisation du pilotage de l'énergie, par des moyens techniques et humains : mise en place d'un système de management de l'énergie (de type type ISO 14.001), optimisation des achats, mise en place d'un système de gestion technique du bâtiment, etc.
- l'optimisation des conditions de fonctionnement des équipements existants : réduction du taux de brassage des centrales de traitement d'air des blocs opératoires, etc.
- l'optimisation de l'efficacité énergétique des équipements techniques énergivores.

L'amélioration du pilotage de l'énergie permet, avec des TRI très faibles (1 à 4 ans), d'atteindre un gain de 42% sur la consommation et de 39% sur la facture, a-t-il été calculé. Quant à l'optimisation des achats d'énergie, elle peut permettre un gain immédiat de 10% sur la facture.

mb/ab

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