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Formation à distance : le CH d'Embrun sur les traces du CHU de la Martinique

PARIS, 31 mars 2014 (Direct Hôpital) – Situé dans le montagneux département des Hautes-Alpes, le centre hospitalier d'Embrun a décidé de compenser son handicap géographique en recourant à des enseignements universitaires distants en gériatrie.

La population d'Embrun est relativement âgée, avec un taux de personnes de plus de 60 ans de 30,4 % supérieur au taux national de 21,6 %. La gériatrie et la géronto-psychiatrie sont donc des spécialités importantes pour ce centre hospitalier de 128 places.
 
Pour former ses étudiants dans cette spécialité, l'établissement utilise depuis près de cinq ans le e-learning. Il est situé à trois heures de route des universités les plus proches, à Marseille et Grenoble : il est donc difficile de s'y rendre pour des formations à la journée. Quant aux formations plus longues, elles entraînent de grands frais.
 
"Nous avons profité de la possibilité offerte par l'université de Marseille d'assister à distance à ses enseignements", a expliqué Pierre Lutzler, médecin gériatre au CH d'Embrun, lors des Journées Télésanté 2014 organisées en visioconférence par le Club des acteurs de la télésanté (Catel), jeudi et vendredi.
 
Installés dans une salle du centre hospitalier, les étudiants d'Embrun assistent aux cours de l'université de Marseille en direct, en même temps que les étudiants marseillais. Cela leur permet d'interagir avec les professeurs comme le feraient des étudiants classiques. Au final, ils peuvent ainsi obtenir un DU (diplôme universitaire) en gériatrie et en géronto-psychiatrie
 
L'établissement a aussi signé un partenariat avec l'université Pierre et Marie Curie (Paris 6), qui avait mis en place un modèle d'enseignement à distance avec le CHU de Martinique. "Les responsables de Paris 6 se sont rendus compte que les Hautes-Alpes n'étaient pas plus accessibles que la Martinique", a expliqué Pierre Lutzler.
 
Les cours sont cette fois enregistrés et consultables à tout moment depuis Embrun. Ce modèle a l'inconvénient de ne pas permettre de poser "en direct" des questions aux professeurs. Mais il a aussi l'avantage de rendre les usagers libres de définir leur emploi du temps, en sélectionnant les cours qui les intéressent au moment voulu. "La perte du direct n'est donc pas si grave", a assuré le médecin.
 
L'enseignement à distance permet de réduire les trajets – et donc le risque d'accident – et les frais d'hébergement de façon importante. Il permet aussi d'attirer les étudiants : "nous avons formé une quarantaine d'étudiants médicaux et paramédicaux, ce qui est un excellent ratio pour un bassin de 20.000 habitants", s'est félicité le médecin.
 
D'autant que ces étudiants, en utilisant la visio-conférence ou les bases de données, s'habituent aux outils de télémédecine, qui seront de plus en plus important dans leur vie professionnelle.
 
"Les expériences en Martinique et dans les régions isolées de métropole peuvent enrichir les pratiques et nous faire tous parvenir à des résultats", a réagi depuis Fort-de-France Sylvie Abel, praticien hospitalier dans le service de maladies infectieuses et responsable de la partie somatique de l'unité sanitaire du CHU de Fort-de-France. "A ce niveau, on pense bien contribuer à l'apprentissage national", a-t-elle lancé. /mb
 

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