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Gaz anesthésiques à effet de serre: une utilisation encore importante du desflurane

PARIS, 19 février 2019 (TecHopital) - L'utilisation des gaz anesthésiques, facteurs d'effet de serre, demande à être raisonnée, en particulier le desflurane, qui présente le plus fort potentiel de réchauffement global, puisqu'il reste utilisé par 20% des anesthésistes chez l'adulte en France, selon une enquête publiée dans Anesthésie & Réanimation.

L'activité des blocs opératoires est un facteur important de réchauffement de la planète, une opération chirurgicale produisant plus de gaz à effet de serre qu'un trajet Paris-Lyon en voiture, souligne Claude Ecoffey du CHU de Rennes. Chaque acte produirait en moyenne entre 150 et 230 kg de CO₂, contre 120 kg de CO₂ pour un trajet en voiture traversant la moitié de la France.

Or le protoxyde d'azote devient moins utile en anesthésie du fait du développement de l'ambulatoire et de la volonté de réduire les nausées et vomissements, ainsi que de l'augmentation de l'anesthésie intraveineuse et locorégionale, qui ont moins d'impact environnemental, note-t-il.

Une enquête a été réalisée entre janvier et mars 2018 auprès des 5.700 médecins adhérents de la Société française d'anesthésie et de réanimation (Sfar). Au total, 1.676 ont répondu au questionnaire. Parmi les médecins qui ont répondu, 39% exercent en CHU, 22% en CH, 28% en clinique, 3% en CLCC (centre régional de lutte contre le cancer) et 8% dans d'autres structures. 38% ont moins de 10 ans d'activité et 38% plus de 20 ans. 70% ne font que de l'anesthésie adulte, 6% que de l'anesthésie pédiatrique et 24% ont une activité mixte.

Plus de la moitié des répondants (55%) utilisent un respirateur "classique", 18% un respirateur à anesthésie inhalatoire à objectif de concentration et 27% un respirateur avec prévision de concentration.

Le débit de gaz frais reste élevé (supérieur à 1L) pour un tiers des répondants, "malgré un parc moderne de respirateurs d'anesthésie", note l'auteur.

Moins de 30% des médecins utilisent le protoxyde d'azote. Parmi ceux qui ne l'utilisent pas, 61% invoquent la pollution atmosphérique comme raison de cette non-utilisation, 40% le fait de réaliser des chirurgies digestives, 77% invoquent la prévention des nausées et vomissements postopératoires et 23% l'ambulatoire.

Concernant les gaz halogénés en entretien, l'isoflurane est très peu utilisé, mais le desflurane reste très régulièrement utilisé chez l'adulte par 20% des anesthésistes. Le sévoflurane est régulièrement utilisé, par 79% des médecins.

"Il faut continuer à faire de la formation avec pour objectif un débit de gaz frais inférieur à 1L, indispensable à une anesthésie raisonnée", commente l'auteur.

"Il y avait une forte tendance à ne plus utiliser le protoxyde d'azote chez l'adulte et chez l'enfant", ajoute-t-il.

Il soulève deux questions au vu de ces résultats:

  • faut-il continuer à créer des nouveaux blocs opératoires avec des prises de protoxyde d'azote?
  • faut-il continuer à commercialiser des respirateurs d'anesthésie avec le débitmètre de protoxyde d'azote?

Il suggère en outre d'utiliser le sévoflurane plutôt que le desflurane.

"Cette enquête montre que l'anesthésiste-réanimateur peut agir sur le devenir de la planète tout en restant efficace sur le devenir du patient", conclut le Pr Ecoffey.

(Anesthésie & Réanimation, publication en ligne du 23 janvier)

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