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Gestion des masques: "Après une crise comme celle-là, je nous vois mal ne rien changer" (Olivier Véran)

Crédit : Shutterstock
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PARIS, 11 juin 2020 (TecHopital) - Le ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, a évoqué un changement dans les modalités de gestion du stock stratégique de masques, lors d'un débat sur cette gestion entre 2017 et 2020 organisé le 8 juin à l'Assemblée nationale à la demande du groupe socialiste, et à la suite de la publication, le jeudi 4 juin, du rapport de la mission d'information parlementaire sur l'impact, la gestion et les conséquences de l'épidémie de coronavirus-Covid-19.

La mission d'information spéciale de l'Assemblée nationale relative aux conséquences de l'épidémie de Covid-19 a publié un rapport de près de 80 pages qui s'appuie sur 17 auditions et travaux, et est complété par 8 fiches thématiques sur divers domaines, dont les équipements de protection individuelle (EPI) et notamment les masques.

Cette mission d'information spéciale, constituée en mars par la conférence des présidents de l'Assemblée nationale pour contrôler la gestion de l'épidémie de Covid-19 et l’état d’urgence sanitaire, a été dotée le 2 juin par les députés des prérogatives d'une commission d'enquête, juste avant la publication de son rapport d'étape le 4 juin (cf dépêche TecHopital).

Ainsi, le rapport indique que le stock de masques chirurgicaux s’élevait à un milliard d’unités avant le début de la pandémie de grippe H1N1, en 2009 ; il s’est quelque peu réduit au début des années 2010, pour se stabiliser entre 730 et 760 millions d’unités jusqu’en 2018.

Après une saisine de la direction générale de la santé (DGS) demandant en avril 2017 à Santé publique France (SPF) de contrôler la qualité des 613 millions de masques chirurgicaux adultes acquis entre 2003 et 2005, l’expertise menée a conclu en octobre 2018 que ces masques n’étaient plus conformes et ne pouvaient plus être utilisés.

Ainsi, près de 233 millions de masques chirurgicaux ont été détruits en 2019, après 19,6 millions en 2018. Parallèlement, une commande de 100 millions de masques a été passée en juillet 2019, la réception de ces masques étant prévue entre octobre 2019 et mars 2020 ; 32,7 millions d’unités ont été livrées en 2019 à ce titre.

Selon les chiffres transmis par SPF, le stock de masques chirurgicaux à la fin de l’année 2019 atteignait 534,5 millions d’unités. Dans ce chiffre, étaient inclus 360 millions de masques déclarés non conformes en octobre 2018, qui avaient donc vocation à être détruits, ainsi que 72 millions de masques arrivant à péremption fin 2019. Le nombre de masques utilisables au début de l’année 2020, en incluant les masques dont la date de péremption venait juste d’être franchie, s’élevait donc à 174,5 millions, et à 102,5 millions sans les inclure.

Le stock des masques FFP2 a quant à lui décru de façon continue à partir de 2011, pour être ramené à quasiment 0 en 2016.

Une commission d'enquête installée

"Beaucoup de questions restent en suspens malgré la mission d'information, désormais transformée en commission d'enquête", a indiqué Valérie Rabault, présidente du groupe socialiste (Tarn-et-Garonne). Un débat a donc été demandé par le groupe socialiste sur la gestion des masques entre 2017 et 2020. "Six cents millions de masques ne peuvent pas disparaître en 3 ans, sans qu'on sache ce qui leur ait arrivé. Qui a pris la décision de les détruire, de ne pas les recommander ?", a-t-elle interrogé.

"La destruction du stock de masques était une grave erreur et personne ne veut en porter la responsabilité", a déclaré pour sa part Martine Wonner, députée LREM du Bas-Rhin. Une erreur correspondant à "un lourd dysfonctionnement de la chaîne administrative", a fait remarquer Christophe Naegelen, député UDI des Vosges. Quant au député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, il a évoqué une "gestion managériale, soucieuse d'économie".

"Une commission d'enquête a été installée pour évaluer la gestion de cette crise et abordera certainement la gestion des masques", a répondu Olivier Véran, avant de poursuivre: "Les pouvoirs publics ont décidé d'équiper la France il y a une dizaine d'années d'un milliard de masques chirurgicaux et 600 millions de masques FFP2. Ces stocks se sont réduits année après année. Ainsi, lorsque le Covid est apparu, il restait un stock de 120 millions de masques chirurgicaux pour adultes non périmés et pas de stock stratégique d'Etat pour les masques FFP2", a complété le ministre de la santé.

Puis il a insisté sur le fait que le gouvernement s'est mobilisé depuis janvier pour assurer l'approvisionnement des professionnels de santé. "Depuis le mois de mars, nous avons réceptionné plus de 700 millions de masques à destination des professionnels de santé", a-t-il ajouté mentionnant qu'il existe "deux grands entrepôts nationaux et 10 zones de stockage délocalisées". Et que la première commande de masques "date du 24 janvier".

"Nous soutenons depuis plusieurs semaines notre tissu industriel national. La production nationale de masques a triplé" depuis le début de la crise. "Nous en sommes à 12 millions produits par semaine sur le territoire national et nous visons l'autonomie d'ici la fin de l'année. D'ici là, pour consolider les stocks, nous complétons notre production nationale avec des importations", a-t-il complété.

En ce qui concerne la destruction des masques périmés, "ces masques ont été analysés deux ans avant que je sois ministre et ont reçu des bons de destruction car leurs capacités de filtration et de respirabilité n'étaient plus conformes à un usage sanitaire". En revanche, en définissant une norme Afnor pour des masques destinés au grand public, "nous avons pu récupérer une partie de ces masques".

Enfin, il a souligné qu'"en cas de pandémie, si on veut s'assurer de protéger toute la population pendant 3 mois, 20 milliards de masques sont nécessaires".

"Je nous vois mal ne rien changer"

Véronique Louwagie, députée LR de l'Orne, a demandé si l'agence Santé publique France, créée le 1er mai 2016, avait assuré une gestion efficace des stocks stratégiques ces 3 dernières années.

"Est-ce qu'il faut identifier à nouveau un établissement chargé spécifiquement de la gestion de crise à côté d'un établissement de santé publique ? Après une crise comme celle-là, je nous vois mal ne rien changer. Le changement est indispensable dans ce type de situation", a répondu Olivier Véran.

"Quand l'Établissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires (Eprus) a été annexé à SPF, il n'y avait déjà plus de masques FFP2. Je ne crois pas que la bascule de l'Eprus vers SPF soit responsable des problèmes de stocks", a-t-il complété.

Enfin, Olivier Véran a mentionné qu'une mission sur le recyclage des masques, "trop nombreux sur la voie publique", allait être lancée. "Une réflexion a été initiée avec Brune Poirson", secrétaire d’Etat auprès de la ministre de la transition écologique et solidaire, a indiqué le ministre des solidarités et de la santé.

gdl/

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