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GHT: la mutualisation de la fonction achats crée de "nombreuses opportunités" et quelques "points de vigilance" (DGOS)

(Par Morgan BOURVEN, aux Journées de l'achat hospitalier)

MONTROUGE (Hauts-de-Seine), 14 décembre 2015 (Direct Hôpital) - La mutualisation de la fonction achats dans le cadre des futurs groupements hospitaliers de territoire (GHT) permettra aux acteurs de "s'intéresser plus finement à la mise en oeuvre des contrats", a expliqué le 8 décembre Raphaël Ruano, responsable du programme de performance hospitalière pour des achats responsables (Phare) à la direction générale de l'offre de soins (DGOS).

Raphaël Ruano s'est exprimé lors de la séance plénière d'ouverture des journées de l'achat hospitalier, organisées les 8 et 9 décembre à Montrouge par le Resah (Réseau des acheteurs hospitaliers). Ces journées avaient pour thème "L'achat hospitalier à l'heure des grandes réformes: vers une nouvelle organisation" (à lire aussi: Achats hospitaliers: le recours au Resah, à l'Ugap et à UniHA va être recommandé pour tous les GHT sur certains marchés) .

Le directeur des achats au CHU de Toulouse, qui a pris ses fonctions de chef du programme Phare le 1er juillet, a commencé par rappeler que la fonction achats était au coeur de multiples évolutions: la mise en place des GHT, prévue par le projet de loi de santé, des contraintes budgétaires importantes, la réforme territoriale, ou encore des exigences fortes de la part des chefs d'établissements. "Ils veulent de plus en plus de visibilité sur les conséquences de l'achat", a-t-il dit.

Dans ce contexte, la mutualisation de la fonction achat prévue par les GHT "offre des opportunités multiples", a-t-il assuré.

Il a d'abord cité "le partage des ressources rares", comme les cellules juridiques, les experts par filière ou le système d'information dédié aux achats.

Surtout, la mutualisation "permettra de libérer du temps pour traiter les missions stratégiques de l'achat en amont et en aval", a-t-il expliqué. En amont, il s'agit d'améliorer le dialogue acheteur/prescripteur et la veille fournisseurs; en aval, le suivi des marchés, l'évaluation et le retour d'expérience. "On pourra s'intéresser plus finement à la mise en oeuvre du contrat", a-t-il résumé.

La mutualisation permettra aussi aux acheteurs d'atteindre une "taille critique au niveau territorial" et donc d'améliorer leur visibilité et attractivité vis-à-vis des fournisseurs. "Au bout du compte, le rapport de force avec le fournisseur ne sera plus le même", s'est félicité Raphaël Ruano.

Notant que "la communauté des achats hospitaliers démontre très régulièrement un très grand dynamisme" et monte fortement "en maturité sur de nombreux sujets métiers", il a expliqué que ce projet de mutualisation constituait "une reconnaissance du caractère stratégique de la fonction".

Le responsable du programme Phare a aussi présenté à l'auditoire les "points de vigilance" qui accompagnent la réforme. Parmi eux, "les fortes attentes de visibilité sur la feuille de route des achats nationaux", a-t-il noté, faisant référence aux segments de marchés nationaux.

Il a aussi mentionné les fortes demandes en termes d'accompagnement, avec des kits de formation et des prestations d'appui. Cet accompagnement est "programmé" et "prévu", et il sera "adapté en fonction des besoins", a-t-il rassuré. Enfin, il a souligné les attentes "croissantes" en termes de lisibilité de la performance achat. "On doit rendre lisible les gains dans le processus budgétaire" et auprès des directions d'établissements et d'agences régionales de santé (ARS), a-t-il déclaré.

Pour que la mutualisation fonctionne, a-t-il souligné, elle devra répondre à un "besoin de forte coordination des acteurs des établissements" ainsi qu'à une harmonisation des pratiques.

Un accompagnement de la DGOS en 2016

Parmi les "pistes pour demain", le directeur des achats a mentionné une "optimisation des organisations et missions", une "industrialisation des processus" (avec l'instauration notamment d'un contrôle de gestion achat et une professionnalisation des acheteurs), un renforcement de l'adhésion des établissements et GHT (en suscitant une plus grande implication des établissements) et un renforcement de la relation avec les fournisseurs.

La DGOS va mettre au point, au premier semestre 2016, des scénarios détaillés avec tous les acteurs de l'achat pour accompagner les évolutions de la fonction. Des groupes de travail seront organisés entre janvier et mai 2016 sur la "cartographie des segments d'achats", la "description fonctions/processus" et les "spécifications du SI achat". Ces scénarios seront ensuite validés de manière "pragmatique" sur des entités pilotes de maturités et tailles différentes.

Le second semestre 2016 sera consacré à la mise en oeuvre de plans de formation des acteurs (acheteurs et managers) et de plans d'accompagnements qui se traduiront par de l'appui à quelques GHT et groupements de commandes.

mb/eh/ab

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