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GHT: une convergence informatique "pragmatique" et mutualisée en Auvergne-Rhône-Alpes

Image d'illustration - recherche clinique
Image d'illustration - recherche clinique

(Par Raphaël MOREAUX)

LYON, SAINT-ETIENNE, 18 juillet 2018 (TecHopital) - Les groupements hospitaliers de territoire (GHT) Loire et Rhône Centre ont fait le choix d'une stratégie "pragmatique" de convergence informatique passant par une plateforme d'interopérabilité et un hébergement de données mutualisé pour garantir l'échange d'informations entre établissements et limiter les coûts, ont témoigné fin juin les directions informatiques des Hospices civils de Lyon (HCL) et du CHU de Saint-Etienne.

Les GHT Loire et Rhône Centre, dont les établissements supports respectifs sont le CHU de Saint-Etienne et les Hospices civils de Lyon (HCL), font face aux mêmes problématiques pour respecter l'impératif de convergence des systèmes d'information dans les groupements hospitaliers, malgré des profils différents.

Le GHT Loire est le plus vaste groupement hospitalier né en 2016 et rassemble 19 établissements de la Loire, du Nord de l'Ardèche et de l'Ouest du Rhône, tandis que le GHT Rhône Centre s'organise dans la métropole lyonnaise autour des HCL, des CH de Neuville-sur-Saône et de Sainte-Foy-lès-Lyon ainsi que du centre hospitalier gériatrique du Mont d'Or (Albigny-sur-Saône).

"Nous devons gérer un double problème: une attente médicale d'avoir un dossier patient informatisé [DPI] partagé, inscrite dans le projet médical partagé du GHT, et en parallèle une extrême hétérogénéité des systèmes d'information des établissements", a expliqué Jean-Christophe Bernadac, directeur des systèmes d'information (DSI) du CHU de Saint-Etienne.

Il a dénombré pas moins de neuf DPI d'éditeurs différents dans le GHT Loire, et "presque autant" de diversité dans les outils informatiques utilisés pour la gestion administrative du patient, ou la gestion économique et financière (GEF).

Dans le GHT Rhône Centre, le directeur informatique des HCL, Philippe Castets, a aussi constaté une situation "très hétérogène" en matière d'équipements, avec notamment des particularités liées au logiciel métier utilisé pour la partie gériatrique au centre du Mont d'Or.

Au-delà du seul GHT Rhône Centre, le DSI anticipe d'autres contraintes liées à la communication avec des structures hors GHT, comme l'hôpital militaire Desgenettes (Lyon) ou la structure privée d'hospitalisation à domicile (HAD) Soins et santé.

"Lorsqu'on a lancé la démarche des GHT, tout le monde était plus ou moins dans l'euphorie, comme si, par ce biais, on allait pouvoir construire un outil magique qui fait communiquer tout et tout le monde. Force est de constater aujourd'hui que la plupart des sites reviennent à la raison, parce que les éditeurs ne sont pas prêts ou parce que les prix sont prohibitifs", a analysé Philippe Castets.

Convergence du dossier patient "à géométrie variable"

Pour des "raisons psychologiques comme de coûts", le directeur informatique des HCL a donc décidé de "ne pas imposer à marche forcée" un même logiciel pour l'ensemble des établissements du GHT.

Si le CH de Sainte-Foy-lès-Lyon a déjà basculé sur le DPI Easily*, conçu et hébergé par les HCL, les autres établissements et partenaires du GHT auront le choix entre ce même logiciel ou l'interfaçage de leurs propres outils à une plateforme d'interopérabilité gérée par les HCL et appelée Hybrid*.

"Les HCL alimentent déjà Hybrid* a raison de plusieurs milliers de documents par semaine. Deux autres structures vont s'y connecter en septembre. Pour les deux autres, cela viendra probablement en 2019", a détaillé Philippe Castets.

Le GHT Loire a adopté une stratégie similaire de convergence de son informatique, reposant sur un schéma directeur du système d'information (SDSI) "à géométrie variable" adopté fin 2017, a témoigné Jean-Christophe Bernadac du CHU de Saint-Etienne.

"La cible est bien de parvenir à l'unification du dossier patient. Tous les CH qui constituent l'épine dorsale de notre GHT ont pris la décision d'une migration à court terme vers Easily*, mais nous souhaitons y aller de façon progressive pour respecter les contraintes propres à chacun", a-t-il souligné.

"Chaque établissement a ses spécificités, ses sensibilités, ses organisations, et le projet de déployer un même DPI au rouleau compresseur ne sous semblait pas crédible, ni même réalisable techniquement", a-t-il ajouté.

Comme son voisin du Rhône, le GHT Loire a donc opté pour la plateforme d'interopérabilité Hybrid*. Une fois interfacés avec la plateforme décrite comme un "entrepôt de données médicales centralisé", les établissements parties du groupement peuvent y verser les informations sur les patients hospitalisés destinées à être partagées avec l'ensemble du GHT.

Prestations d'hébergement inter-GHT

Toutes les informations mises en commun dans le GHT Loire seront hébergées par les HCL, pour un coût global prévisionnel de 80.000 euros par an pour l'ensemble du GHT. "Cela coûte plus cher que ce que certains établissements payent aujourd'hui, mais ce n'est pas rédhibitoire, et cela permet de concilier la finalité du projet médical avec les contraintes d'hébergement et de coût technique", a noté le DSI du CHU de Saint-Etienne.

Agréé pour l'hébergement des données de santé (HDS) et disposant de capacités d'hébergement, les HCL peuvent ainsi "mutualiser les coûts supplémentaires avec plusieurs GHT", a souligné pour sa part Philippe Castets, mettant en avant une solution "pragmatique et peu onéreuse".

Dans un contexte où les chantiers informatiques se multiplient pour les hôpitaux, entre l'impératif de faire converger les systèmes d'information et les nouvelles obligations en matière de gestion et de déclaration des incidents informatiques et de la protection des données personnelles, "le GHT doit être le motif qui nous pousse à coopérer et à mutualiser certains des chantiers informatiques de façon à ne pas gâcher de l'argent public inutilement", a estimé le DSI des HCL.

Il a indiqué avoir proposé à d'autres GHT d'héberger leurs données en fournissant des salles physiques d'hébergement et des prestations d'administration et d'infogérance des systèmes.

Au-delà de cette question de l'hébergement, Philippe Castets a assuré être en relation avec les équipes d'une "quinzaine" de GHT pour "échanger sur nos difficultés" et "trouver des solutions techniques".

Profiter d'outils régionaux

Parmi la multitude de projets à mener de front, le GHT Loire n'a pas souhaité s'engager dans le choix de logiciels de gestion administrative et de gestion économique et financière uniques. "Cela ne présente aucune valeur ajoutée pour les médecins et soignants", a pointé Jean-Christophe Bernadac, expliquant aussi ce choix par une "impossibilité financière".

"Si on ne fait pas d'arbitrage intelligent, on sera incapable de présenter un bilan pérenne en 2021", soit la date retenue lors de la création des GHT pour que les systèmes d'information convergents soient opérationnels, a-t-il ajouté.

C'est donc par la mise en place d'un identifiant unique que ces différents logiciels pourront communiquer. Pour cela, le GHT Loire comme le GHT Rhône Centre profitent du serveur de rapprochement d'identités régional STIC (serveur télématique d'identités communautaires), déployé par l'agence régionale de santé (ARS) Auvergne-Rhône-Alpes et le groupement de coopération sanitaire (GCS) Sisra.

Le DSI du CHU stéphanois a mis en avant le fait de pouvoir "bénéficier d'un solide historique" et d'une "culture de l'innovation du partage d'outils informatiques" dans la région pour "casser les frontières" entre établissements.

Interrogé sur les difficultés qu'il anticipe dans le suivi des projets informatiques du GHT, Jean-Christophe Bernadac a pointé le "risque de trou d'air entre le lancement des projets et leurs financements qui vont sans doute arriver début 2019". Cela pourrait être préjudiciable à la dynamique créée entre les établissements qu'il faut "maintenir" et "préserver".

"On nous a imposé de finir nos SDSI au 1er janvier 2018 mais il n'y a aucun programme de financement relais prêt pour démarrer leur mise en oeuvre", a déploré le DSI, expliquant compter sur la mise en place du programme Hop'en.

Pour l'heure, les GHT Loire et Rhône Centre ont obtenu des financements respectifs de 100.000 et 150.000 euros par l'ARS Auvergne-Rhône-Alpes pour l'élaboration du SDSI et pour financer l'infrastructure informatique des groupements.

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