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Hopipharm : le cancer parmi les thèmes du congrès des pharmaciens

PARIS, 2 mai (Direct Hôpital) – Mariannick Le Bot, vice-présidente du Synprefh et pharmacien au CHU de Brest revient sur les changements auxquels fait face la profession, à l'occasion du congrès Hopipharm des pharmaciens hospitaliers, du 21 au 24 mai à Lyon.

Direct Hôpital : Le Syndicat national des pharmaciens des établissements publics de santé (Synprefh) organise son congrès Hopipharm dans quelques semaines. Que pourra-t-on y trouver ?

 
Mariannick Le Bot : Le Synprefh regroupe un peu plus de 1.000 pharmaciens hospitaliers, venus de tout type d'établissement, du CHU à l'Ehpad. Chaque année, notre congrès annuel a lieu en mai, sur trois jours. Nous y passons en revue l'actualité professionnelle et syndicale du moment et avons un ensemble d'ateliers et de tables-rondes sur différents sujets.
 
Cette année, nous débuterons par une conférence scientifique sur le thème du cancer, avec une approche mixte liant l'aspect thérapeutiques et les sciences humaines et sociales. Ce thème sera décliné lors d'ateliers de travail, comme celui sur la déclaration et l'analyse des erreurs en cancérologie. D'autres ateliers ont pour objet l'éducation thérapeutique, la gestion des risques ou le circuit des dispositifs médicaux, etc.
 
Le congrès sert aussi à présenter les travaux réalisés durant l'année dans les différents établissements, sous forme de posters ou de communications orales. Nous présenterons aussi une nouvelle version de notre livre blanc, Cap 2020.
 

A quelles grandes évolutions la pharmacie hospitalière doit-elle faire face ?

 
Elle a aujourd'hui pour mission importante de se mettre en cohérence avec le projet thérapeutique des patients et d'être beaucoup plus en prise avec leur information, la personnalisation des traitements, leur administration… L'objectif est qu'à terme, tous les patients hospitalisés puissent bénéficier d'une analyse de leur ordonnance, d'un avis scientifique sur la pertinence des prescriptions et d'une délivrance nominative sécurisée.
 
Nous devons être sûrs que les patients reçoivent un traitement adapté et sécurisé. Cela implique d'abord une formation continue importante des acteurs, que les priorités soient clairement définies et qu'on utilise les développements technologiques (automates de préparation, de prescription…) pour nous aider à sécuriser le circuit des produits de santé.
 

Comment ces nouvelles technologies modifient-elles le quotidien des pharmaciens hospitaliers ?

 
Le déploiement des prescriptions informatisées, que nous observons dans les hôpitaux, nous permet de recevoir dans les pharmacies toutes les ordonnances, de pouvoir les analyser et les dispenser. Cela permet d'être en continuité, au niveau de la sécurité, entre la dispensation, la distribution et la prise du traitement. Notre objectif est de sécuriser au maximum l'étape de l'administration, où il y a le plus de risques.
 

L'investissement dans un tel système est-il à la portée de tous les établissements, ou réservé pour l'instant aux CHU ?

 
Au contraire, je dirais que sur ce point, les CH sont en avance sur les CHU. Souvent, les programmes d'informatisation se sont développés plus facilement dans les centres hospitaliers de taille moyenne qu'au niveau des CHU, où les thématiques ont été difficiles à aborder dans leur globalité.
 
Nous avons beaucoup de CH qui, dans ce domaine, rendent envieux les CHU !
 

La logistique des pharmacies est-elle également bouleversée par l'arrivée des automates ?

 
Oui, on trouve des automates de plusieurs sortes : certains de délivrance globale, d'autres de délivrance individuelle. Avec les automates de délivrance globale, il est possible de réceptionner les médicaments par lecture des codes-barres, puis de les interfacer avec les systèmes d'information pour les redistribuer dans les unités de soins.
Les automates de délivrance individuelle permettent, eux, d'étiqueter le traitement au nom du patient. On en trouve là-aussi de plusieurs sortes. Ceux dédiés aux formes sèches (comprimés, gélules, etc.) sont peu coûteux et à la portée de beaucoup d'établissements. La sécurisation s'en trouve déjà bien renforcée.
 

Justement, cette problématique de sécurisation est-elle compatible avec les budgets de plus en plus serrés des établissements ?

 
Cette question ne s'est pas trop posée pour la biologie, où les établissements ont rapidement investi dans des automates de laboratoire. Si cela n'a pas été le cas dans les pharmacies hospitalières, c'est aussi car les automates n'avaient pas d'utilité tant que l'informatisation des prescriptions n'était pas menée à bien.
 
Je pense donc que dans quelques années, cette automatisation deviendra une règle en pharmacie, comme elle l'est aujourd'hui en biologie.
 
Le retour sur investissement aura lieu grâce au recentrage du temps infirmier sur leurs missions premières, le soin, l'information des patients et l'éducation thérapeutiques. Et non, comme c'est parfois le cas aujourd'hui, la préparation des piluliers.
 
/mb

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