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Ingénieur coordinateur de bloc, aide-soignante de flux... les nouveaux métiers de la chirurgie ambulatoire

Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital
Crédit : Geneviève De Lacour/TecHopital

(Par Geneviève DE LACOUR, aux journées de l'Afca)

ISSY-LES-MOULINEAUX (Hauts-de-Seine), 5 février 2020 (TecHopital) - Ils sont médecin coordinateur de bloc, aide-soignante de flux, directeur de parcours de soin, ingénieur coordinateur de bloc, infirmière de coordination ou référent système d'information... ce sont les nouveaux métiers de la chirurgie ambulatoire présentés le 29 janvier aux Journées nationales de la chirurgie ambulatoire.

François Dravet est médecin coordinateur de bloc de l'unité ambulatoire de l'Institut de cancérologie de l'Ouest (ICO) à Nantes.

Chargé de l'encadrement, de l'organisation des soins et de la gestion, son rôle au quotidien est double "entre celui de guide et celui de gendarme. Il fait faire les deux. Il faut rester à l'écoute et ne pas laisser s'accumuler des dysfonctionnements."

La mission du médecin coordinateur est primordiale dans la mise en place des circuits patients, dans la charte de fonctionnement de l'unité de chirurgie ambulatoire.

A ce poste depuis 25 ans, François Dravet met actuellement en place de nombreux outils tels que la création de la consultation d'annonce, des fiches d'information, un site internet, une application mobile, ou des outils de communication avec le médecin généraliste.

Son rôle est également stratégique puisqu'il est chargé de faire croître le taux d'ambulatoire, d'élargir les indications, et surtout d'améliorer l'unité en fonction de l'augmentation d'activité. "C'est notre problème majeur actuellement. Nous sommes obligés de refaire de l’'ambulatoire forain', c'est à dire de placer des malades en hospitalisation conventionnelle."

"Pour chaque médecin et anesthésiste, je remets chaque année un rapport d'activité basé sur une vingtaine d'actes traceurs permettant un suivi du service mais aussi un suivi individuel. Je leur donne leur taux d'ambulatoire, leur taux de conversion".

Enfin, le médecin coordinateur a un rôle de contrôleur de suivi de tout nouveau projet. Et pour ce faire il doit être un bon négociateur, car "nous sommes constamment confrontés à un 'oui mais'".

Les infirmières de coordination, tour de contrôle

Charlotte Decoux est infirmière diplômée d'Etat (IDE), au centre Léon-Bérard de Lyon, et infirmière de coordination dans le cadre du parcours du cancer du sein.

Après la création du poste d'infirmière d'annonce en 2010 et celui d'infirmière pivot en 2012, dont la mission est la gestion du post-opératoire, le poste d'infirmière de coordination a été créé en 2016. Il s'agit d'une infirmière de parcours qui assure un suivi plus long.

Une fois que le chirurgien a annoncé le cancer à la patiente, l'infirmière de coordination va la recevoir dans un délai de 7 à 10 jours. "Je suis associée à la consultation de l'anesthésiste. J'ai une heure pour reformuler l'annonce et remettre leur programme personnalisé de soins qui va résumer leur parcours en ambulatoire. Je suis là pour les sécuriser, accompagner les patientes ainsi que les aidants, aussi les préparer avant la chirurgie."

"Le jour J, je leur explique comment va se passer leur parcours, le trajet vers le bloc à pied, le retour en fauteuil, etc."

De plus, l'infirmière de coordination envoie un courrier au médecin traitant. "C'est vraiment le début du lien entre la ville et l'hôpital."

"Mon travail est là pour diminuer les venues inutiles, gérer les complications post-opératoires, rassurer les patientes, faire un renouvellement d'ordonnance si nécessaire, faire revenir les petites urgences s'il faut réhospitaliser. Au final, les patientes sont vraiment rassurées."

Le rôle de l'infirmière de coordination est de mettre en lien et sécuriser le professionnel tout comme la patiente. Elles sont "la tour de contrôle", au service du collectif.

L'aide-soignante de flux assure l'accueil des patients

Nathalie Chabrerie est aide-soignante en chirurgie ambulatoire au CHU de Bordeaux. L'aide-soignante de flux permet d'améliorer la gestion du flux du parcours patient.

Elle assure l'accueil du patient, aide au déshabillage, vérifie les consignes données, assure la bienveillance et la bientraitance du patient. Elle l'accompagne à pied, aide à son installation au bloc, aide au bionettoyage, mais aussi dans la gestion des brancards et des fauteuils. Elle travaille étroitement avec les IDE.

Il est important d’"avoir le sens de l'accueil, d'expliquer clairement les différentes étapes, de rassurer le patient", a-t-elle fait remarquer. Pour cela, il est nécessaire d'avoir officié sur les différents postes d'aide-soignants du parcours.

Enfin, son rôle est d'anticiper sur l'avancée du parcours, "avoir une vraie démarche d'amélioration continue".

59% c'est le taux de chirurgie ambulatoire en 2019
Mi-2019, le taux d'actes de chirurgie réalisés en ambulatoire avoisinait les 59%, ont annoncé Sylvie Escalon, sous-directrice de la régulation de l’offre de soins (SDR) à la direction générale de l'offre de soins (DGOS), et Corinne Vons, présidente de l'Association francophone de chirurgie ambulatoire (Afca) le 28 janvier lors d'une audition à l'Assemblée nationale (Mecss).
En 2018, le taux de chirurgie ambulatoire s'élevait à 57,6%, selon l'Afca.
Comme pour 2018, Corinne Vons a souligné un retard trop important pour parvenir au taux de 70% en 2022 avancé par Agnès Buzyn en 2017.

L'ingénieur gère la complexité des organisations

Nathalie Fontan est ingénieure coordinatrice de bloc à l'Hôpital Saint-Joseph, à Paris.

L'ingénieur de bloc a une "posture opérationnelle", il est "au cœur du bloc", à la recherche de "solutions pragmatiques" et avec des "obligations de résultats qualitatifs et quantitatifs", a-t-elle expliqué.

Elle constate ainsi que les blocs opératoires sont en mutation constante, avec un regroupement de plusieurs spécialités et des blocs de plus en plus grands ("trop grands même"). "Nous sommes dans une saturation des capacités, voulue, car la non-saturation a un surcoût exorbitant. De plus il faut faire face à la rareté des ressources (anesthésistes, infirmières de bloc, etc.)".

Or, les organisations complexes nécessitent de l'ingénierie. Si "les médecins sont les donneurs d'ordre dans un bloc, véritable plateau technique, les cadres de santé sont quant à eux rattachés à l'ingénieur".

L'ingénieur doit avoir des compétences en logistique, en pilotage d'organisations complexes, et surtout en gestion de projet. "Mon profil intéresse du fait de sa neutralité, ce qui favorise l'intérêt collectif. En effet, mon absence de connaissance des sujets [médicaux] amène les médecins à formuler clairement leurs attentes et leurs objectifs."

"Manager les nœuds"

Virginie Fortineau est directrice de parcours de soin et de méthode lean à l'Assistance publique-hôpitaux de Paris (AP-HP). "Mon rôle est de fluidifier, piloter et améliorer le parcours patient à l'hôpital, en ayant la main sur les nœuds du flux."
Avec le raccourcissement des durées moyennes de séjour et la création de plateaux techniques de plus en plus pluridisciplinaires, les flux se sont complexifiés. "Les plateaux sont de plus en plus gros et les flux qui sont de plus en complexes échappent aux logiques de pôles. Nous rencontrons essentiellement des problématiques organisationnelles."

Il s'agit "de manager en direct les nœuds du flux: les blocs communs, les unités de chirurgie ambulatoire (UCA), le brancardage central, la polyclinique de consultation, l'unité de médecine ambulatoire".

Ainsi, deux rôles coexistent dans cette direction, avec une personne par site: le management direct des nœuds du flux et un rôle de support méthodologique à l'ensemble des services, la gestion des questions d'organisations.

Enfin, elle a évoqué le sujet du lean management qui, pour elle, est une "valeur ajoutée pour le patient". Avec le lean, "nous cherchons l'optimum global, obligeant à travailler de manière transversale. Le lean permet de développer une culture apaisée de l'indicateur pertinent. Il faut sortir des postures et pour cela il faut mesurer, mettre en place de bons indicateurs."

Un référent informatique rattaché au bloc

Baptiste Devocelle est référent système d'information et processus à l'Hôpital Saint-Joseph de Paris, dans lequel un système alternatif de référent informatique directement rattaché au bloc opératoire a été mis en place.

Ainsi, "je suis directement rattaché au bloc, au contact direct des infirmiers anesthésistes (Iade), des infirmiers de bloc opératoire (Ibode), des chirurgiens et cadres de santé. Je dois représenter les différents métiers du bloc auprès des éditeurs de logiciels et du service informatique", a-t-il expliqué aux journées de l'Afca.

"L'organisation d'une unité de chirurgie ambulatoire et l'organisation en binôme avec le bloc nécessite d'avoir un outil informatisé. Or, il existe un décalage entre les besoins du métier et la manière dont ces besoins seront perçus par les services informatiques."

Habituellement, la DSI fonctionne de manière centralisée. L'interlocuteur est très éloigné du terrain et a du mal à comprendre ce qui s'y passe. "Mon rôle a été d'installer un outil, un écran qui informe quand les patients sont prêts. Et cette information redescend sur l'écran de gestion du bloc. Ainsi, nous pouvons piloter l'attente des patients pour raccourcir le processus préopératoire."

"Nous développons actuellement deux projets avec deux éditeurs différents sur de la simulation des flux avec de l'Intelligence artificielle", a-t-il rapporté.

gdl/nc

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