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Investissements, innovation, ressources humaines... les HCL vont finaliser plusieurs projets "non Covid" en 2021 (Raymond Le Moign)

Raymond Le Moign. Photo: Frédéric Maligne.
Raymond Le Moign. Photo: Frédéric Maligne.

(Par Sabine NEULAT-ISARD)

LYON, 5 février 2021 (TecHopital) - Malgré un nombre encore élevé de patients Covid hospitalisés, les Hospices civils de Lyon (HCL) poursuivent plusieurs projets d'innovation ou d'investissements, dont certains seront finalisés en 2021, a déclaré leur directeur général, Raymond Le Moign, dans un entretien accordé à APMnews/TecHopital.

Un an après l'annonce (officielle) des infections au nouveau coronavirus en Chine puis l'arrivée de l'épidémie en France, 2021 commence de manière "compliquée" pour les hôpitaux, observe Raymond Le Moign.

"La difficulté pour les équipes de soins et pour les HCL, en tant qu'institution, est de devoir gérer l'effort d'adaptation à une semaine, du fait du Covid, notamment l'hypothèse de devoir réarmer des lits complémentaires de soins critiques, de se projeter à une année en intégrant tout le programme des travaux, des réformes, des transformations et des activités à développer, et d'inventer la médecine de demain et imaginer les missions à 5 ou 10 ans du CHU."

La pression demeure élevée sur le front du Covid, comme l'ont indiqué les HCL dans leur dernier bulletin hebdomadaire du 26 janvier. Les HCL qui ont normalement 137 lits de soins critiques, ne sont toujours pas revenus à cette situation. Depuis le début de la deuxième vague, "nous ne sommes jamais descendus en dessous de 180 lits et en avons même rouvert 5 supplémentaires pour faire face à l'arrivée de patients Covid et préserver le niveau d'accueil des autres patients", souligne leur directeur général.

Si l'Auvergne-Rhône-Alpes n'est, actuellement, pas la région la plus touchée par la circulation du virus, "tout le monde s'interroge", "l'histoire nous ayant appris à être vigilants", prévient l'ancien directeur de cabinet d'Agnès Buzyn puis d'Olivier Véran au ministère des solidarités et de la santé, qui assure aussi que les HCL tiennent à "préserver" les congés des personnels et à anticiper le plus possible les réorganisations.

Passage de 14 à 13 sites

Malgré cette situation, les HCL vont finaliser "cette semaine" la fin du déménagement de l'activité de l'hôpital gériatrique Antoine-Charial (Francheville) vers l'hôpital Pierre-Garraud (Lyon Ve), opération qui permettra aux patients en soins de longue durée de bénéficier d'un "accueil hôtelier moderne" et conduira les HCL à passer de 14 à 13 sites.

Si le site occupé par l'hôpital Antoine-Charial est appelé à bénéficier d'un plan de réaffectation et à être vendu, il va faire l'objet d'une occupation temporaire en accord avec la préfecture et la métropole pour accueillir des familles migrantes.

L'autre actualité importante de l'année concernant les HCL porte sur l'ouverture, prévue en mars, du bâtiment des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de la Croix-Rousse. Il constituera "un des bâtiments les plus modernes de France dans ces maladies". Il réunira des équipes réparties sur trois bâtiments, dont l'institut des agents infectieux qui héberge notamment le centre national de référence (CNR) sur les virus respiratoires dirigé par le Pr Bruno Lina. Il regroupera "l'expertise et le recours clinique et l'expertise et le recours biologique", se félicite Raymond Le Moign.

Il note cependant une "difficulté", qui est de "comment gérer un déménagement en pleine période de crise Covid, avec des équipes sur-sollicitées et des mesures barrières qui empêchent de le préparer comme on pouvait le faire en période courante".

En 2021, les HCL vont également poursuivre la rénovation de l'hôpital Edouard-Herriot (HEH, Lyon IIIe). Ils ouvriront à cet effet un nouveau bâtiment qui accueillera les unités de médecine de post-urgence et prolongera la création du bâtiment H, ouvert en septembre 2018 et qui a regroupé, sur 18.000 m², la plupart des activités chirurgicales et d'imagerie de cet hôpital, auparavant dispersées sur plusieurs pavillons, ainsi qu'une hélistation.

L'étape 2 du plan de rénovation de cet hôpital pavillonnaire, dont des parties sont encore très vétustes, va également être inscrite dans un schéma directeur immobilier qui sera stabilisé "au cours du premier semestre 2021", poursuit Raymond Le Moign qui précise que ce travail a été mené aussi avec l'université pour permettre une vision assez globale du programme de rénovation et intégrer les missions hospitalières et les missions universitaires.

Les HCL préparent également le "grand chantier" du projet Bauréals sur le site de l'hôpital Lyon-Sud et l'accueil du métro en 2023. D'un coût de l'ordre de 100 millions d'euros, Bauréals, qui constitue l'un des deux "grands programmes de rénovation" des HCL avec celui d'Edouard-Herriot, concerne la reconstruction d'un service d'accueil des urgences, des blocs opératoires et des soins critiques. Ce chantier s'étalera entre 2023 et 2026. "On a commencé des travaux de programmation et tous les appels d'offres sont prêts à être lancés", souligne le directeur général.

En 2021, les HCL vont aussi poursuivre la rénovation de l'hôpital pneumologique et cardiovasculaire Louis-Pradel (Bron).

En matière d'investissements, les HCL auront gardé un niveau de dépenses élevé en 2020, "supérieur à 100 millions d'euros" (M€), tout en conservant un objectif annuel de 140 M€.

Sur le plan financier, les HCL attendent encore des délégations de crédits au titre de 2020. "Compte tenu de la garantie de recettes mise en oeuvre, des arbitrages qu'on anticipe sur le financement des surcoûts Covid et la restitution de la réserve hospitalière qui a été annoncée aux établissements, on devrait finir avec un léger excédent, autour de 10 millions d'euros au budget principal", annonce le directeur général.

Sur 2019, le résultat a été positif de 18 M€. "Les HCL devraient donc stabiliser une situation budgétaire équilibrée", observe Raymond Le Moign.
Pour l'état des prévisions de recettes et de dépenses (EPRD) 2021, que les HCL ont prévu de présenter fin mars et le plan global de financement pluriannuel (PGFP), qui sera présenté fin juin, "on essaye d'intégrer des éléments de cadrage sur la poursuite de la crise Covid au premier semestre 2021".

Lancement de l'expérimentation SAS

L'année 2021 sera également consacrée à la mise en oeuvre des mesures issues des accords du Ségur, relatives au volet ressources humaines (RH), au volet investissements avec la préparation des arbitrages sur la reprise de la dette hospitalière, à la simplification et l'évolution de la gouvernance et ou encore ayant trait à la territorialisation, comme le service d'accès aux soins (SAS).

Les HCL et leurs partenaires (URPS, pompiers, SOS Médecins, transporteurs sanitaires privés) ont lancé le 1er février l'expérimentation du SAS, le projet lyonnais ayant été retenu parmi les 22 projets pilotes.

Une plateforme, permettant de recevoir "de façon concertée et en un seul lieu, les demandes d'accès à des soins non programmés, qu'ils relèvent de la médecine ambulatoire ou de la médecine d'urgence", a été ainsi conçue sur le site d'Edouard-Herriot par un réaménagement du centre 15 et le recrutement de personnels spécifiques.

S'agissant par ailleurs du volet RH des accords du Ségur, plusieurs questions sont à traiter. "Nous essayons d'inscrire tout cela dans les lignes directrices de gestion pour fixer un programme de travail entre représentants du personnel et l'institution", précise Raymond Le Moign.

san/gdl/ab

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