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Journées de l'ADH: sept recommandations pour "manager avec de l'éthique"

Crédit: Fotolia/adrian_ilie825
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Sept recommandations pour "manager avec de l'éthique" ont été proposées par Lionel Bellenger, maître de conférences à l'École des hautes études commerciales (HEC) et Paris-III Sorbonne Nouvelle, aux directeurs d'hôpitaux, venus assister à une session sur ce thème organisée vendredi 25 mars à l'occasion des 24èmes Journées nationales de l'Association des directeurs d'hôpital (ADH).

Ces journées, qui portaient sur "les valeurs hospitalières dans la tourmente" se sont déroulées jeudi et vendredi au Parc floral de Paris.

"Manager par des valeurs c'est avoir une autorité de type responsabilisante", a débuté Lionel Bellenger. Il s'agit pour lui de la première recommandation à mettre en place pour "manager avec de l'éthique".

Le maître de conférences précise que par "autorité de type responsabilisante" il veut rappeler le sens étymologique du mot "autorité", c'est-à-dire "quelqu'un qui fait grandir, qui crée des conditions favorables".

S'interroger sur les conséquences et pas uniquement sur les raisons

"Il ne suffit pas de dire pourquoi on a pris cette décision mais de prendre en compte les conséquences de celle-ci", explique-t-il. "Par exemple, lorsque nous avons décidé d'une mutation, on sait dire pourquoi mais s'est-on posé la question de la conséquence de cette nomination ? On pourrait presque parler d'effets secondaires ou d'effets corollaires. La cause peut être juste mais il peut y avoir des conséquences malheureuses qui remettent en cause la décision qui a été prise".

La clarté des règles est aussi perçue comme un "facteur de sécurité", "une garantie donnée à un groupe", selon lui. "Celui qui dirige est celui qui apporte de la sérénité, de la garantie par les décisions qu'il prend et on s'aperçoit que dans la vie d'un groupe, l'existence de clarté de règles est un élément déterminant".

La deuxième recommandation porte sur la "consistance", "c'est-à-dire de mettre en accord ce que l'on dit avec ce que l'on fait". "L'affaiblissement des valeurs [est issu] de la promesse non tenue [qui conduit] à une perte de confiance", a-t-il précisé.

"La consistance, c'est aussi la fiabilité, garder le cap, ne pas changer d'avis sans arrêt, il y a une idée de continuité derrière cela, qui rassure". "Tout groupe humain a besoin de repères. Tous les managers qui ont créé à un certain moment les conditions du faire grandir au sein de leur groupe avaient cette consistance, c'est-à-dire de réduire l'écart entre ce qui est dit et ce qui est fait", assure-t-il, tout en soulignant que "c'est une discipline personnelle qui n'est pas facile car nous sommes soumis à des pressions et à des évènements extérieurs".

Accorder une écoute suffisante autour de soi

Lionel Bellenger propose comme troisième recommandation "la reconnaissance et le respect de l'autre comme condition pour créer du lien social". "Est-ce que j'accorde une écoute suffisante autour de moi ?", interroge-t-il. "Il s'agit de redécouvrir la vertu du questionnement, de chercher à comprendre avant de dire, de faire preuve d'empathie, c'est-à-dire d'avoir une attitude de compréhension".

La quatrième recommandation concerne la "capacité à se remettre en cause" qui est souvent associée à l'échec, a-t-il regretté. "La répétition indique que quelque chose ne va pas. Tirer les enseignements, retrouver la vertu de l'expérimentation" permet de sortir de cette spirale. "On peut se tromper mais si j'ai une culture de la remise en cause, je vais revoir le problème et faire autrement. Cela suppose une attitude positive et non culpabilisante".

Pour le maître de conférences, "la combativité" et "la notion de résilience" font partie du management par les valeurs. "Avoir de la ténacité et de la persévérance sont des éléments très forts qui prouvent que la personne fait preuve de résilience, avec un parti pris d'optimisme. Faire développer cela autour de soi permet de chercher ensemble une résolution", a-t-il expliqué.

Le retour de la coopération en cherchant l'expérimentation

Comme sixième recommandation, Lionel Bellenger a défendu "le retour très fort de la coopération". "Le partage apporte d'autres types de richesse comme la redécouverte des vertus de la décision collégiale".

Enfin, "générer des changements sans être dans la radicalité [sans] faire table rase du passé" en introduisant "la notion de transition" a été proposée par le conférencier comme le septième et dernier élément d'un management éthique. "C'est un accompagnement très humain qui intègre les résistances et les énergies et qui n'éradique pas la situation d'avant. Conceptualiser cette transition pose beaucoup de questions: Combien de temps cela va durer ? Qui va participer ? Qui va être acteur dominant dans la transition ?...", a-t-il expliqué.

Faire vivre ces valeurs sur le terrain

A la suite de cette intervention, une table ronde sur comment faire vivre ces valeurs au quotidien s'est tenue avec Yves Auroy, médecin-chef de l'hôpital d'instruction des armées de Sainte-Anne à Toulon, Catherine Geindre, directrice générale de l'Assistance publique-hôpitaux de Marseille (AP-HM) et de Marie-Astrid Piquet, présidente de la commission médicale d'établissement du CHU de Caen.

Pour Catherine Geindre, la difficulté est de faire "converger des valeurs historiques et des valeurs plus modernes". "C'est actuellement ce qui est le plus difficile à faire ou à irriguer dans notre quotidien, dans le fonctionnement de nos valeurs". La directrice générale de l'AP-HM a par ailleurs déclaré voir dans les groupements hospitaliers de territoire (GHT) une "opportunité" pour "fixer des objectifs partagés" et les construire ensemble. "Nous avons la possibilité de refonder ensemble des modes de fonctionnements et d'organisations", a-t-elle insisté.

De son côté, le Pr Marie-Astrid Piquet a fait part de sa volonté de faire avancer "la coconstruction entre les médecins et les directeurs" en soulignant la nécessité de connaître les difficultés de chacun. "L'exemplarité et la transparence sont aussi essentielles", a-t-elle déclaré.

Le médecin-chef, Yves Auroy, a insisté sur le fait que "la prise de décision collégiale" n'était pas synonyme de "perte d'autorité".

A ce sujet, Lionel Bellenger a émis quelques réserves en indiquant qu'une "décision collégiale" ne devait pas conduire à un "éloge du compromis" qui souvent n'amène pas "à chercher une autre voie, une autre solution".

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