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Gustave-Roussy s'équipe de deux robots de préparation automatisée de chimiothérapies

Crédit Gustave-Roussy
Crédit Gustave-Roussy

VILLEJUIF (Val-de-Marne), 26 juin 2018 (TecHopital) - Le centre de lutte contre le cancer (CLCC) Gustave-Roussy à Villejuif se dote de deux robots de préparation automatisée de chimiothérapies, équipements encore très confidentiels dans les hôpitaux français, afin d'accompagner la croissance de son activité ambulatoire, a annoncé l'établissement mardi dans un communiqué.

"Installé dans les locaux du département de pharmacie clinique et après avoir fait l’objet d’une qualification opérationnelle et d’une qualification de performance, le premier robot de la marque APOTECAchemo* (Loccioni) est entré en service le 19 février dernier avec la mise à disposition des premières préparations administrées aux patients", indique le CLCC francilien.

"Un second robot est en cours de livraison et sera opérationnel en juillet", ajoute l'établissement dans son communiqué.

"L’objectif est triple: d’abord, augmenter significativement nos capacités de production afin de répondre à la croissance importante de l’activité ambulatoire de l’institut; ensuite, améliorer la régularité et les délais de production afin de mieux organiser la prise en charge à l’hôpital de jour et réduire les délais d’attente des patients; enfin, accompagner les équipes dans l’évolution de leur métier et concentrer l’activité des préparateurs sur les activités les plus sensibles", indique Frédéric Varnier, directeur général adjoint, cité dans le communiqué.

En France, très peu d'établissements ont déjà franchi le pas de la robotisation pour la préparation de médicaments injectables, note-t-on. L'Institut Curie à Paris utilise un prototype de PharmaHelp* (Fresenius Kabi), le CHU de Toulouse s'appuie sur le robot PharmaHelp*, l'Hôtel-Dieu-Cochin (AP-HP, Paris) a acquis le robot Kiro Oncology* (Grifols) qu'il utilise depuis 2016 et le CHU de Bordeaux s'en est fait prêter un dans le cadre d'un partenariat de recherche mais pas pour des chimiothérapies. Ces robots permettent de faire face à la progression de cette activité de pharmacotechnie.

Gustave-Roussy est donc le premier établissement de santé français à s'être équipé du robot de la firme italienne. "Notre choix s'est porté sur le robot APOTECAchemo* après avoir consulté d'autres utilisateurs -américains, danois ou coréens- car il permet vraiment un gain de productivité, en plus d'améliorer les conditions de travail des préparateurs en pharmacie et la sécurité des préparations", a expliqué à APMnews François Lemare, chef du département de pharmacie. Environ 25 établissements sont équipés de ce modèle de robot dans le monde, a-t-il précisé.

Premier CLCC européen, Gustave-Roussy a produit 87.000 préparations de chimiothérapie en 2017 et prévoit de dépasser les 90.000 préparations en 2018. Avec ce type de robot, on peut réaliser de l'ordre de 25.000 préparations par machine et par an.

Plus de 360 préparations de chimiothérapies sont produites quotidiennement dans le département de pharmacie de Gustave-Roussy dans lequel travaillent 79 personnes dont 14 pharmaciens et 35 préparateurs en pharmacie pour gérer l'ensemble des activités pharmaceutiques du centre (médicaments et dispositifs médicaux).

L'appareil coûte 500.000 euros tarif catalogue. A Gustave-Roussy, son installation a nécessité des travaux d'aménagement d'une pièce spécifique pour 400.000 à 500.000 euros. Le robot mesure 3 mètres de large et 1,5 m de profondeur. "Il peut être installé à la place d'une hotte à flux laminaire", a expliqué François Lemare. L'installation s'est faite dans le cadre d'une rénovation plus importante qui a coûté au total 1,5 M€, a précisé le pharmacien.

80 à 100 préparations par jour avec le premier robot

"Au terme de trois mois d’activité avec le premier robot, 3.655 préparations ont été réalisées. 20 molécules ont été paramétrées sur le robot dont 16 préparées en routine. Depuis avril, le robot produit 80 à 100 préparations quotidiennement avec un pic à 108 préparations sur une journée. La productivité moyenne est de 15 préparations/heure. Le taux d’échec des préparations est inférieur à 1,5%", rapporte l'équipe. Le robot fonctionne avec 1,5 équivalent temps plein (ETP) préparateur sur la machine.

La préparation des poches de chimiothérapies a préalablement nécessité le paramétrage de chaque médicament afin de permettre au robot de réaliser toutes les préparations dans un processus de vérification continue grâce à des contrôles vidéo au niveau notamment de l’identité du principe actif et du solvant de dilution.

"En moins de trois mois, l’équipe est parvenue à obtenir les résultats qualitatifs et quantitatifs que nous ambitionnions avec une échéance deux à trois fois plus lointaine. Ces performances ont décidé Gustave-Roussy à s’équiper d’un deuxième robot de préparation des chimiothérapies dont l’installation est prévue début juillet", a indiqué François Lemare.

Le bénéfice du robot ne se limite pas aux aspects de productivité, il soulage les préparateurs de tâches complexes et répétitives, et contribue à l’amélioration de l’organisation pharmacie hôpital de jour, note-t-il.

"Les équipes de la pharmacie de Gustave-Roussy ont ainsi complètement repensé leur organisation en amont et défini de nouveaux process de production. Les préparateurs qui gèrent seuls la production ont ainsi acquis de nouvelles expertises", souligne le Dr Romain Desmaris, responsable de l’unité de préparation des chimiothérapies, cité dans le communiqué.

Enfin, le recours au robot constitue un gain majeur en termes de sécurité pour le patient, puisque l’appareil effectue des contrôles gravimétriques (de pesée) sur 100% des préparations afin de s'assurer que la dose préparée correspond à la dose prescrite par le médecin au patient concerné. L’environnement immédiat de la préparation fait aussi l’objet d’un contrôle particulaire continu.

Cette sécurité des préparations permet également une sécurité accrue des préparateurs, en réduisant leur exposition aux produits toxiques et les tâches génératrices de troubles musculo-squelettiques.

Même s'il peut exister des réticences face à l'arrivée du robot qui peut soulever des craintes sur l'emploi, les préparateurs utilisateurs sont très satisfaits et ceux qui ne l'ont pas encore utilisés sont "curieux" de le faire, a rapporté François Lemare. L'amélioration des conditions de travail lève ensuite les réticences.

"A l'arrivée du 2e robot le 2 juillet, nous arrêterons l'activité robotique pendant 15 jours à 3 semaines et la reprendrons le plus rapidement possible", a ajouté le chef de département.

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