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L'académie de médecine recommande le suivi du coronavirus dans les eaux usées

Crédit: Shutterstock
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PARIS, 30 juillet 2020 - Alors que l'épidémie de Covid-19 a montré des signes de reprise dès début juillet dans des analyses des eaux usées, l'académie nationale de médecine recommande d'y surveiller de façon "systématique" la circulation du virus.

Selon les informations du journal Le Monde publiées le 8 juillet, les résultats des prélèvements réalisés du 22 au 25 juin dans les eaux usées des stations d'épuration participant au suivi mis en place par le réseau Obépine (cf dépêche TecHopital), "marquent un retournement" puisque 6 des 12 analyses réalisées pendant cette période se sont révélées positives, à des niveaux minimes, au coronavirus Sars-CoV-2. Des tests supplémentaires, pratiqués la semaine suivante, ont confirmé ces résultats.

Dans un communiqué publié le 7 juillet, l'Académie nationale de médecine rappelle qu'un "enjeu majeur pour suivre la pandémie de Covid-19 est la surveillance de la circulation du virus dans la population pour prévenir le plus tôt possible d’éventuelles résurgences".

Cela peut être "réalisé par des tests RT-PCR systématiques sur la population dans le but d’identifier et d’isoler les porteurs sains du Sars-CoV-2", précise-t-elle. Mais aussi, en complément de ces tests d’"une mise en œuvre lourde", l’analyse microbiologique des eaux usées "peut jouer un rôle stratégique dans la surveillance prospective et régulière de la circulation du virus".

"Il est établi que le Sars-CoV-2 peut se multiplier dans les entérocytes", c'est-à-dire les cellules de la muqueuse intestinale et qu’"environ 10% des cas de Covid-19 présentent des troubles gastro-intestinaux, notamment une diarrhée. De plus, les porteurs asymptomatiques potentiellement contagieux éliminent momentanément le virus dans leurs selles (jusqu’à 30% à 50%)". Le coronavirus a une faible stabilité dans l’environnement et est très sensible aux agents oxydants comme l’hypochlorite. Il est "rapidement inactivé dans l’eau, contrairement aux entérovirus sans enveloppe".

Cependant, même si le coronavirus ne survit pas dans ce milieu, "les traces qu'il laisse permettent de le traquer grâce à des analyses microbiologiques". À l’instar de la surveillance dans les eaux usées des virus de la poliomyélite, il est donc "possible de détecter et de quantifier par RT-PCR des acides nucléiques inactivés du Sars-CoV-2 dans des échantillons d’eaux usées prélevées dans des stations d’épuration desservant des centaines de milliers de foyers", fait remarquer l'académie. Cela a été réalisé avec succès dans des agglomérations de plusieurs pays (France, Etats-Unis, Espagne, Pays-Bas, Luxembourg, Italie).

"Les tests RT-PCR montrent que la quantité d’acides nucléiques est corrélée à la courbe épidémique, précédant l’arrivée de la vague, suivant son ascension et diminuant fortement avec sa régression. Cette relation temporelle directe avec la vague épidémique et surtout avant même son apparition, peut faire de cet indicateur un précieux outil pour prévoir d’éventuelles résurgences, en testant la présence du virus sur des centaines de milliers de personnes", souligne l'académie de médecine.

Elle relève que les études séro-épidémiologiques basées sur la détection d’anticorps spécifiques contre le coronavirus permettent "d'estimer aujourd’hui le taux de l’immunité collective à 5% à 10% de la population française".

Face à ces constats, l’académie nationale de médecine recommande:

  • de suivre la circulation du Sars-CoV-2 dans la population par l’analyse microbiologique des eaux usées des stations d’épuration
  • de rendre systématique cette surveillance virologique par des tests quantitatifs utilisant une méthodologie rigoureuse, tant que le virus circulera dans la population
  • d’étendre cette surveillance systématique à d’autres virus (myxovirus, rotavirus, virus respiratoire syncytial, etc.)
  • de constituer une banque de prélèvements permettant rétrospectivement de détecter tout nouveau virus ou agent pathogène qui apparaîtrait dans la population en fixant ainsi le début de l’épidémie.

gdl/nc/ab

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