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L'an II des GHT marqué par l'usure des personnels hospitaliers face à la réforme

Crédit: iStock/ALotOfPeople
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BIARRITZ, 6 décembre 2017 (TecHopital) - Le rythme "contraint" et "serré" de la mise en place des groupements hospitaliers de territoire (GHT) a provoqué l'usure des personnels et des tensions entre les établissements parties d'un GHT, ont relevé plusieurs intervenants le 29 novembre lors des Journées du groupement d'intérêt public Midi Picardie informatique hospitalière (Mipih).

(Par Raphaël MOREAUX, aux Journées du Mipih)

"Attention aux délais courts qui nous sont imposés pour mettre en place cette réforme d'envergure. Attention à ne pas fragiliser le dialogue entre établissements faute de temps", a déclaré Chantal Carroger, directrice générale du CHU de Besançon et présidente du Mipih, en ouverture des Journées organisées par cette structure publique de coopération inter-hospitalière éditrice de logiciels.

Après la création officielle des GHT en juillet 2016, la mise en place de leur gouvernance, et l'élaboration du projet médical partagé (PMP), la prochaine échéance fixée aux groupements d'établissements est la mutualisation de la fonction achats, et l'adoption du schéma directeur du système d'information (SDSI) convergent au 1er janvier 2018, rappelle-t-on.

Cette "marche forcée" introduit "un peu de méfiance dans certains GHT", a relevé Chantal Carroger. "C'est dommage d'être pris par le temps car la réflexion ne doit pas être bâclée au profit de l'action", a-t-elle appuyé, pointant la "concertation indispensable" au sein des groupements.

Sur la question de la convergence des systèmes d'information prévue dans les GHT, la directrice générale du CHU de Besançon a rappelé que l'informatique "n'est qu'un outil au service des organisations", et qu'il "faut donner aux acteurs du temps pour se connaître, et se reconnaître dans un projet qui fait sens".

Intervenant lors d'une table ronde sur "l'an II des GHT", le directeur général des Hôpitaux universitaires de Strasbourg (HUS), Christophe Gautier, a partagé le sentiment d'une "pression forte" sur le calendrier de la réforme "qui a parfois tendu les relations entre hospitaliers".

Une pression d'autant plus difficile à assumer quand certains établissements se sentent "dépossédés" de leurs prérogatives régaliennes "comme l'acte d'achat", a-t-il poursuivi, jugeant ce sentiment "légitime". Il a aussi souligné les "difficultés juridiques" suscitées par la gestion des fonctions mutualisées dans le GHT.

Christophe Gautier a toutefois noté que le calendrier de mise en place des GHT avait permis de surmonter une "forme d'inertie" qui peut exister dans le paysage hospitalier.

Un "moment ingrat"

Invitée à présenter un état des lieux de la réforme, la cheffe de projet ministérielle sur les GHT à la direction générale de l'offre de soins (DGOS), Clémence Mainpin, a noté que "beaucoup d'énergie" avait été déployée par les équipes hospitalières, administratives et soignantes. "On est dans ce moment ingrat où on commence à ressentir l'usure et la fatigue", a-t-elle reconnu.

La création des GHT par la loi du 26 janvier 2016 a été "une réforme assez dirigée, autant dans son caractère obligatoire pour tous les établissements publics que dans son rythme de mise en oeuvre", mais "elle donne aussi les clés de la maison aux hospitaliers", a-t-elle défendu.

"Alors que sont en train d'être discutés les PRS [projets régionaux de santé] deuxième génération, l'opportunité a été donnée aux établissements de santé publics de pouvoir, à travers l'élaboration du projet médical partagé qui a une valeur opposable, dessiner les grandes lignes de l'organisation territoriale de l'offre de soins", a-t-elle développé.

En moins de deux ans, 890 établissements publics de santé ont été regroupés en 135 GHT "extrêmement hétérogènes", et se sont entendus sur des projets médicaux partagés, a rappelé Clémence Mainpain.

"Deux ans c'est déjà beaucoup, mais l'essentiel, en tout cas du point de vue du patient, reste à venir", a-t-elle relevé, faisant référence aux bénéfices attendus de la réforme en matière de gradation des soins et des prises en charge.

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