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L'ARS Ile-de-France déménagera en juin à Saint-Denis

(Par Caroline BESNIER et Maryannick LE BRIS)

PARIS, 16 janvier 2020 (TecHopital) - Le siège et la délégation départementale parisienne de l'agence régionale de santé Ile-de-France déménageront en juin à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), a précisé Aurélien Rousseau, directeur général de l'ARS, le 13 janvier.

Il s'est exprimé dans un entretien à APMnews (site du groupe APM International dont fait partie TecHopital) en amont de la cérémonie des voeux de l'agence.

Le siège et la délégation départementale de Paris quitteront la porte d’Aubervilliers, à Paris, pour s'installer à Saint-Denis. De façon atypique, la délégation départementale 75 sera située hors de son périmètre parisien.

A la fin de l’année, la délégation départementale de Seine-Saint-Denis quittera Bobigny pour les rejoindre.

"A cette date, les deux tiers de l’effectif de l’agence seront dans le plus grand bâtiment en bois d’Europe", a souligné Aurélien Rousseau.

Le directeur général de l'ARS a précisé que cette nouvelle implantation en Seine-Saint-Denis était symboliquement forte "pour [son] rôle territorial". Elle entraînera aussi une baisse importante du loyer pour l'ARS. "Plus de 2 millions d’euros [par an] seront économisés, qui vont aller dans nos actions".

Le déménagement est en lien avec la transformation interne de l’agence, qui a notamment pour objectif de décloisonner ses interventions, a-t-il ajouté. L'ARS sera l'"une des premières administrations à être totalement en open space, y compris le directeur général".

Interrogé sur les difficultés du chantier liées aux normes sanitaires, Aurélien Rousseau a confirmé qu’"il y avait un sujet de pollution des sols". Celui-ci a entraîné "pas mal de craintes, il a fallu lever des doutes, ça a été un peu compliqué".

Pour traiter cette question, le directeur général a "souhaité que l’agence se déporte sur le suivi de son propre chantier". C'est donc l'Institut national de l'environnement industriel et des risques (Ineris) "qui a conduit l’évaluation du document de gestion des risques fait par le promoteur".

Il a rappelé qu'avec la réorganisation de l'agence a été créée une direction de la santé publique, intégrant les missions de santé-environnement.

Des enseignements sur la gestion de crise

L'année 2019 aura permis "de tester la robustesse de l’agence", a-t-il relevé, évoquant la gestion de l’incendie de Notre-Dame de Paris, qui "a mobilisé les équipes jour et nuit". Malgré le "caractère inédit" de l’événement et "une pression médiatique extrêmement forte", "la machine a continué à tourner", a-t-il observé.

Cet épisode a aussi montré, selon lui, "qu’on ne peut pas gérer les crises comme on le faisait auparavant".

"On a fait ce qu’on avait à faire, les équipes étaient en cellule de crise alors que l’incendie n’était pas encore éteint, on a commencé les prélèvements le lendemain de l’incendie. On n’a jamais été dans le déni, on a travaillé depuis le premier jour avec une résolution sans limite", a considéré Aurélien Rousseau.

Mais, "on l’a vu aussi sur [l'incendie de] Lubrizol", "une institution publique comme la nôtre a du mal avec le fait de formuler le fait qu’on ne sait pas", a-t-il commenté. Il a évoqué une "maturité collective" à acquérir par l'agence, mais aussi par "tous les acteurs publics, les associations, les citoyens".

Dans ce type de situation, "il faut chercher, il faut prendre des mesures de précaution. Sur Notre-Dame, c’est ce que nous avons fait, mais sans doute que l’on aurait dû mieux formuler ce sur quoi on cherchait, pourquoi on cherchait et on avait pris ces mesures. On ne l’a visiblement pas assez fait et, au bout de quelques semaines, on l’a davantage formalisé", a-t-il analysé.

"Sur la gestion de crise, on va lancer un séminaire en s’inspirant d’un certain nombre de choses qui ont été faites, notamment à l’étranger", comme au Canada, "pour embarquer beaucoup plus tôt les associations".

Le conseiller médical du directeur général de l'ARS, le Pr Bruno Housset, pilote ce chantier avec la direction de la santé publique.

"Continuer à être un incubateur"

Parmi les projets 2020 de l'agence, Aurélien Rousseau a cité le renforcement de l'innovation. Outre les "cinq projets 'article 51' de la région qui sont portés au niveau national", il a mentionné le "datathon" sur la prédiction de l'activité de soins non programmés en recourant à l'intelligence artificielle.

Un dossier porté par l'ARS pour évaluer et améliorer les parcours de soins après un infarctus du myocarde a été sélectionné parmi les 10 lauréats du premier appel à projets pour la création du Health Data Hub, a-t-il rappelé.

"On a désormais conscience que les données dont on dispose sont une richesse inouïe et que l’on doit les exploiter", a fait valoir Aurélien Rousseau. "Je souhaite que l’ARS continue à être un incubateur", a-t-il pointé, en référence à l'"appel à innovateurs" lancé en juillet 2019.

"On a reçu 155 projets de professionnels de santé qui proposaient des améliorations concrètes du système, il y en a trois qui sont en développement avec les porteurs de projets, qui ont une partie de leur temps financée par l’agence" pour s'y consacrer.

Pour Aurélien Rousseau, 2020 sera aussi l'année du "déploiement opérationnel" de la plateforme numérique de coordination Terre-eSanté.

Après une "forme d’attentisme" et de "circonspection" des acteurs, "il n’y a plus aucune ambiguïté sur le fait que Terre-eSanté est totalement complémentaire avec le DMP [dossier médical partagé] et qu’il n’y a pas de concurrence", a-t-il estimé.

L'outil doit donc se déployer "à partir des usages". Le directeur général a cité la mise en oeuvre d'une application mobile en réponse "à une demande de pas mal de médecins".

Repenser la démocratie sanitaire, "enjeu majeur" de 2020

Dans son bilan 2019, Aurélien Rousseau a indiqué que 100 maisons de santé pluridisciplinaires ont été mises en place dans la région, 80 contrats locaux de santé ont été signés et 85 projets de communauté professionnelle territoriale de santé (CPTS) ont été lancés.

"La dynamique des CPTS a bien pris, [...] on va en signer une dizaine dans les toutes prochaines semaines", a-t-il noté.

La philosophie de la loi est de laisser les professionnels piloter et formaliser le projet de santé, a-t-il rappelé. Toutefois "on s’aperçoit qu’ils ont besoin aussi d’être appuyés, donc on doit apprendre à les appuyer sans vouloir les contraindre". "C’est quelque chose de passionnant en termes de transformation de notre culture".

Le directeur général prévoit de repenser la démocratie sanitaire en 2020. "L’enjeu démocratique des questions de santé, on ne l’a pas épuisé" même si "on a des dispositifs qui fonctionnent", notamment les contrats locaux de santé et une conférence régionale de la santé et de l'autonomie (CRSA) très active, a-t-il souligné. Le Grand débat national a montré "qu’on était en retard sur notre culture démocratique", a-t-il estimé.

La loi "Ma santé 2022" du 24 juillet 2019 contient déjà des dispositions pour renforcer les modalités de dialogue entre les ARS et les élus "mais il faut que l’on aille plus loin", a encouragé Aurélien Rousseau, en évoquant notamment sa volonté de mobiliser les élus sur le logement des professionnels de santé.

Pour lui, "à un moment donné, on doit [...] sortir de nos compétences et accepter l'idée que le regard sur l’exercice de nos compétences peut venir des usagers, des associations, des élus et qu’on peut nous-mêmes avoir un rôle de plaidoyer" par rapport à eux.

"C’est une nouvelle culture, j’en fais un enjeu majeur pour 2020", a-t-il affirmé, souhaitant qu'il y ait "un regard démocratique plus appuyé sur les actions conduites par l’agence".

Dans le champ médico-social, l'ARS va poursuivre la transformation de l'offre, notamment avec l'appel à manifestation d'intérêt (AMI) lancé à l'automne 2019 sur les personnes âgées, qui bénéficiera de 22 millions d'euros et pour lequel les candidatures peuvent être déposées jusqu’au 31 janvier.

S'agissant du handicap, l'Ile-de-France doit bénéficier de près de 57 millions d'euros de crédits exceptionnels pour développer l'offre et éviter les départs en Belgique. "Ça va être un chantier majeur", a souligné Aurélien Rousseau.

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